« Les femmes accouchent au bord de la route » : le cri du cœur d’un maire sur les fermetures de maternité
Au congrès de l’AMF, le maire de Saint-Claude (Jura) s’est emporté contre les fermetures de maternité, « la première violence faite aux femmes ». Il a dénoncé un « retour au Moyen Âge sanitaire ».

« Les femmes accouchent au bord de la route » : le cri du cœur d’un maire sur les fermetures de maternité

Au congrès de l’AMF, le maire de Saint-Claude (Jura) s’est emporté contre les fermetures de maternité, « la première violence faite aux femmes ». Il a dénoncé un « retour au Moyen Âge sanitaire ».
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Un deuxième hiver sans la maternité. À Saint-Claude, ville moyenne de montagne nichée dans le Jura, la fermeture des services publics, notamment hospitaliers, a des impacts bien réels sur le quotidien de la population. Le maire de la commune, Jean-Louis Millet (divers droite), a tenu à le relayer lors du 102e Congrès de l’Association des maires de France (AMF). Un coup de gueule qui est loin d’être le premier dans ce salon.

Dans ce territoire enclavé, la décision prise en 2018 par l’Agence régionale de Santé de fermer services de maternité, pédiatrie et chirurgie conventionnelle continue de peser sur le quotidien. Encore plus en période hivernale, avec « 40 centimètres » de neige : une partie non négligeable de la population est encore plus éloignée des services hospitaliers les plus proches.

« On s’arrête au bord de la route pour accoucher, c’est déjà arrivé deux fois en six mois »

 « Ces gens-là, maintenant, pour aller à l’hôpital de référence, doivent faire deux heures de route, voire deux heures et demi pour aller accoucher. C’est actuellement monstrueux. Nous sommes revenus au Moyen Âge sanitaire », s’emporte Jean-Louis Millet, lors d’une table ronde consacrée à l’hôpital.

Pour l’édile, cette situation met en danger la vie de ces personnes. « Nous avons maintenant des femmes qui accouchent au bord de la route. Les ambulances n’arrivent plus à temps, on s’arrête au bord de la route pour pratiquer l’accouchement. C’est déjà arrivé deux fois en six mois », a-t-il précisé.

« Le personnel est arrivé un matin, sans avoir été prévenu de la fermeture »

Alors que le drame des féminicides occupe le devant de la scène médiatique, le maire jurassien considère que « la première violence faite aux femmes, c’est la fermeture d’une maternité » :

"La première violence faite aux femmes c'est la fermeture d'une maternité", déclare le maire de St-Claude
01:24

La méthode lui est restée en travers de la gorge. Jean-Louis Millet (ancien membre du Mouvement pour la France de Philippe de Villiers) n’a pas digéré la « brutalité de la mise en application de ce genre de décision ». Il raconte : « Le personnel est arrivé un matin, sans avoir été prévenu de la fermeture, et a vu les portes fermées avec une chaîne et un cadenas. C’est d’une brutalité inouïe, inhumaine ».

La maternité n’est pas la seule à avoir fermé ses portes, elle qui a vu s’unir les élus locaux. Le service de chirurgie également. Le manque de praticiens a motivé cette fermeture. Jean-Louis Millet a également avancé une raison financière : l’hôpital perdait chaque année 3,7 millions d’euros. Les 700 000 euros d’économies arrachées par l’établissement n’ont pas suffi. « On a trouvé le moyen, dans le même temps, de virer comme un chien le meilleur chirurgien que nous ayons eu, qui rapportait à lui seul 860 000 euros de bénéfices », a ajouté le maire.

Un précédent coup de gueule qui avait fait parler de lui

Jean-Louis Millet n’en est pas à sa première intervention forte au congrès de l’AMF. Il s’était déjà fait remarquer en 2017, là encore sur l’avancée de la désertification médicale, et la cassure entre hôpitaux de proximité assurant le minimum et grands établissements. « « Ça ne m’intéresse pas d’être accueilli par un praticien compétent si je n’arrive pas vivant », avait-il lancé (relire notre article).

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