Les Insoumis lancent leur école de formation, au service de la « révolution citoyenne »
Cours d'économie, de géopolitique ou tutoriel de prise de parole en public: l'école de formation insoumise (eFI), lancée lundi, a...

Les Insoumis lancent leur école de formation, au service de la « révolution citoyenne »

Cours d'économie, de géopolitique ou tutoriel de prise de parole en public: l'école de formation insoumise (eFI), lancée lundi, a...
Public Sénat

Par Lucile MALANDAIN

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Cours d'économie, de géopolitique ou tutoriel de prise de parole en public: l'école de formation insoumise (eFI), lancée lundi, a pour but de "rendre possible la révolution citoyenne" chère à Jean-Luc Mélenchon, sans pour autant dispenser des "éléments de langage".

En accès libre, y compris aux non-Insoumis (qui ne se sont pas inscrits sur la plate-forme internet du mouvement) et entièrement gratuite, cette "école" consistera en un cours magistral mensuel devant un public mais retransmis en ligne et suivi de questions, en plus de la mise à disposition d'une série de tutoriels vidéo consacrés à l'activité militante.

"Il ne s'agit pas de donner des éléments de langage mais de nourrir et fortifier leur militantisme", explique Manon Le Bretton, ancienne candidate LFI aux législatives et co-responsable de l'école. Après les cours, les Insoumis pourront s'assurer de leur bonne compréhension des thèmes abordés par une évaluation en ligne, sous la forme de questionnaire à choix multiples. A terme, cette évaluation doit leur permettre de suivre des cours plus poussés sur les mêmes thématiques avec l'objectif que chacun puisse "accéder à une forme de qualification civique", souligne Manon Le Bretton.

"Nous refusons la professionnalisation de la vie politique et le tri social de ceux qui sont appelés aux responsabilités: si les Insoumis ont des savoirs et des savoir-faire, la révolution citoyenne est possible", renchérit le politologue proche de Jean-Luc Mélenchon, Thomas Guénolé, autre responsable de l'eFI.

"Pendant ce temps, En Marche fait des séminaires de formation ouverts à ses seuls cadres et sur le modèle des séminaires d'entreprise", persifle le politologue. En réalité, LREM va ouvrir un "institut de formation" cette année afin de préparer les futurs candidats LREM, notamment dans la perspective des municipales de 2020, mais des moocs (formation en ligne gratuite) longs et courts existent déjà en libre accès.

L'acronyme anglo-saxon "MOOC" fait référence, dans son sens littéral à une éducation "de masse", au sens ouverte à tous. La France insoumise lui préfère la notion d'"université populaire", qui reprend les principes de l'éducation populaire, déjà au centre de la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon.

- Endoctrinement? -

Pendant ses très longs meetings, il prenait le temps de raconter et d'expliquer les notions parfois complexes développées à l'aide d'exemples et sur un ton professoral. L'idée de créer cette école est née d'une demande des militants lors de la dernière convention LFI fin novembre.

Là, ce ne sera pas leur leader qui assurera les cours, mais des membres de son mouvement, bénévolement. Paul Vannier ouvrira le bal samedi avec un cours sur "la marchandisation de l'éducation", puis suivront les thématiques correspondant aux campagnes annuelles du mouvement: le nucléaire le 10 mars, la pauvreté le 21 avril et la fraude fiscale en mai.

Puis, viendront de grands sujets généraux comme l'économie, la santé ou la réforme constitutionnelle... L'un des objectifs est d'ailleurs de reprendre et d'expliquer ce programme afin que les militants se l'approprient.

Mais pour autant, pas d'"endoctrinement", se défendent-ils. Les deux responsables de l'eFI revendiquent un héritage plutôt lié à l'"humanisme de la Renaissance", aux "universités populaires de la fin du XIXe" ou encore de celles organisées par les syndicats dans l'entre-deux guerres.

"Nous aurons une approche dialectique, le plus souvent via une mise en perspective avec le programme de nos adversaires", assure Manon Le Bretton, convaincue qu'il s'agira aussi de "formation à l'esprit critique". "Pour que ce soit de l'endoctrinement, il faudrait qu'on impose la formation à tout le monde", estime-t-elle, devançant la "mauvaise foi" des critiques.

Au-delà, il s'agit que "rien ne se fasse sans un regard citoyen". Des formations à la lecture du budget d'une collectivité locale sont notamment prévues, ou des tutoriels pour "interagir avec les médias", "militer sur les réseaux sociaux", "filmer, monter, diffuser une vidéo".

Partager cet article

Dans la même thématique

NANTES :  Electoral posters for municipal elections.
6min

Politique

« Les partis ne parlent plus aux gens » : pourquoi de nombreux candidats aux municipales masquent leur appartenance partisane

Si les listes « sans étiquette » ont toujours été nombreuses dans les petites communes, de nombreux candidats affiliés à un parti affichent également une neutralité de façade dans les grandes villes. Une façon de se tenir à distance du chaos politique national. A l’exception notable du Rassemblement national et de La France insoumise, qui assument de nationaliser ce scrutin pour en faire un tremplin vers les présidentielles de 2027.

Le

Mairie illustration
5min

Politique

Municipales 2026 : la France insoumise « dangereuse pour la démocratie » et les idées de droite en hausse, selon une enquête d’Ipsos

Inquiétudes sur la sécurité, devoir d’exemplarité des maires, désaffection à l’égard de plusieurs partis de gauche… L’institut de sondage Ipsos BVA-CESI Ecole d’ingénieurs a publié une nouvelle étude pour Le Monde, le Cevipof et la Fondation Jean Jaurès. Les Français y dressent un paysage politique qui se droitise à quelques jours du premier tour des élections municipales.

Le