Listes communautaristes: « il faudra toucher à la Constitution », estime Xavier Bertrand
Le président (ex-LR) de la région Hauts-de-France Xavier Bertrand, reçu mardi à Beauvau pour présenter ses pistes de lutte contre...

Listes communautaristes: « il faudra toucher à la Constitution », estime Xavier Bertrand

Le président (ex-LR) de la région Hauts-de-France Xavier Bertrand, reçu mardi à Beauvau pour présenter ses pistes de lutte contre...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Le président (ex-LR) de la région Hauts-de-France Xavier Bertrand, reçu mardi à Beauvau pour présenter ses pistes de lutte contre les listes communautaristes, a estimé qu'il faudrait sans doute "toucher à la Constitution" en matière de laïcité.

"Je pense qu'il faudra le moment venu toucher à la Constitution" parce que lors de son adoption "en 1958 la laïcité n'avait pas la même importance qu'aujourd'hui", a affirmé à l'issue de l'entretien M. Bertrand, pour qui il faut notamment "détailler ce qu'il y a dans l'égalité hommes-femmes".

Lors de cet entretien le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau, qui a déposé vendredi une proposition de loi pour lutter contre les listes communautaristes, a proposé que "l’article 2 de la Constitution soit modifié pour donner au principe de laïcité une portée plus effective", selon un communiqué.

L'article 2 précise que "la devise de la République est: Liberté, Égalité, Fraternité".

MM. Bertrand et Retailleau étaient reçus par le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, son secrétaire d'Etat Laurent Nunez et la ministre de la Justice Nicole Belloubet.

Tous "ont partagé le diagnostic d'un détournement de l'islam par certains à des fins politiques", dont les listes communautaristes sont "l'une des manifestations" même si "elles seront vraisemblablement peu nombreuses", a-t-on indiqué à Beauvau, en précisant que le gouvernement entendait "mener une politique globale de lutte contre l'islamisme et le repli communautaire".

L'exécutif n'envisage pas d'interdire les listes communautaires aux élections municipales de mars 2020, avait indiqué fin octobre l'entourage du Premier ministre Édouard Philippe à l'AFP.

"Nous ne reculerons pas" sur la laïcité, a affirmé mardi M. Philippe en défendant "toute la loi, rien que la loi", avec "un principe de liberté pour les citoyens" et "de neutralité pour les agents publics".

Mais pour M. Retailleau "il faut que le législateur ait le courage de tracer des frontières" en matière "d'interdiction du financement" et "de candidatures de listes communautaristes", alors que les préfets ont aujourd'hui "très peu de moyens".

"La loi est indispensable", a abondé M. Bertrand, qui a réfuté le caractère "anecdotique" des listes communautaristes, même si l'Union des démocrates musulmans français (UDMF) n'a fait que 29.000 voix aux européennes en mai.

"On attend quoi, qu'il y en ait 290.000? Qu'il y en ait 2,9 millions? (...) Derrière, ce ne sont pas des naïfs qu'on a face à nous, c'est l'islam politique", a-t-il affirmé.

Il appelé les partis à "un engagement supplémentaire" pour "n'accueillir sur leurs listes aucun candidat qui serait sur ce séparatisme, sur ce communautarisme".

Le N.2 des Républicains, Guillaume Peltier, a proposé sur CNews une "charte de la laïcité" soumise à "l'ensemble des formations politiques" et "toute liste qui refuserait de s'engager serait déclarée inéligible".

La droite a récemment lancé une offensive sur les thèmes liés à la laïcité, le président des LR Christian Jacob demandant le 5 novembre une commission à l'instar de la commission Stasi mise en place en 2003, qui avait débouché sur la loi interdisant le voile à l'école.

Partager cet article

Dans la même thématique

FRA – BOOK – CONSENTEMENT
2min

Politique

Crise chez Grasset : la sénatrice Sylvie Robert (PS) propose de créer une clause de conscience pour les auteurs

Alors que plus de 150 écrivains annoncent quitter la maison d’édition Grasset pour protester contre le renvoi du PDG Olivier Nora, la sénatrice socialiste Sylvie Robert propose une « loi d’urgence » pour « protéger les auteurs ». Le but : permettre aux auteurs d’activer une clause de conscience en cas de changement radical de la ligne éditoriale de leur éditeur.

Le

FRA – ELECTIONS MUNICIPALES – LR RETAILLEAU
10min

Politique

« Il faut qu’il abatte son jeu et rentre sur le terrain » : Bruno Retailleau pourrait être candidat officiel des LR pour 2027 dès dimanche

Les militants LR sont appelés à choisir le mode de désignation de leur candidat ce week-end. Mais entre primaire fermée, primaire semi-ouverte et président du parti propulsé candidat, c’est la troisième option qui tient la corde. De quoi permettre au président des LR de lancer le second étage de la fusée et dévoiler son programme « de rupture ». Un meeting est en préparation avant l’été. Il pourrait se faire au Parc floral de Paris, le 20 juin.

Le

Listes communautaristes: « il faudra toucher à la Constitution », estime Xavier Bertrand
4min

Politique

Loi-cadre sur les transports : « Nous allons donner des moyens supplémentaires pour investir dans les transports », promet le ministre Philippe Tabarot

Alors que le projet de loi-cadre sur les transports est examiné en séance au Sénat, Philippe Tabarot a égrené les grandes lignes de « son » texte, jeudi 16 avril, au micro de Public Sénat. Le ministre des transports veut assurer la pérennité des financements du secteur, notamment via les recettes des péages autoroutiers et un nouveau contrat avec SNCF Réseau.

Le

Marine Le Pen and Jordan Bardella Hold Campaign Rally in Chalons-en-Champagne
6min

Politique

Présidentielle : « Une inclinaison libérale plus prononcée au RN, incarnée par Jordan Bardella, ne sera pas forcément de nature à rebuter son électorat »

Jeudi et vendredi, les cadres du RN se retrouvent dans un lieu secret pour « un séminaire présidentiel ». Le parti, qui est toujours suspendu à la décision de la Cour d’appel sur l’inéligibilité de Marine Le Pen, n’est pas encore tout à fait en ordre de marche. Au fil des mois, Jordan Bardella semble s’éloigner de la ligne souverainiste et étatiste prônée lors des précédentes campagnes présidentielles. Faut-il y voir un antagonisme ou une manière d'accéder à un dernier territoire de conquête électorale ?

Le