Les sénateurs adoptent l’assouplissement des règles de l’apprentissage
Dans le cadre de l’examen du projet de loi « avenir professionnel », la majorité sénatoriale de droite a soutenu le gouvernement pour repousser l’âge limite de l’apprentissage à 29 ans et pour permettre à un apprenti mineur de travailler jusqu’à 40 heures par semaine et 10 heures par jour dans certains secteurs.

Les sénateurs adoptent l’assouplissement des règles de l’apprentissage

Dans le cadre de l’examen du projet de loi « avenir professionnel », la majorité sénatoriale de droite a soutenu le gouvernement pour repousser l’âge limite de l’apprentissage à 29 ans et pour permettre à un apprenti mineur de travailler jusqu’à 40 heures par semaine et 10 heures par jour dans certains secteurs.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Le gouvernement compte assouplir les règles de l’apprentissage. Et le Sénat aussi. Dans le cadre du projet de loi sur l’avenir professionnel, la majorité sénatoriale LR-UDI a adopté les articles qui visent à encourager l’apprentissage, notamment en rapprochant le statut des apprentis du contrat de travail de droit commun.

Macron : « L’apprentissage et l’alternance seront cet accélérateur de mobilité sociale »

Devant le Parlement réuni en Congrès, lundi 9 juillet, à Versailles, Emmanuel Macron en a fait un objectif fort : « Nous devons faire de cette réforme un défi collectif de la Nation pour les années qui viennent » a lancé le chef de l’Etat, « l’apprentissage et l’alternance seront cet accélérateur de mobilité sociale dont nous avons besoin ».

Le projet de loi prévoit de repousser l’âge limite de 26 à 29 ans révolu pour l’apprentissage. Le temps de travail sera assoupli pour les apprentis mineurs. Dans certains secteurs, ils pourront travailler jusqu’à 40 heures par semaine et 10 heures par jour. Le gouvernement prévoit de mieux payer les apprentis de 16 à 20 ans (715 euros contre 685 euros). Au-delà de 26 ans, ils seront payés au Smic. Les majeurs pourront bénéficier d’une aide de 500 euros pour passer le permis de conduire. En cas de rupture du contrat, l’intervention du conseil des prud’hommes ne sera plus obligatoire.

« Mesures de simplification »

Des dispositions bien accueillies par le sénateur LR du Rhône, Michel Forissier, corapporteur du texte. « Je me félicite que ces mesures de simplification reprennent en grande partie celles que nous avions proposées en février 2016 dans la proposition de loi visant à développer l’apprentissage », dont il était co-auteur, a salué le rapporteur lors de l’examen en commission.

Les sénateurs ont adopté un amendement visant à retirer le critère d’âge pour le calcul de la rémunération de l’apprenti afin que la rémunération ne dépende plus que de l’avancement de l’apprenti dans son cycle de formation. Ils ont aussi assoupli le recours à l’apprentissage aux mineurs de moins de 16 ans dans les secteurs de la restauration, de l’hôtellerie ou des débits de boissons.

« Embauche d’apprentis adultes à moindre coût »

La gauche a tenté de s’opposer à cette réforme de l’apprentissage, mais sans convaincre la majorité. « Nous nous opposons à allongement de l’âge légal requis pour l’apprentissage » a affirmé Corinne Féret, sénatrice PS Calvados, qui pourrait mener à « l’embauche d’apprentis adultes à moindre coût ». Les socialistes dénoncent aussi une « dérégulation du droit travail de l’apprentissage au profit des besoins locaux des entreprises ». Regardez :

Corinne Féret, sénatrice PS, dénonce une « dérégulation du droit travail de l’apprentissage"
00:13

Les sénateurs communistes ont défendu des amendements pour repousser l’âge d’entrée en apprentissage à 16 ans, pour limiter la journée à 6h30 et réduire le temps de travail à 32 heures. Le rapporteur s’y est opposé, soulignant que l’extension du temps de travail des apprentis pouvait être utile aux secteurs de l’artisanat, de l’hôtellerie ou de la restauration.

Partager cet article

Dans la même thématique

Déclaration de politique générale et avenir de la Nouvelle Calédonie en séance au Sénat ce 15 octobre
8min

Politique

« Ça fait 135 ans qu’on résiste ! » : pour les sénatoriales, le groupe RDSE vise « la stabilité, voire gagner un petit peu »

Plus vieux groupe de l’histoire du Parlement, le RDSE voit la moitié de ses 16 sièges remis en jeu lors du scrutin de septembre. Mais sa présidente, la sénatrice PRG Maryse Carrère, est confiante. Fort de « ce poids de l’histoire », le groupe, qui mêle radicaux de gauche et de droite, espère la stabilité voire quelques bonnes surprises.

Le

Marseille: Ilustration of a lawyer and judge
5min

Politique

Affaire Lyhanna : face aux critiques des politiques, avocats et magistrats élargissent la thématique de la journée « Justice morte » au manque de moyens

Le pré-rapport de l'inspection générale de la justice et de la gendarmerie sur les failles dans une enquête pour viols visant Jérôme Barella, le principal suspect du meurtre de la jeune Lyhanna, a conduit à une première sanction visant une magistrate d'Auch. Alors que se prépare « une journée Justice morte » lundi 29 juin, le président du Sénat, Gérard Larcher, s'est dit « choqué » par une « réponse » de l'institution judiciaire qu'il juge « corporatiste ». Cette journée n'avait pourtant, à l'origine, rien à voir avec l'affaire Lyhanna.

Le

Info Public Sénat. Face à la fronde, le projet de loi « État local » est retiré de l’ordre du jour du Sénat
5min

Politique

[Info Public Sénat] Face à la fronde, le projet de loi « État local » est retiré de l’ordre du jour du Sénat

Selon nos informations, le gouvernement va retirer le projet de loi « État local » de l’ordre du jour du Sénat. Ces dernières heures, plusieurs groupes du Sénat et les élus locaux, dont l’influente association des maires de France (AMF), dénonçaient les dispositions recentralisatrices de ce texte. Par ricochet, le gouvernement avance l’examen du projet de loi logement.

Le

Elections Municipales depouillement bureau de vote a Nice
8min

Politique

Explosion des micro-partis, formations dans le rouge, aides publiques et surprises… Ce que révèle le rapport de la commission des comptes de campagne

Le rapport 2025 de la CNCCFP, qui porte sur l’année 2024, montre une inflation du nombre de partis, avec 635 mouvements recensés, en vue des municipales et de la présidentielle. Le total des aides publiques s’élève à 66 millions d’euros cette année-là. Le niveau de richesse d’un parti à l’autre varie, avec quelques surprises…

Le