Les réactions des élus locaux après la remise du plan Borloo

Les réactions des élus locaux après la remise du plan Borloo

Les Etats généraux de la politique de la ville se sont tenus après la remise au gouvernement du plan banlieue de Jean-Louis Borloo. Nous avons recueilli les témoignages de participants : tous se demandent désormais ce que va reprendre Emmanuel Macron des 19 recommandations.
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C’est dans le gymnase Jean-Jaurès, dans le 19e arrondissement de Paris, que se sont déroulés les Etats généraux de la politique de la ville.

La maire de Chanteloup-les-Vignes réclame du « courage politique », après le rapport Borloo

La maire de Chanteloup-les-Vignes réclame du « courage politique », après le rapport Borloo
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Maire LR de Chanteloup-les-Vignes (Yvelines), ville marquée par l’incendie criminel d’une école maternelle au début du mois, Catherine Arenou estime qu’il faut désormais regarder le rapport Borloo avec « beaucoup d’attention ». Et le plus vite possible. « C’est maintenant, parce que c’est déjà tard », avertit-elle. « Plus on attend, plus la situation sera gravissime et moins on pourra la récupérer […] Tout le temps que l’on perd, ce sont des générations que l’on perd. »

Si elle estime avoir été « comprise » par le président de la République, comme d’autres élus, elle demande à l’exécutif d’afficher du « courage politique » pour « inverser complètement la tendance ». Elle appelle le gouvernement à « bousculer les institutions » pour apporter des « solutions républicaines dans nos quartiers ».

« 5 milliards d’euros annuels, c’est rien », pour le président de Ville et banlieue

Plan Borloo : « Ce travail ne doit pas tarder à être engagé », selon Marc Vuillemot
03:11

Après le « terrible été meurtrier pour la politique de la ville », selon ses mots, Marc Vuillemot, maire (PS) de La Seyne-sur-mer (Var) espère une « traduction concrète » sur le long-terme des 19 propositions formulées dans le rapport Borloo. « Ce travail ne doit pas tarder à être engagé », encourage-t-il, appelant à la « mobilisation générale de l’ensemble des départements ministériels ».

Selon le président de l’association des maires de France Ville et banlieue, « la clé de voûte de l’édifice » sera l’emploi. « Tout ce qui concerne la formation, l’insertion professionnelle et l’accès à l’emploi, c’est l’élément majeur. »

Quant au montant global du plan, qui pourrait se chiffrer à 48 milliards d’euros sur dix ans, Marc Vuillemot estime qu’il s’agit d’un minimum. « Cela fait 5 milliards d’euros annuels, c’est rien. C’est rien ! Qu’on ne me dise pas que la France, pays parmi les plus riches de la planète, ne serait pas capable de mettre sur la table, tout cofinancements confondus, 5 petits milliards d’euros par an, juste pour éviter que 5 à 10% de ses habitants ne se trouvent à rester sur le bord du chemin. »

Un « moment très important », pour Jean-Philippe Acensi (Bleu, Blanc, Zèbre) 

Jean-Philippe Acensi, président de l’association Bleu, Blanc, Zèbre, association qui a largement participé à la rédaction du plan Borloo y était, et exprime son enthousiasme (vidéo de tête).

« C’est une grande étape, et un peu inespéré au vu d’où on est parti » déclare-t-il.  « C’est un moment très important, parce que c’est un moment très fraternel ».

« Aujourd’hui on a dans ces quartiers, d’énormes problématiques, on a beaucoup de mal à aller chercher les jeunes, à restaurer le lien de confiance, donc il faut aller chercher de nouvelles idées » explique Jean-Phillippe Acensi, qui met en garde contre les idées reçues : « il n’y a plus beaucoup d’argent sur la politique de la ville, et ça ne date pas du gouvernement d’aujourd’hui ».

Emmanuel Macron s’était engagé à recevoir les élus pour dialoguer sur le dossier avant d’annoncer ses propositions. Jean-Philippe Acensi considère que le climat est propice à la discussion et qu’il y a une bonne énergie autour du projet. « Notre motivation profonde, c’est d’aider la jeunesse et de faire en sorte que ces quartiers s’en sortent » rappelle-t-il avant d’ajouter : « On n’est pas en opposition au gouvernement, on est pour recréer une grande famille. Notre opposition, c’est contre cette misère sociale ».

« On attend du Président de la République un grand projet » conclut-il.

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