Légitime défense: Le Roux souhaite « un consensus républicain »
Le ministre de l'Intérieur Bruno Le Roux a jugé mardi possible "un consensus républicain" autour "d'un socle de sécurité" qui ...

Légitime défense: Le Roux souhaite « un consensus républicain »

Le ministre de l'Intérieur Bruno Le Roux a jugé mardi possible "un consensus républicain" autour "d'un socle de sécurité" qui ...
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Le ministre de l'Intérieur Bruno Le Roux a jugé mardi possible "un consensus républicain" autour "d'un socle de sécurité" qui "conforterait le travail des policiers et des gendarmes", à l'occasion du débat sur le projet de loi assouplissant notamment les règles de légitime défense.

"Je connais la facilité qu’il y a à utiliser les questions de sécurité pour cliver, et espérer grappiller des voix (...) Je ne veux pas nier les différences d’approches qui existent entre nous et en particulier dans le type de réponse pénale qu’il s’agit d’apporter à certains faits mais je crois que nous pouvons définir ensemble ce +socle de sécurité+ nécessaire à notre pays", a lancé à la droite M. Le Roux à l'ouverture des discussions à l'Assemblée.

"Sur le niveau des effectifs, sur les doctrines d’emploi, sur la nécessité d’un effort budgétaire soutenu pour rehausser le niveau des matériels et de fonctionnement des services, sur la stabilisation des structures du renseignement, nous devons pouvoir dégager un cadre commun et républicain", a-t-il jugé.

Très attendu par les policiers, depuis les incidents de Viry-Châtillon en octobre 2016, le projet de loi, déjà voté au Sénat, définit un usage commun des armes aux deux forces de l'ordre, la police et la gendarmerie, alignant la première sur la seconde.

Le texte liste cinq situations où les forces de l'ordre pourront utiliser leurs armes: face à la menace de personnes armées; lorsqu'ils ne peuvent défendre autrement le terrain qu’ils occupent; lorsqu’une personne cherche à échapper à leur garde, qu'ils ne peuvent l’arrêter autrement et qu’elle présente une menace; lorsqu’ils ne peuvent arrêter autrement un véhicule présentant une menace et enfin dans le but d'empêcher un "périple meurtrier".

"Ce cadre nouveau d’usage des armes ne se substitue pas au cadre général de la légitime défense. Il est régi par les principes d’absolue nécessité et de stricte proportionnalité. Il décrit d’ailleurs précisément les situations dans lesquelles les forces de sécurité peuvent faire usage de leur arme", a assuré le ministre de l'Intérieur en réponse aux critiques émises notamment par le Défenseur des droits, la Ligue des droits de l'Homme, l'Ordre des avocats de Paris ou le Syndicat de la magistrature.

"L’attentat au Louvre le prouve une fois de plus: porter un uniforme fait de vous une cible. L’année dernière, 26 policiers et gendarmes ont perdu la vie en service", a-t-il rappelé.

Le ministre a redit son hostilité à la volonté de la droite d'étendre cet assouplissement aux policiers municipaux comme l'a fait le Sénat. "Nous devons être très vigilants pour ne pas glisser vers la confusion des missions", a affirmé le ministre.

L'orateur LR Eric Ciotti, qui a défendu "quatre propositions de loi sur le sujet pendant le quinquennat", a annoncé que son groupe voterait ce texte "trop tardif". "Il va dans le bon sens mais nous voulons aller plus loin", a-t-il affirmé.

L'ancien député PS Pouria Amirshahi, aujourd'hui non inscrit, a défendu en vain une motion de rejet d'un "énième texte sécuritaire" qui "cède aux revendications corporatistes les plus dures et renforcera le sentiment d'impunité".

Comme en matière antiterroriste, la proposition de loi doit rendre possible l'anonymat des enquêteurs (identifiés par leur seul matricule) dans les actes de procédure portant sur un crime ou délit puni d’au moins trois ans d’emprisonnement.

Elle prévoit aussi le doublement des peines encourues en cas d’outrage aux forces de l'ordre, qui passeraient de six mois à un an d'emprisonnement et de 7.500 à 15.000 euros d'amende.

Partager cet article

Dans la même thématique

« On est déjà dans le vide, sans parachute » : la grande inquiétude de la majorité sénatoriale sur le budget 2027
7min

Politique

« On est déjà dans le vide, sans parachute » : la grande inquiétude de la majorité sénatoriale sur le budget 2027

Les groupes engagés dans l’ancien socle commun attendent que le gouvernement sorte du bois, s’agissant des pistes pour les prochains textes budgétaires. Cette année, ils n’ont pas adressé de propositions précises au gouvernement mais des grandes orientations, laissant à Matignon le point de départ des discussions. Alors que l’équation budgétaire se complique avec le ralentissement de la croissance, les rapporteurs généraux craignent le pire dans les prochains mois.

Le

Illustration in India.
2min

Politique

Cabinet de conseils : le parquet national financier annonce une saisie de 65 millions d’euros dans l’enquête pour fraude fiscale autour de McKinsey

Le parquet national financier a annoncé vendredi la saisie, avec la justice belge, d’une somme de 65 millions d’euros dans le cadre de l’enquête pour blanchiment aggravé de fraude fiscale autour du cabinet de conseil McKinsey. L’enquête avait été ouverte en mars 2022 dans le prolongement de la commission d’enquête du Sénat sur l’influence des cabinets de conseil privés sur les politiques publiques depuis l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron en 2017.

Le

FRA – GARCHES – HOPITAL RAYMOND-POINCARRE – PMR
6min

Politique

Fauteuils roulants, prestations sociales, école inclusive, accessibilité : quel est le bilan d’Emmanuel Macron en matière de handicap ?

Après deux quinquennats, la situation pour les personnes handicapées est mitigée. Des progrès sont là, avec le remboursement des fauteuils roulants, une hausse des aides sociales ou une présence accrue des élèves en situation de handicap à l’école. Mais les difficultés d’emploi, le manque de places dans le secteur médico-social ou des problèmes d’accessibilité rendent encore la vie des personnes handicapées difficile.

Le

Drought severely weakens maize crops. A lack of rainfall and high temperatures cause water stress, which can slow plant growth and reduce yields. Faced with these weather conditions, farmers must adapt their practices and optimize water use to safeguard th
7min

Politique

Plan d'aide d'1 milliard pour les agriculteurs : « Le gouvernement doit sortir de la perpétuelle urgence », demande Guillaume Gontard

Après un été de canicules, d'incendies et de sécheresse exceptionnels, le gouvernement a annoncé vendredi plus d'1 milliard d'euros d'aides d'urgence pour soutenir une agriculture française durement éprouvée. Insuffisant pour les syndicats qui réclament au moins le double. Le président du groupe écologiste du Sénat, Guillaume Gontard, demande au gouvernement une réponse structurelle à une crise systémique qui passe par une réduction des émissions et l'adaptation au climat.

Le