Le Sénat s’empare à son tour de la question des féminicides
Cent vingt-neuf féminicides depuis le début de l'année: ce chiffre a été martelé mercredi sur tous les bancs par les sénatrices...

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Cent vingt-neuf féminicides depuis le début de l'année: ce chiffre a été martelé mercredi sur tous les bancs par les sénatrices...
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Cent vingt-neuf féminicides depuis le début de l'année: ce chiffre a été martelé mercredi sur tous les bancs par les sénatrices et sénateurs qui ont entamé l'examen d'une proposition de loi LR sur les violences au sein de la famille, déjà adoptée en première lecture à l'Assemblée.

La proposition de loi du député Aurélien Pradié prévoit notamment la mise en place du bracelet antirapprochement, des ordonnances de protection plus efficaces, et entend aussi donner un nouveau souffle au téléphone "grave danger".

Elle a été adoptée à l'unanimité par l'Assemblée nationale, en première lecture, avec le soutien du gouvernement.

Symbole fort, le Sénat a entamé son examen en présence, dans l'hémicycle, de son président Gérard Larcher.

La garde des Sceaux Nicole Belloubet a souligné que la proposition de loi méritait d'être adoptée "dans les meilleurs délais", quand bien même le Grenelle sur les violences conjugales, qui doit déboucher le 25 novembre sur un certain nombre de mesures, nécessiterait "un autre texte législatif".

La ministre a réaffirmé sa détermination "à lutter contre ces actes qui, en meurtrissant chaque jour des femmes, heurtent la société toute entière".

Cette proposition de loi "apporte des réponses concrètes" aux femmes victimes de violences conjugales, a déclaré la rapporteure Marie Mercier (LR), tout en soulignant que "la violence est à combattre dès le plus jeune âge, par l'éducation, par l'accompagnement à la parentalité".

"Un tel sujet mérite un vaste projet de loi", a pour sa part défendu Marie-Pierre de la Gontrie (PS), pour qui "129 femmes tuées, c'est l'échec de toute une société". "Ce chiffre est insensé, insupportable, il cache des douleurs insondables".

La présidente de la délégation aux droits des femmes, Annick Billon (centriste), s'est elle aussi interrogée "sur un calendrier qui empêche la prise en compte (...) des enseignements" qui émergeront du Grenelle.

La sénatrice écologiste Esther Benbassa a salué la proposition de loi LR, qui "tente de dégager de véritables solutions de fond (...) quand le gouvernement paraît se contenter de faire de la communication".

"Trop longtemps la société a nié la réalité des violences au sein de la famille", a rappelé le président du groupe Indépendants Claude Malhuret, pour qui "la peur, la honte et la culpabilité doivent définitivement changer de camp".

"Constater que nous sommes désormais décidés à agir sur tous les bancs rassure", a affirmé Josiane Costes (RDSE à majorité radicale).

Le Sénat poursuivra mercredi soir et éventuellement jeudi l'examen des plus de 100 amendements déposés sur ce texte.

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