Législatives: à Torcy, apprentissage politique express pour l’ex-chef du Raid
"Bonjour Madame, je suis l'ancien chef du Raid !" Jean-Michel Fauvergue est l'un des candidats de la "société civile" propulsés...

Législatives: à Torcy, apprentissage politique express pour l’ex-chef du Raid

"Bonjour Madame, je suis l'ancien chef du Raid !" Jean-Michel Fauvergue est l'un des candidats de la "société civile" propulsés...
Public Sénat

Par Tiphaine LE LIBOUX

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"Bonjour Madame, je suis l'ancien chef du Raid !" Jean-Michel Fauvergue est l'un des candidats de la "société civile" propulsés par Emmanuel Macron à l'assaut de l'Assemblée nationale. Mais à moins d'un mois du scrutin, l'ancien policier a peu de temps pour apprendre à faire campagne.

Fin de journée ensoleillée devant la gare RER de Torcy, en Seine-et-Marne. Jean-Michel Fauvergue, investi sur la 8e circonscription de cette lointaine banlieue parisienne interpelle les voyageurs: "Vous voyez celui qui est sur la photo ? Eh bien vous l'avez en vrai !" lance-t-il, costume sombre et chemise claire, une pile de tracts en main. "J'ai dirigé le Raid", ajoute-t-il aussitôt.

Patron du Raid, un préambule qui permet de "flasher, retenir l'attention", explique à l'AFP celui qui commandait il y a encore deux mois la prestigieuse unité d'élite de la police. Un profil qui a aussi vocation à "rassurer" en ces temps troublés, ajoute-t-il.

A 60 ans, après "39 ans de police", dont quatre à la tête du Raid, l'ex-flic, qui a notamment dirigé l'assaut à Saint-Denis contre Abdelhamid Abaaoud, le coordinateur présumé des attentats de novembre 2015, présente sa nouvelle vocation comme une façon de continuer à "servir les citoyens".

L'argument fait mouche chez Nafissa, 21 ans, habitante de la circonscription détenue par le PS. "Il en impose quand même, c'est pas n'importe qui." La sécurité, "c'est important, maintenant que la société est à fleur de peau avec tous les attentats", glisse la jeune femme, avant d'entrer dans une petite salle de Torcy où le candidat La République en marche tenait mardi sa deuxième réunion publique, devant une cinquantaine de personnes.

- "Voir ce qu'il a dans le ventre" -

Parmi eux, plusieurs élus locaux, comme Philippe Aumard, maire adjoint (PS) de Torcy, venu voir ce que Jean-Michel Fauvergue "a dans le ventre".

"Ancien chef du Raid, ça ne me suffit pas", explique-t-il à l'AFP, avant la réunion. Lui qui a voté Macron à la présidentielle, comme 63,8% des votants du département au second tour, hésite encore pour le 11 juin: choisir Eduardo Rihan-Cypel, le député PS sortant "qui n'a pas démérité", ou le candidat En Marche, pour donner une "vraie majorité" au gouvernement.

Bilan de la prestation ? "Au début j'étais un peu sceptique, il a beaucoup développé sur le programme de Macron", juge M. Aumard. "Je l'ai trouvé meilleur quand il a lâché son papier", ajoute-t-il, alors que M. Fauvergue a débuté la réunion en lisant un discours d'une vingtaine de minutes dont il a eu du mal à se détacher.

"Il a osé dire +Je ne sais pas+ à certaines questions qui lui étaient posées", poursuit l'élu municipal, sensible au côté "pas langue de bois".

Mais pour les adversaires du néo-candidat, l'angle d'attaque est tout trouvé. Chantal Brunel (LR), députée de la circonscription pendant 10 ans et défaite en 2012 (47,2% des voix) contre Eduardo Rihan Cypel (52,7%), fait ainsi campagne sur son "éloignement du terrain": "Il connaît le terrorisme, mais le local, il ne connaît pas !" dit-elle à l'AFP. "Sur sa page Facebook, il s'est même trompé sur le nombre de communes que compte la circonscription", affirme-t-elle.

"Ce qu'on demande à un candidat de la société civile ce n'est pas d'être immédiatement performant", le défend pourtant un jeune conseiller LR d'un élu du département, dans la salle de Torcy. "On leur demande d'apporter quelque chose de différent, une vision moins partisane", ajoute-t-il. A condition bien sûr de se faire élire.

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