Le syndicat de la magistrature charge le « télévangéliste » Macron
Le syndicat de la magistrature (SM, gauche), réuni à Nice pour son 51e congrès, a publié samedi un rapport au vitriol sur l'état...

Le syndicat de la magistrature charge le « télévangéliste » Macron

Le syndicat de la magistrature (SM, gauche), réuni à Nice pour son 51e congrès, a publié samedi un rapport au vitriol sur l'état...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Le syndicat de la magistrature (SM, gauche), réuni à Nice pour son 51e congrès, a publié samedi un rapport au vitriol sur l'état de la justice française, dénonçant notamment sa "vampirisation" par le ministère de l'Intérieur sous la houlette du "télévangéliste" Macron.

"Du ministère de la Justice, rien n’émanera qui n'ait été au préalable annoncé à l’Élysée", estime le syndicat dans un "rapport moral" de huit pages où il explique vouloir "décrypter les projets" politiques du gouvernement et défendre "une vision de gauche du rôle et du fonctionnement de la justice".

"Ce nouvel exécutif pratique la concentration au sommet et le télévangéliste devenu président est tout sauf un novice et impose un verrouillage quasi total", argue ce syndicat connu pour son militantisme.

"Les concertations orchestrées pour la fin de l'année devront être bouclées dans l'urgence pour accoucher - ô surprise - des propositions présidentielles pour la justice. Et nos interpellations pour que la place Vendôme pèse sur des sujets concentrés à l'Intérieur, de l'antiterrorisme à la dépénalisation des stupéfiants, ne suscitent que des silences gênés", déplore le syndicat.

"L'Intérieur a le champ libre" et "la vampirisation de la justice, gardienne de la liberté individuelle, par l'Intérieur, n'apparaît jamais tant que dans la loi renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme" (qui a pris le relais de l'Etat d'urgence), déplore-t-il.

La nouvelle loi antiterroriste, accusée d'être attentatoire aux libertés par des associations de défense des droits de l'Homme, le défenseur des droits mais aussi des juristes, avocats et magistrats, a été adoptée par le Parlement le 18 octobre.

Le nouvel exécutif "manie le verbe pour travestir le réel", accuse aussi le SM citant en exemple l'engagement fin juillet du président Macron à prévoir des hébergements d'urgence pour les migrants alors que l'Etat contestait un mois plus tôt l'injonction du tribunal administratif de Lille d'installer des points d'eau à Calais.

"(Sa) langue édulcore et dissimule la violence de (son) action", fustige le syndicat: "La destruction des régulations protectrices en droit du travail ou en procédure pénale" est présentée comme des "simplifications" et "la réforme de la carte judiciaire" assimilée à une "mutation" du "réseau judiciaire".

Pour le syndicat de gauche, les codes de procédure pénale et civile "sont aussi dans le viseur de l'ardeur simplificatrice".

"L'horizon est celui d'une justice sans contact où la modernité numérique dissimule mal des intérêts privés", dénonce le représentant de magistrats citant en exemple "le directeur général adjoint de Bouygues chargé du chantier numérique".

Le Premier ministre Edouard Philippe et la garde des Sceaux Nicole Belloubet ont présenté début octobre cinq grands chantiers pour la justice (numérique, réforme de la procédure civile, simplification de la procédure pénale, efficacité des peines et organisation territoriale).

Le syndicat critique également l'amende forfaitaire en matière de stupéfiant annoncée en juin qu'elle juge "socialement injuste, sanitairement absurde et pénalement inefficace".

Le projet de réforme constitutionnelle du statut du parquet ne trouve pas non plus grâce aux yeux du SM qui évoque un projet "minimaliste".

Il rappelle son ambition d'une véritable "rupture du lien entre l'exécutif et la magistrature".

Partager cet article

Dans la même thématique

NUPES : Lancement du Parlement
9min

Politique

Municipales : rupture consommée officiellement entre le PS et LFI… au moins jusqu’au second tour

A l’issue d’un Bureau national, les socialistes ont qualifié les propos récents de Jean-Luc Mélenchon « d’antisémites » et rejettent toute possibilité d’un accord national au premier et au second tour des municipales avec LFI. Les Insoumis dénoncent, eux, l’irresponsabilité de la direction du PS, qui selon eux, fait le jeu de l’extrême droite. Mais au soir du premier tour, LFI et le PS devront faire face à la pression de leurs militants respectifs pour trouver un accord dans les cas où la désunion à gauche conduirait à la victoire de la droite ou l’extrême droite.

Le

Le syndicat de la magistrature charge le « télévangéliste » Macron
4min

Politique

LFI : « Jean-Luc Mélenchon donne l’impression que la gauche est plus dangereuse que le RN », déplore Pierre Jouvet (PS)

Invité de notre matinale, Pierre Jouvet a critiqué les prises de position récentes de Jean-Luc Mélenchon et a appelé les militants et élus Insoumis à se désolidariser des propos de leur leader politique. A l’approche des municipales, le PS exclut des alliances avec des Insoumis « qui ne condamnent pas les propos de Jean-Luc Mélenchon. »

Le

Elections Legislatives bureau de vote a Nice
9min

Politique

68 % des communes n’ont qu’une liste pour les municipales : « Démocratie confisquée » ou « illusion d’optique » liée au nouveau mode de scrutin ?

Pour les élections municipales, les deux tiers des communes connaissent déjà le nom de leur maire, car une seule liste a été déposée en préfecture. « C’est à cause de la transformation du mode de scrutin », qui généralise les listes paritaires pour les communes de moins de 1000 habitants, explique le sénateur PS Eric Kerrouche. Ne pas avoir le choix « n’est pas bon pour la démocratie », pointe le sénateur Horizons Franck Dhersin. Mais pour le socialiste, « ça systématise quelque chose qui était là auparavant ».

Le