Les radicaux de gauche et de droite vont refaire « maison commune » avant la fin de l’année
A la faveur de la recomposition et de la victoire d’Emmanuel Macron, le Parti radical de gauche et le Parti radical valoisien, de centre-droit, engagent des discussions pour revenir sur leur scission qui date de 1972. Un congrès fondateur pourrait avoir lieu à l’automne, si tout se passe bien.

Les radicaux de gauche et de droite vont refaire « maison commune » avant la fin de l’année

A la faveur de la recomposition et de la victoire d’Emmanuel Macron, le Parti radical de gauche et le Parti radical valoisien, de centre-droit, engagent des discussions pour revenir sur leur scission qui date de 1972. Un congrès fondateur pourrait avoir lieu à l’automne, si tout se passe bien.
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L’avènement du macronisme aura balayé les deux grands partis traditionnels, PS et LR. Il va peut-être ressusciter le plus vieux parti de France : le Parti radical. S’il n’a jamais disparu, le parti radical s’est retrouvé relégué au second plan depuis la scission de 1972, lorsqu’une partie de ses membres décident de soutenir le programme commun avec François Mitterrand et les communistes. C’est la création du Mouvement radical de gauche, qui deviendra le Parti radical de gauche (PRG). Sur l’autre rive de la République, il restera le Parti radical valoisien, parti de centre-droit longtemps membre de l’UDF, aujourd’hui l’une des composantes de l’UDI. « Valoisien » car le Parti radical a gardé le siège historique, au cœur de Paris, rue de Valois.

Mais les temps ont changé. Les deux familles radicales comptent se rapprocher, profitant du contexte de recomposition politique. Le 12 juin dernier, un communiqué du PRG affirmait que le parti validait « la poursuite des discussions en faveur d’une réunification des Radicaux de gauche et des Radicaux valoisiens pour bâtir un nouveau parti de centre républicain, laïque, progressiste, solidaire et pro-européen ». Le lendemain, le président du Parti radical valoisien et maire de Nancy, Laurent Hénart, appelait à « construire un grand parti radical avec le PRG, indépendant des Républicains et d'En Marche ».

« Un sujet dont on avait déjà parlé à la fin des années 80, lors de l’ouverture préconisée par François Mitterrand »

Ce n’est pas la première tentative de rapprochement. « C’est un sujet dont on avait déjà parlé à la fin des années 80, lors de l’ouverture préconisée par François Mitterrand. Il y avait eu une prise de contact officielle. Puis en 2007, après l’ouverture de Sarkozy, le rapprochement avait été évoqué par Jean-Michel Baylet (PRG) et Jean-Louis Borloo » raconte à publicsenat.fr Laurent Hénart. « Plus récemment, j’ai veillé à ce que l’idée soit inscrite dans la déclaration politique du congrès, en février dernier » ajoute le maire de Nancy.

Cette fois, c’est la bonne. Les retrouvailles sont aujourd’hui rendues possibles car « les clivages ont bougé. Les Français demandent que les politiques soient cohérents. La scission était liée aux choix entre Valéry Giscard d’Estaing et Mitterrand et le bipartisme » souligne de son côté Guillaume Lacroix, premier vice-président exécutif du PRG.

« La séparation était liée au programme commun, à une époque où il y avait encore le mur de Berlin »

« La séparation était liée au programme commun, à une époque où il y avait encore le mur de Berlin. Tout ça n’est plus. Il y a à gauche des gestionnaires, des sociaux-démocrates, pas que des gens dogmatiques. Et la mondialisation a remplacé la confrontation entre l’Est et l’Ouest. Dans le débat public, il y a plus de choses qui nous rapprochent que de choses qui nous séparent » complète Laurent Hénart. « On voit bien qu’avec les radicaux valoisiens, sur la République, la laïcité, les questions de libertés individuelles et publiques, beaucoup de choses nous rapprochent. Notre corpus idéologique est le même au départ » constate Guillaume Lacroix.

D’où la conclusion, que formule l’ancien secrétaire d’Etat de Jacques Chirac : « C’est le moment pour que des radicaux venant de la droite puissent s’allier dans une formation unique, une maison commune » avec le PRG. « C’est une manière de peser dans le paysage politique » reconnaît Laurent Hénart, « on sera dans une logique de soutenir tout en disant nos différences ».

Mais une recomposition qui risque de se faire au détriment de l’UDI de Jean-Christophe Lagarde, dont le Parti radical est  l’un des membres fondateurs… « Le rassemblement qu’est l’UDI est peut-être amené à s’élargir et à toucher tous les progressistes. Vu le raz-de-marée en faveur de LREM aux législatives, il faut bien se dire que toutes les formations vont changer » répond Laurent Hénart.

Aller vite

Les choses peuvent aller vite. « Il faut un temps normal de discussion politique au sein des deux formations. Je tiens au temps de discussion avec les militants, un processus interne, mais sans renvoyer la décision aux calendes grecques. D’ici la fin de l’année, il faudra prendre une décision » explique Guillaume Lacroix, qui parle déjà avec Laurent Hénart. Le maire de Nancy confirme le calendrier :

« Il faut qu’avant la fin de l’année on puisse avoir réglé cette affaire et reconstitué un grand parti radical. Il faudra que ce soit une formation politique exemplaire, impliquer les militants, utiliser à fond les réseaux sociaux, être dans la parité, le renouvellement ».

« Siéger dans le même groupe »

Reste à savoir comment répartir les forces dans le nouvel ensemble. Et qui le présidera ? « Il y aura une période transitoire qui permettra d’avoir une gouvernance équilibrée. Il y aura une charte, un manifeste à partager » explique Laurent Hénart, qui souhaite que le processus avance : « Il faut rapidement faire la maison commune et rendre les choses irréversibles et acter le fait qu’il n’y a plus qu’une seule maison ». Selon Laurent Hénart, le congrès fondateur, ou plutôt refondateur, serait « peut-être à l’automne ».

Logiquement, « ça commencera par une organisation parlementaire à l’Assemblée et  au Sénat. Il me semble important qu’on puisse siéger dans le même groupe. Et pas forcément un groupe qu’avec des radicaux » souligne Laurent Hénart. Le groupe RDSE du Sénat est à majorité PRG mais compte aussi trois Forces du 13 de Jean-Noël Guérini, Robert Hue du Mouvement des progressistes et un LR. En tout, le PRG compte une vingtaine de parlementaires, tout comme le Parti radical valoisien.

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