Les femmes et l’entreprise : une évolution sans révolution
Bien qu’« égalité » rime avec « célérité », le processus de féminisation des entreprises reste lent et est un sujet sensible. Notons seulement qu’en 2017, avec un salaire en moyenne inférieur de 20% à celui de leurs homologues masculins, les femmes accèdent laborieusement aux postes à hautes responsabilités. Débat sur la figure ambivalente de celles qui jonglent entre statut parental, degré de féminité et projets de carrière.

Les femmes et l’entreprise : une évolution sans révolution

Bien qu’« égalité » rime avec « célérité », le processus de féminisation des entreprises reste lent et est un sujet sensible. Notons seulement qu’en 2017, avec un salaire en moyenne inférieur de 20% à celui de leurs homologues masculins, les femmes accèdent laborieusement aux postes à hautes responsabilités. Débat sur la figure ambivalente de celles qui jonglent entre statut parental, degré de féminité et projets de carrière.
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Le poids du sexe

Invitée de l'émission Un monde en docs, Gwenaëlle Perrier, maîtresse de conférences en Science Politique à l’Université Paris 13 et spécialiste de la question du genre et des politiques publiques, envisage l’iniquité de revenus comme base des inégalités hommes-femmes. Elle souligne qu’à travail et temps analogues, l’écart de salaire n’a cessé de se creuser et cela, « au détriment des moins qualifiés et des plus dominés ». Davantage affectées par le temps partiel, les femmes reçoivent souvent un « salaire d’appoint » selon Laurence Rossignol, ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des Femmes, bien trop maigre pour subvenir aux besoins d’un foyer. À leur précarité s’ajoute l’obstacle d’un « plafond de mère » selon la formule de Marlène Schiappa, présidente de l’association Maman travaille.

La part belle faite aux femmes

Pour s’affranchir d’une « caste » virile qui se coopte et se distribue les pouvoirs, certaines entreprises proposent du « mentorat » comme forme de soutien pour rivaliser avec le modèle d’excellence masculine. Les entreprises peuvent donc être un facteur incitatif décisif en matière de parité.

Alors que Laurence Parisot, ancienne présidente du Medef et de l’institut de sondage IFOP envisage « le dialogue entre les syndicats, le patronat et le gouvernement comme configuration pertinente » pour endiguer ce système phallocratique, Laurence Rossignol propose la transparence des salaires comme lutte à « l’opacité comme principal allié des inégalités salariales ».

Pourtant, regarder au-delà des entreprises nous invite à discerner qu’« il s’agit moins de blâmer l’entreprise que de penser l’enjeu de la parité en termes culturel, sociétal et civilisationnel » selon Laurence Parisot.

Seulement, nous faudra t-il attendre 2186 pour que l’égalité cesse d’être fantasme et devienne réalité ?

 


Retrouvez l’émission Un Monde en Docs consacrée à la place des femmes dans l'entreprise le samedi 4 février à 22h sur Public Sénat. 
Rediffusion les dimanches 5 janvier à 9h et 12 février à 18h.

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