Les Insoumis lancent leur école de formation, au service de la « révolution citoyenne »
Cours d'économie, de géopolitique ou tutoriel de prise de parole en public: l'école de formation insoumise (eFI), lancée lundi, a...

Les Insoumis lancent leur école de formation, au service de la « révolution citoyenne »

Cours d'économie, de géopolitique ou tutoriel de prise de parole en public: l'école de formation insoumise (eFI), lancée lundi, a...
Public Sénat

Par Lucile MALANDAIN

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Cours d'économie, de géopolitique ou tutoriel de prise de parole en public: l'école de formation insoumise (eFI), lancée lundi, a pour but de "rendre possible la révolution citoyenne" chère à Jean-Luc Mélenchon, sans pour autant dispenser des "éléments de langage".

En accès libre, y compris aux non-Insoumis (qui ne se sont pas inscrits sur la plate-forme internet du mouvement) et entièrement gratuite, cette "école" consistera en un cours magistral mensuel devant un public mais retransmis en ligne et suivi de questions, en plus de la mise à disposition d'une série de tutoriels vidéo consacrés à l'activité militante.

"Il ne s'agit pas de donner des éléments de langage mais de nourrir et fortifier leur militantisme", explique Manon Le Bretton, ancienne candidate LFI aux législatives et co-responsable de l'école. Après les cours, les Insoumis pourront s'assurer de leur bonne compréhension des thèmes abordés par une évaluation en ligne, sous la forme de questionnaire à choix multiples. A terme, cette évaluation doit leur permettre de suivre des cours plus poussés sur les mêmes thématiques avec l'objectif que chacun puisse "accéder à une forme de qualification civique", souligne Manon Le Bretton.

"Nous refusons la professionnalisation de la vie politique et le tri social de ceux qui sont appelés aux responsabilités: si les Insoumis ont des savoirs et des savoir-faire, la révolution citoyenne est possible", renchérit le politologue proche de Jean-Luc Mélenchon, Thomas Guénolé, autre responsable de l'eFI.

"Pendant ce temps, En Marche fait des séminaires de formation ouverts à ses seuls cadres et sur le modèle des séminaires d'entreprise", persifle le politologue. En réalité, LREM va ouvrir un "institut de formation" cette année afin de préparer les futurs candidats LREM, notamment dans la perspective des municipales de 2020, mais des moocs (formation en ligne gratuite) longs et courts existent déjà en libre accès.

L'acronyme anglo-saxon "MOOC" fait référence, dans son sens littéral à une éducation "de masse", au sens ouverte à tous. La France insoumise lui préfère la notion d'"université populaire", qui reprend les principes de l'éducation populaire, déjà au centre de la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon.

- Endoctrinement? -

Pendant ses très longs meetings, il prenait le temps de raconter et d'expliquer les notions parfois complexes développées à l'aide d'exemples et sur un ton professoral. L'idée de créer cette école est née d'une demande des militants lors de la dernière convention LFI fin novembre.

Là, ce ne sera pas leur leader qui assurera les cours, mais des membres de son mouvement, bénévolement. Paul Vannier ouvrira le bal samedi avec un cours sur "la marchandisation de l'éducation", puis suivront les thématiques correspondant aux campagnes annuelles du mouvement: le nucléaire le 10 mars, la pauvreté le 21 avril et la fraude fiscale en mai.

Puis, viendront de grands sujets généraux comme l'économie, la santé ou la réforme constitutionnelle... L'un des objectifs est d'ailleurs de reprendre et d'expliquer ce programme afin que les militants se l'approprient.

Mais pour autant, pas d'"endoctrinement", se défendent-ils. Les deux responsables de l'eFI revendiquent un héritage plutôt lié à l'"humanisme de la Renaissance", aux "universités populaires de la fin du XIXe" ou encore de celles organisées par les syndicats dans l'entre-deux guerres.

"Nous aurons une approche dialectique, le plus souvent via une mise en perspective avec le programme de nos adversaires", assure Manon Le Bretton, convaincue qu'il s'agira aussi de "formation à l'esprit critique". "Pour que ce soit de l'endoctrinement, il faudrait qu'on impose la formation à tout le monde", estime-t-elle, devançant la "mauvaise foi" des critiques.

Au-delà, il s'agit que "rien ne se fasse sans un regard citoyen". Des formations à la lecture du budget d'une collectivité locale sont notamment prévues, ou des tutoriels pour "interagir avec les médias", "militer sur les réseaux sociaux", "filmer, monter, diffuser une vidéo".

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