Loi agriculture: un texte « timide » malgré des « avancées », selon Delphine Batho
L'ancienne ministre de l'Ecologie Delphine Batho a reconnu "un certain nombre d'avancées" dans le projet de loi sur l'agriculture...

Loi agriculture: un texte « timide » malgré des « avancées », selon Delphine Batho

L'ancienne ministre de l'Ecologie Delphine Batho a reconnu "un certain nombre d'avancées" dans le projet de loi sur l'agriculture...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

L'ancienne ministre de l'Ecologie Delphine Batho a reconnu "un certain nombre d'avancées" dans le projet de loi sur l'agriculture et l'alimentation malgré tout trop "timide" selon elle, en particulier sur la question des pesticides, dont le glyphosate.

"Le texte qu'on a aujourd'hui a un certain nombre d'avancées (...) mais il est timide sur cette transformation de notre modèle agricole (...) en particulier sur les pesticides", a jugé sur LCP la députée des Deux-Sèvres (non-inscrite), revenant notamment sur une annonce d'Emmanuel Macron.

Le président de la République avait affirmé le 27 novembre que le glyphosate serait interdit en France "au plus tard dans trois ans", malgré un vote européen autorisant l'herbicide pour cinq ans de plus.

"Pour l'instant, ça ne s'est traduit par rien. Il n'y a pas un arrêté, pas une circulaire, et même dans le plan gouvernemental sur les pesticides, il n'y a pas une ligne sur la sortie glyphosate. Ca, c'est se moquer du monde", a-t-elle dénoncé.

"Il y a un enjeu de santé publique très lourd, le glyphosate est classé comme cancérogène, et c'est un herbicide massivement utilisé en France", a souligné l'élue, ex-PS, rappelant que "les premiers dont la santé est concernée ce sont les agricultrices et les agriculteurs".

La députée est revenue sur la polémique entourant son amendement qui propose la suppression du glyphosate, et qui a selon elle été transmis à l'UIPP, fédération réunissant des producteurs de pesticides comme Monsanto ou Bayer, "plus de 90 heures" avant les députés.

Jeudi, le président de l'Assemblée nationale François de Rugy a indiqué qu'une enquête "n'a pas permis de déterminer d'où venait la fuite".

"J'ai reçu hier soir (jeudi) une réponse de François de Rugy (...) qui m'informe qu'il y a une pratique qui consiste à ce que les liasses d'amendements soient transmises avant même le délai de clôture de dépôt des amendements (...) au gouvernement et que c'est manifestement là, m'écrit-il, qu'il y a un risque de fuite", a cependant affirmé Mme Batho.

Dans un communiqué, le groupe Bayer "réfute fermement les accusations" et "réaffirme n’avoir eu connaissance de l’amendement évoqué par Mme Batho qu'une fois celui-ci rendu public".

Bayer "suit les évolutions législatives et réglementaires qui encadrent son secteur et dialogue régulièrement avec les pouvoirs publics et les élus", mais ces échanges "sont réalisés dans le strict respect des lois qui encadrent ces pratiques", affirme le groupe.

Partager cet article

Dans la même thématique

Loi agriculture: un texte « timide » malgré des « avancées », selon Delphine Batho
4min

Politique

Fin de vie : le Sénat vote un texte vidé de sa substance, la gauche dénonce un « sabotage » de la droite

Dans la nuit, le Sénat a adopté la proposition de loi relative à l’aide à mourir mais en supprimant les deux articles phares, le principe de l’assistance à mourir et ses modalités, rendant le texte inopérant. La majorité sénatoriale s’est divisée sur la version rédigée par la commission des affaires sociales qui préconisait une version de compromis. Le patron de LR, Bruno Retailleau avait indiqué qu’il rejetterait le texte quelle que soit sa rédaction.

Le

Loi agriculture: un texte « timide » malgré des « avancées », selon Delphine Batho
3min

Politique

Fin de vie : le Sénat vote le principe « du droit opposable au soulagement » 

Le Sénat a voté en faveur « d’un droit opposable au soulagement » lors de l’examen de la proposition de loi relative à l’aide à mourir. Après avoir rejeté l’article qui fixait les conditions, le Sénat est donc également revenu sur le principe de « l’assistance médicale à mourir », défendue par la commission des affaires sociales ». 

Le

Loi agriculture: un texte « timide » malgré des « avancées », selon Delphine Batho
4min

Politique

Fin de vie : le Sénat, divisé, vide le texte de sa substance en rejetant l’article phare sur « l’aide à mourir »

Coup de théâtre, mercredi les sénateurs ont rejeté l’article 4, le cœur de la proposition de loi relative à l’aide à mourir. La commission des affaires sociales avait considérablement réduit la portée du texte en remplaçant un « droit à l’aide à mourir » par « une assistance médicale à mourir », pour les malades dont le pronostic vital » est engagé à très court terme. La majorité sénatoriale divisée n’est pas parvenue à s’entendre sur cette version.

Le

Paris: Questions au gouvernement Senat
4min

Politique

Budget : quand Sébastien Lecornu zappe les sénateurs dans sa lettre aux parlementaires…

Suite aux recours au 49.3 par le premier ministre pour faire adopter le budget, Sébastien Lecornu a écrit aux parlementaires pour expliquer les principales mesures de ce budget de compromis. Une lettre envoyée aux seuls députés en réalité. Les sénateurs, eux, ne l’ont pas reçue. Ils devront attendre le retour du texte à la Haute assemblée pour que le premier ministre leur écrive.

Le