Les mots de Macron
Outre son goût pour les expressions surannées comme "croquignolesque", "pipi de chat" ou "poudre de perlimpinpin", Emmanuel Macron lance...

Les mots de Macron

Outre son goût pour les expressions surannées comme "croquignolesque", "pipi de chat" ou "poudre de perlimpinpin", Emmanuel Macron lance...
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Outre son goût pour les expressions surannées comme "croquignolesque", "pipi de chat" ou "poudre de perlimpinpin", Emmanuel Macron lance régulièrement des petites phrases acérées contre ses détracteurs, qu'il assume entièrement même si les polémiques qu'elles suscitent l'énervent.

"Je suis votre chef"

Le président Emmanuel Macron et le chef d'état-major des armées (Cema), le général Pierre de Villiers, au défilé militaire sur les Champs-Elysées à Paris le 14 juillet 2017
Le président Emmanuel Macron et le chef d'état-major des armées (Cema), le général Pierre de Villiers, au défilé militaire sur les Champs-Elysées à Paris le 14 juillet 2017
AFP

Le 13 juillet, c'est par cette phrase qu'Emmanuel Macron rappelle sèchement à l'ordre les militaires tentés de critiquer publiquement ses choix budgétaires. L'attaque vise principalement le chef d'état major Pierre de Villiers, qui quelques jours plus tôt s'est indigné devant des députés de la baisse du budget de la Défense. Humilié, il démissionne quatre jours plus tard. "Je n'ai pas de regret et j'assume totalement" cette phrase, a tranché le chef de l'Etat le 31 août.

"Make our planet great again" (rendez sa grandeur à notre planète):

Le 1er juin à minuit, deux heures après l'annonce par Donald Trump du retrait des Etats-Unis de l'accord de Paris sur le climat, Emmanuel Macron, depuis son bureau de l'Elysée, lance en anglais ce contre-appel qui parodie le slogan de campagne de Trump. Le retentissement est mondial : son message a été retweeté à ce jour par 236.000 internautes, un record absolu pour un tweet français, et sur le compte Facebook d'Emmanuel Macron la vidéo de son appel affiche 13 millions de vues, très loin en tête des centaines de vidéos postées par l'Elysée.

"Premiers de cordées"

La formule a été soigneusement préparée : dans sa première interview télé, le 15 octobre, Emmanuel Macron défend ainsi ceux "qui réussissent" et selon lui tirent les autres. "Si l'on commence à jeter des cailloux sur les premiers de cordée c'est toute la cordée qui dégringole", dit-il. La formule fait mouche mais soulève des critiques pour sa proximité, quoiqu'il s'en défende, avec la théorie économique du "ruissellement" des riches vers les pauvres.

"Fainéants"

Le 8 septembre, à Athènes après un grand discours sur l'Europe, le président s’adresse aux expatriés français en Grèce. Quatre jours avant une manifestation syndicale contre la réforme du code du travail, il déclare qu'il "ne cédera rien ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes". L'opposition dénonce aussitôt une forme de mépris social. Embarrassé, l'Elysée explique successivement que le président visait les précédents présidents, puis les élites qui n'ont pas agi. Emmanuel Macron expliquera ensuite qu'il ne regrette "absolument pas" ce mot et s'agace d'une "fausse polémique".

"Foutre le bordel"

Le 4 octobre, lors d'un déplacement en Corrèze, M. Macron discute en aparté avec un responsable local. Sans se cacher, deux caméras captent leur échange. M. Macron remarque : "certains, au lieu de foutre le bordel, feraient mieux d'aller regarder s'ils ne peuvent pas avoir des postes là-bas". Il cible une délégation CGT, qui accompagnait des salariés licenciés de l'équipementier automobile GM&S, et qui "a décidé de gêner la visite",a indiqué le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner. Sur TF1, Emmanuel Macron assure ne pas avoir voulu humilier mais s'énerve de discours "aseptisés".

"Des gens qui ne sont rien"

"Une gare, c’est un lieu où on croise des gens qui réussissent et des gens qui ne sont rien", déclare-t-il le 29 juin lors de l'inauguration de la Station F, un incubateur de start-up, projet lancé par Xavier Niel en 2013 et installé dans l’ancienne Halle Freyssinet à Paris.

"Toutes et tous", "celles et ceux"

Dans ses propos publics, Emmanuel Macron veille à éviter au maximum les généralités au masculin, utilisant une sorte de "langage inclusif" à l'oral par des formules comme "les femmes et les hommes", "toutes et tous", "celles et ceux", etc. Une tournure qu'imitent désormais largement ses ministres et les députés En marche. Lui qui a fait de l'égalité homme-femme une grande cause nationale a anticipé la polémique en cours sur l'écriture inclusive.

Partager cet article

Dans la même thématique

International Women’s Day – Demonstration – Lyon
6min

Politique

Masculinisme : « Le mode de radicalisation est exactement le même que lorsqu'on radicalisait des gens pour les faire partir en Syrie », alerte Dominique Vérien

Les sénatrices de la délégation aux droits des femmes appellent à faire de la lutte contre le masculinisme « une priorité de politique publique ». Après sept mois d’enquête, elles décrivent un mouvement politique structuré, alimenté par les réseaux sociaux, qui menace l’égalité entre les femmes et les hommes et constitue, selon elles, un risque croissant pour « la démocratie ».

Le

Sammy Baloji, Clémentine Samba Mushidi, Kasaji, province du Lualaba, 2018 – Avec l’aimable autorisation de l’artiste et de la galerie Imane Farès, Paris
4min

Politique

« Les festivals de l’été » : Aux rencontres photographiques d’Arles « Nous apportons le doute sur ce qu’on voit » revendique son directeur 

C’est le rendez-vous estival des amateurs de photographie. Pour leur 57ème édition, les Rencontres de la photographie d'Arles mettent à l’honneur le travail de photographes africains. Des nouveaux regards sur un continent central et une invitation renouvelée à une compréhension complexe de la réalité du monde, loin des images et des vérités assénées par les médias sociaux, comme le revendique son directeur Christoph Wiesner.

Le

Les mots de Macron
4min

Politique

« Dans le monde politique et de l’entreprise, le pouvoir dénature les gens », observe Elisabeth Moreno

Si devenir ministre lui a permis de faire avancer la cause des femmes, elle a aussi, pendant deux ans, découvert l’envers du monde politique. Entre « carriérisme », environnement masculin et manque de soutien pour faire avancer le féminisme, Elisabeth Moreno revient sur ses combats, son expérience gouvernementale et les travers du pouvoir au micro de Rebecca Fitoussi, dans l’émission Un monde, un regard.

Le