Le Sénat vote la création d’une assurance des entreprises en cas de crise sanitaire
Alors que Bercy travaille à la création d'un nouveau système d'assurance pour les entreprises en cas de future pandémie, le Sénat a adopté une proposition de loi LR créant une assurance en cas de crise sanitaire.

Le Sénat vote la création d’une assurance des entreprises en cas de crise sanitaire

Alors que Bercy travaille à la création d'un nouveau système d'assurance pour les entreprises en cas de future pandémie, le Sénat a adopté une proposition de loi LR créant une assurance en cas de crise sanitaire.
Public Sénat

Par Sandra Cerqueira

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Avec la crise du Coronavirus, de nombreuses entreprises sont confrontées à des difficultés financières. Il était urgent de présenter « des garde-fous » selon le sénateur LR Jean-François Husson. C’est l’objectif de sa proposition de loi présentée avec Vincent Segouin et Catherine Dumas : soutenir les entreprises victimes d'une menace ou d'une crise sanitaire majeure. Aujourd’hui aucune couverture n’est prévue dans de tels cas.

Un « partenariat nouveau » pour protéger les entreprises

Pour Jean-François Husson, « des obligations morales s'imposent aux compagnies d'assurances. Il y avait urgence à sortir de l'impasse. » Ajoutant qu’il est nécessaire de « tirer les leçons du passé », de « définir les responsabilités respectives »  des assurances, de l’État, des assurés pour présenter « un partenariat nouveau » qui assure la protection des entreprises.  « Et potentiellement être prêt en cas de deuxième vague. »

Le sujet est sensible. Les assureurs, qui se voient reprocher par nombre d'entreprises de ne pas avoir couvert leur baisse d'activité lors de l'épidémie , disent ne pas pouvoir prendre en charge toutes les pertes. Ils arguent aussi que le risque de pandémie n'est pas assurable car « systémique ». Les assurances « n’ont pas été au rendez-vous » regrette le rapporteur de la commission des Finances Vincent Segouin.  « Il aura fallu la pression du Parlement » pour que les assurances débloquent 400 millions d’euros d’aides aux petites entreprises via le fonds de solidarité créé par l’État.

Une couverture obligatoire

La proposition de loi veut rendre obligatoire la couverture des entreprises contre les pertes d’exploitation générées par les mesures lors d’une crise sanitaire grave dès lors qu’elles souscrivent un contrat de protection de leurs biens. Toutes les entreprises ayant perdu au moins 50 % de leur chiffre d’affaires seront concernées et verront leurs aides versées dans un délai de 30 jours maximum.

Création d’un fonds d’indemnisation           

Il s’agit également de créer un fonds d’aide à la garantie des pertes d’exploitation consécutives aux menaces et crises sanitaires graves.  Le principe : indemniser les charges fixes des entreprises, « tout sauf les charges salariales, les impôts et les taxes, soit en moyenne 35% des charges d’une entreprise » explique Jean-François Husson. Le tout serait financé par une cotisation additionnelle des assurés et par un fonds abondé par l’État et les assureurs.  À ce stade, la proportion financée par l’État et celle des assurances ne sont pas définies. « Tout cela évoluera au fil des discussions. Là on pose le socle d’une ambition politique. Il faut que cela envoie un signe aux acteurs économiques » ajoute-t-il.

Une participation des assureurs à la hauteur de leurs bénéfices

Un flou dénoncé dans les rangs des socialistes qui souhaiteraient une participation des assureurs à la hauteur de leurs « bénéfices. » Pour Olivier Jacquin, ce dispositif est «  une affaire intéressante » pour les assureurs qui permet de créer «  un nouveau marché » pour eux, voire «  une future rente. »  Du côté des communistes, Éric Bocquet  a précisé que les assurances françaises  sont « en tête du marché européen » du secteur. La gauche s’est abstenue et prévoit de déposer une autre proposition de loi avec un mécanisme différent financé par un prélèvement direct sur les bénéfices des assureurs.

Les assurances françaises sont « en tête du marché européen » pour Eric Bocquet
00:31

Pour Julien Barjeton, sénateur LREM, cette  proposition de loi « met le doigt là où ça fait mal » mais ne résout pas totalement « l’équation ». Le sénateur LREM appelle à un dispositif plus pérenne et complet prenant en compte «  les risques d’un monde qui va se réchauffer de 2 ou 4 degrés.»

Un projet de loi d’ici la fin de l’année

Et du temps, c’est ce que réclame le gouvernement. Sans s’opposer sur le principe au dispositif,  Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie a refusé toute précipitation, souhaitant d’abord terminer le travail lancé sur le sujet.  La création d'un nouveau système d'assurance pour les entreprises en cas de future pandémie fait l'objet d'intenses discussions. Le groupe de travail mis en place par Bercy en avril a tenu sa quatrième réunion.   Parlementaires, représentants d'entreprises, assureurs et courtiers doivent rendre leur copie début juin. L'exécutif espère mettre le projet sur les rails d'ici à la fin d'année.

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris Caf Nationale inauguration
8min

Politique

Politique familiale, allocations, crèches : que proposent les candidats à la présidentielle ?

Alors qu’Edouard Philippe met sur la table la création d’une allocation familiale unique de 350 euros, Gabriel Attal se penche sur les familles monoparentales, quand Bruno Retailleau propose un revenu familial de 240 euros par mois dès le premier enfant, et Marine Le Pen la préférence nationale pour les familles françaises candidate à un HLM. L’écologiste Marine Tondelier propose elle un congé d’allaitement choisi et indemnisé. Revue de détails.

Le

Paris : Socialist Party Primary Debate Ahead of France’s 2027 Presidential Election
6min

Politique

Le vote du premier tour de la primaire du PS perturbé par une cyberattaque

Alors que quelque 140 000 électeurs sont invités à exprimer leur préférence pour le premier tour de la primaire organisée à gauche, les opérations de vote sont perturbées depuis l’ouverture du scrutin ce vendredi matin. Les organisateurs font état d’une cyberattaque visant à saturer la plateforme de connexion. Les trois partis à l’origine de cette primaire, dont le Parti socialiste et Place publique, ont saisi la justice.

Le

Paris: Marine Le Pen presentation contre budget
5min

Politique

Préférence nationale : la proposition du RN de taxer l’embauche de travailleurs étrangers inquiète les entrepreneurs

Dans le contre-budget du RN présenté cette semaine par Marine Le Pen et Jordan Bardella, figure une mesure passée relativement inaperçue. Elle vise à taxer l’embauche d’un étranger extra-communautaire de 1 000 euros par an. La mesure a suscité un fort rejet de la part des syndicats patronaux qui rappellent au RN le principe de réalité du marché du travail.

Le