« Les gamètes transmettent bien plus qu’une couleur de cheveux ou des yeux » les doutes d’une mère sur l’ouverture de la PMA pour toutes
Deux femmes. Deux mères. L’une pour la PMA pour toutes, l’autre contre le projet de loi sur la bioéthique. Leurs avis divergent et pourtant ensemble, elles ont eu une discussion franche et respectueuse sur l’importance de connaître ses origines. Un échange loin des oppositions frontales habituelles.

« Les gamètes transmettent bien plus qu’une couleur de cheveux ou des yeux » les doutes d’une mère sur l’ouverture de la PMA pour toutes

Deux femmes. Deux mères. L’une pour la PMA pour toutes, l’autre contre le projet de loi sur la bioéthique. Leurs avis divergent et pourtant ensemble, elles ont eu une discussion franche et respectueuse sur l’importance de connaître ses origines. Un échange loin des oppositions frontales habituelles.
Public Sénat

Par Pauline Vilchez

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Contrairement à ce que l'on pourrait croire, un des moments les plus forts de l’émission n’a pas été un échange vif et enflammé avec un politique, mais une discussion citoyenne entre mères.

Maylis Wazé, 41 ans a eu un enfant par PMA en Belgique avec sa compagne Céline, et soutient le projet de loi sur la bioéthique qui autorise les couples lesbiens a y avoir recours. À côté d’elle, une orthophoniste, Domitille Adriaens 35 ans, trois enfants qui évolue dans une famille « traditionnelle ». Elle, ne souhaite pas que la loi ouvre la PMA aux couples de femmes. Un avis, explique-t-elle qui s'appuie sur son travail : « On sait grâce aux études psychologiques que les gamètes transmettent bien plus qu’une couleur de cheveux ou des yeux. On sait qu’on transmet un héritage de trois à quatre générations en amont ».

«  Son père qu’il ne connaît pas, il ne pourra pas lui donner le mode d’emploi pour faire émerger le plus beau de ce qu’il a reçu dans ses gènes. »

S’enchaîne alors une discussion directe et respectueuse entre ces deux mamans : « C’est comme si votre enfant a un trésor, et que la personne la plus à même de lui faire découvrir ce trésor, son père qu’il ne connaît pas, il ne pourra pas lui donner le mode d’emploi pour faire émerger le plus beau de ce qu’il a reçu dans ses gènes. Ce n'est pas juste un père, mais une famille entière. »

« On ne fait pas un enfant à la légère »

« C’est une question à laquelle j’ai évidemment beaucoup réfléchi » lui répond Maylis Wazé : « On ne fait pas un enfant à la légère. J’ai rencontré des gens nés sous X ou qui ont été adoptés et qui se posent des questions sur leurs origines. C’est pour cela qu’on est passé par ce processus de donneur semi-anonyme. J’ai les caractéristiques et une photo de cet homme quand il était enfant, ainsi qu’une interview de lui qui explique pourquoi il a fait ce don. Gabin (son fils) pourra le contacter à ses 18 ans. Bien sûr, je ne pourrai pas lui apporter toute la partie d’âme que cet homme a, mais quelques petites choses auxquelles il pourra se raccrocher ».

Olivier Paccaud, sénateur de l’Oise du groupe Les Républicains, lui, n’est toujours pas convaincu par la PMA pour toutes, alarmant sur « une clef dans la boîte de Pandore, dont on ne sait pas jusqu’où elle peut arriver ». Malgré les explications et les témoignages, ce débat ne l’a pas fait changer d’avis. Il l'a d'ailleurs redit : « je voterai contre » la loi bioéthique qui arrivera au Sénat début 2020.

Partager cet article

Dans la même thématique

Sammy Baloji, Clémentine Samba Mushidi, Kasaji, province du Lualaba, 2018 – Avec l’aimable autorisation de l’artiste et de la galerie Imane Farès, Paris
4min

Politique

« Les festivals de l’été » : Aux rencontres photographiques d’Arles « Nous apportons le doute sur ce qu’on voit » revendique son directeur 

C’est le rendez-vous estival des amateurs de photographie. Pour leur 57ème édition, les Rencontres de la photographie d'Arles mettent à l’honneur le travail de photographes africains. Des nouveaux regards sur un continent central et une invitation renouvelée à une compréhension complexe de la réalité du monde, loin des images et des vérités assénées par les médias sociaux, comme le revendique son directeur Christoph Wiesner.

Le

« Les gamètes transmettent bien plus qu’une couleur de cheveux ou des yeux » les doutes d’une mère sur l’ouverture de la PMA pour toutes
4min

Politique

« Dans le monde politique et de l’entreprise, le pouvoir dénature les gens », observe Elisabeth Moreno

Si devenir ministre lui a permis de faire avancer la cause des femmes, elle a aussi, pendant deux ans, découvert l’envers du monde politique. Entre « carriérisme », environnement masculin et manque de soutien pour faire avancer le féminisme, Elisabeth Moreno revient sur ses combats, son expérience gouvernementale et les travers du pouvoir au micro de Rebecca Fitoussi, dans l’émission Un monde, un regard.

Le

Heat Wave in the North
5min

Politique

La justice ordonne le démantèlement de « mégabassines » en Charente-Maritime : les agriculteurs condamnés invoquent la loi d’urgence agricole et font appel

Neuf agriculteurs ont été condamnés par la justice, jeudi 23 juillet, à démanteler quatre retenues d’eau qu’ils utilisent illégalement depuis dix-sept ans. Ils ont annoncé faire appel et se fondent sur le prétendu « décalage » entre cette décision et la loi d’urgence agricole tout juste adoptée, très favorable au développement de ces « bassines ».

Le

PARIS, Conseil constitutionnel, Constitutional Council, Palais Royal
7min

Politique

Le Conseil constitutionnel est-il devenu un arbitre sursollicité ?

Longtemps perçu comme le gardien discret de la Constitution, le Conseil constitutionnel s’impose aujourd’hui comme l’un des acteurs incontournables de la vie politique. Jamais autant saisi sur les lois votées par le Parlement depuis une quinzaine d’années, il est devenu le passage obligé des textes les plus sensibles. Loin d'un dysfonctionnement, cette hyper-activité traduit les nouvelles dynamiques du pouvoir sous l'ère de la « majorité relative ».

Le