Le Syndicat de la Magistrature dénonce le « mépris » et les « menaces » envers la Justice
"Mépris", "menaces", le Syndicat de la Magistrature (SM, gauche) a dénoncé lundi "les manœuvres de déstabilisation de la justice"...

Le Syndicat de la Magistrature dénonce le « mépris » et les « menaces » envers la Justice

"Mépris", "menaces", le Syndicat de la Magistrature (SM, gauche) a dénoncé lundi "les manœuvres de déstabilisation de la justice"...
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"Mépris", "menaces", le Syndicat de la Magistrature (SM, gauche) a dénoncé lundi "les manœuvres de déstabilisation de la justice", faisant notamment référence à des propos des candidats François Fillon et Marine Le Pen, pris dans des affaires à quelques semaines de la présidentielle.

"Rétifs à l’égalité devant la loi, certains membres de la classe politique prétendent se construire une immunité pénale et c’est par l’intimidation qu'ils veulent l’imposer", s'est indigné le syndicat dans un communiqué, en référence à la candidate Front national (FN).

Convoquée mercredi pour être entendue par les enquêteurs dans l'affaire des assistants d'eurodéputés de son mouvement, Marine Le Pen a refusé de s'y rendre. Et dans un discours virulent prononcé dimanche à Nantes, la présidente du FN a appelé les magistrats à "ne pas contrecarrer la volonté du peuple".

"Au mépris affiché pour la justice viennent de s’ajouter des menaces édifiantes: après avoir refusé de se rendre à sa convocation, Marine Le Pen promet, si elle accédait au pouvoir, de demander des comptes aux policiers et aux juges en guise de représailles", a souligné le SM.

"Que l’autorité judiciaire ose faire son travail, enquêter sur les infractions à la loi pénale qui lui ont été dénoncées, constitue pour eux un crime de lèse-candidat", a continué le SM dans son communiqué.

Les avocats de François Fillon avaient estimé que le Parquet national financier (PNF), qui a ouvert une enquête préliminaire il y a un mois et a confié vendredi les investigations à trois juges d'instruction sur des soupçons d'emplois fictifs visant la famille du candidat de la droite à la présidentielle, n'était pas compétent et agissait en violation du principe de séparation des pouvoirs.

M. Fillon avait lui-même dénoncé, au moment où le parquet financier avait écarté mi-février un classement sans suite dans cette affaire, un "acte de communication qui nourrit le feuilleton médiatique".

Proche de François Fillon, le président LR du Sénat Gérard Larcher a quant à lui appelé dimanche la justice à faire preuve de "retenue" dans ses enquêtes sur François Fillon et le Front national. "La version polie" des attaques dont la justice fait l"objet, selon le SM.

Rappelant que "la loi est la même pour tous" et que "la séparation des pouvoirs n’est pas l’impunité organisée au profit des élus et de ceux qui aspirent à l’être", le Syndicat de la Magistrature a appelé à ce que cessent "ces attaques délétères contre la justice".

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