Législatives: le PCF est-il en mesure de former un groupe à l’Assemblée ?
À eux deux, La France insoumise et le Parti communiste français ont obtenu 27 sièges à l’issue des législatives, dont 17 pour LFI. Le mouvement de Jean-Luc Mélenchon est donc en mesure de former un groupe, ce qui n’est pas le cas du PCF. Et si on s’en tient à l’échec des tractations entre les deux partis avant le premier tour, il est peu probable qu’ils siègent au sein d’un même groupe à l’Assemblée. Mais certains élus DVG pourraient permettre aux communistes de constituer leur propre groupe

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À eux deux, La France insoumise et le Parti communiste français ont obtenu 27 sièges à l’issue des législatives, dont 17 pour LFI. Le mouvement de Jean-Luc Mélenchon est donc en mesure de former un groupe, ce qui n’est pas le cas du PCF. Et si on s’en tient à l’échec des tractations entre les deux partis avant le premier tour, il est peu probable qu’ils siègent au sein d’un même groupe à l’Assemblée. Mais certains élus DVG pourraient permettre aux communistes de constituer leur propre groupe
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Par Alice Bardo

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Peu après les résultats du second tour des législatives, le leader de la France insoumise, élu dans la 4e circonscription des Bouches-du-Rhône, a affirmé que « le peuple français dispose à l’Assemblée nationale d’un groupe La France insoumise » et ouvre la porte à « tous ceux qui veulent le rejoindre ». Il n’a toutefois pas manqué de préciser que la discipline devra être le maître mot.

Même son de cloche du côté d’Alexis Corbière. Élu député dans la 7e circonscription de Seine-Saint-Denis, le porte-parole de La France insoumise souhaite un « groupe clair et cohérent ». « Tous ceux qui souhaitent adhérer à cette clarté seront les bienvenus. » Reste à savoir ce qu’ils entendent par « discipline », « clarté », et « cohérence ».

Une alliance LFI-PCF peu probable

Si on s’en tient à l’échec des tractations entre la France insoumise et le PCF à la veille des législatives, dû au refus des communistes d’adhérer à la Charte de LFI et de se présenter sous une bannière commune, il apparaît peu probable que les députés LFI et PCF siègent au sein d’un même groupe. D’autant que les députés Insoumis ne dépendent pas des communistes pour former un groupe.

11 députés communistes sont revendiqués par le PCF, 10 sont comptabilisés par le ministère de l’Intérieur. Le député de la différence, c’est Stéphane Peu, candidat PCF soutenu par La France insoumise et élu député dans la deuxième circonscription de Seine-Saint-Denis. Pour l’instant, le mystère reste entier quant au groupe auquel il devrait s’apparenter.

Cinq députés DVG Outre-mer susceptibles de rejoindre les communistes

Il reste donc aux communistes quatre ou cinq députés à convaincre de siéger avec eux pour pouvoir former un groupe PCF au Palais Bourbon. Et ils pourraient se trouver parmi les députés DVG élus dimanche soir. Ainsi Huguette Bello, réélue dans la deuxième circonscription de La Réunion, était jusqu’alors apparentée au groupe de la Gauche démocrate et républicaine (GDR), dont faisait partie le PCF. Elle est toutefois proche de La France insoumise, qui l’a félicitée après son élection.

Il y a également Gabriel Serville, réélu en Guyane, qui siégeait depuis 2012 au sein du groupe (GDR). Mais il s’est démarqué de ses collègues en votant la majorité des projets de loi du gouvernement socialiste et pourrait donc rejoindre leur groupe.

Bruno Nestor Azerot, réélu dans la deuxième circonscription de Martinique, siégeait lui aussi avec le groupe GDR. Il pourrait donc rejoindre les communistes sur les bancs de l’Assemblée pour la XVIe législature.

L’incertitude plane sur les deux nouvelles députées DVG élues Outre-mer : l’une, Justine Bénin, élue dans la deuxième circonscription de la Guadeloupe, l’autre, Josette Manin, élue en Martinique. Cette dernière a adhéré au Parti communiste martiniquais entre 83 et 98.

Les cas Autain et Ruffin

Enfin, Clémentine Autain (Ensemble), investie par La France insoumise et soutenue par le PCF, a été élue dans la 11ème  circonscription de Seine-Saint-Denis. Quant à François Ruffin, il a fait campagne sous une quadruple bannière (PCF, LFI, EELV et Ensemble).  Tous deux sont revendiqués par LFI comme étant des leurs, mais il n’est pas à exclure qu’ils siègent au sein d’un autre groupe.  

Pierre Laurent a confié hier soir vouloir « regarder l’ensemble des résultats » avant de se décider quant à une alliance avec LFI. Peut-être espère-t-il, justement, convaincre certains élus DVG. Dans son communiqué post-résultats, le PCF liste les onze candidats communistes élus députés avant d’ajouter que les Français pourront compter sur ceux-ci ainsi que sur « les député-e-s qui formeront, avec eux, un groupe parlementaire d'opposition au gouvernement ». « Les députés communistes travailleront dès cette semaine à constituer ce groupe », peut-on lire ensuite. Une volonté confirmée par un tweet de Pierre Laurent : « Le sujet est comment est-ce qu’on s’organise face à la majorité de Macron ? ». Les communistes n’ont pas encore tiré un trait sur la possibilité de former leur propre groupe.

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