Loi anticasseurs : « Pas de nouvelle délibération » au Parlement sur l’article 3
C’était une demande de la droite après la censure partielle du Conseil Constitutionnel et Marc Fesneau s’y est opposé ce matin. Il n’y aura pas de deuxième délibération au Parlement sur l’article 3 de la loi anticasseurs qui donnait à l'autorité administrative le pouvoir d'interdire de manifestation.

Loi anticasseurs : « Pas de nouvelle délibération » au Parlement sur l’article 3

C’était une demande de la droite après la censure partielle du Conseil Constitutionnel et Marc Fesneau s’y est opposé ce matin. Il n’y aura pas de deuxième délibération au Parlement sur l’article 3 de la loi anticasseurs qui donnait à l'autorité administrative le pouvoir d'interdire de manifestation.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

L’article 3 de la loi anticasseurs avait posé problème au Conseil Constitutionnel. Dans sa décision, jeudi dernier, les Sages de la rue Montpensier avaient censuré cette disposition qui donnait aux préfets le pouvoir d'interdire de manifestation toute personne présentant une « menace d'une particulière gravité pour l'ordre public » pendant une durée d’un mois maximum et sur tout le territoire national. Après son passage à l’Assemblée nationale, l’article 3 voté conforme en deuxième lecture par le Sénat, n’imposait pas « que le comportement en cause présente nécessairement un lien avec les atteintes graves à l'intégrité physique ou les dommages importants aux biens ayant eu lieu à l'occasion de cette manifestation ». Tout comportement, quelle que soit son ancienneté, pouvait alors « justifier le prononcé d'une interdiction de manifester » note le Conseil dans sa décision.

La droite demandait à Emmanuel Macron d’utiliser l’article 10 de la Constitution

L’article 10 de la Constitution laissait néanmoins au chef de l’État une possibilité de rectifier le tir en lui permettant de « demander au Parlement une nouvelle délibération de la loi ou de certains de ses articles ». C’est d’ailleurs ce que demandaient à Emmanuel Macron les présidents des groupes parlementaires LR des deux Assemblées, Christian Jacob et Bruno Retailleau (voir notre article). « Il serait souhaitable que l’aspect préventif du texte ne soit pas oublié (…) C’est la raison pour laquelle je demande au Président de la République, comme l’article 10 de la Constitution le lui permet, de demander au Parlement un réexamen de l’article censuré » exposait Bruno Retailleau dans un communiqué vendredi, en relevant que le Conseil Constitutionnel n’avait pas formulé une opposition de principe sur l’interdiction de manifester.

Marc Fesneau : « Il n’y a pas de deuxième délibération sur la table »

Invité de la matinale de Public Sénat, le ministre en charge des relations avec le Parlement, Marc Fesneau a mis fin à cette possibilité d’une réécriture de l’article 3. « Il n’y a pas de deuxième délibération sur la table. On va promulguer la loi et on verra ses modalités d’application ».

« La volonté d’équilibre chez ce gouvernement conduit à l’indécision »

Contacté par publicsenat.fr, le sénateur LR de la commission des lois, François Grosdidier trouve « dommage » ce refus d’une seconde délibération de l’article 3. « D’autant que le Conseil Constitutionnel nous donne quasiment le mode d’emploi pour une nouvelle rédaction, qui d’ailleurs était très proche de celle du Sénat (voir notre article) » remarque-t-il. « La volonté d’équilibre chez ce gouvernement conduit à l’indécision. Les sénateurs LREM ont été plus loin que nous sur l’article 3 et avant même la fin des débats, le président de la République a saisi le Conseil Constitutionnel » ajoute-il.

 

Partager cet article

Dans la même thématique

Loi anticasseurs : « Pas de nouvelle délibération » au Parlement sur l’article 3
3min

Politique

Crise énergétique : Sébastien Lecornu annonce l’interdiction des chaudières à gaz dans les logements neufs

Quelques jours après le cessez-le-feu entre les Etats-Unis et l’Iran, Sébastien Lecornu a annoncé, ce vendredi, une série de mesures destinées à tirer les leçons » de la crise énergétique. Afin de dépendre moins des énergies fossiles, l’installation de chauffages au gaz serait interdite « dès la fin de cette année » dans les constructions neuves. Le gouvernement va aussi doubler son soutien à l’électrification des usages de 5,5 milliards à 10 milliards d’euros par an d’ici 2030.

Le

Philippe TABAROT visite du technicentre SNCF
6min

Politique

Sénatoriales : candidat dans les Bouches-du-Rhône, Renaud Muselier entend faire une liste commune avec LR

Le président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, parti chez Renaissance en 2022, a annoncé par surprise sa candidature aux sénatoriales de septembre prochain, entendant jouer un rôle au plan national, pour la présidentielle. Il veut mener une liste d’union avec la droite. Du côté de la sénatrice LR sortante, Valérie Boyer, on confirme que les discussions sont engagées.

Le

Hungary US Vance
7min

Politique

Elections en Hongrie : « Orban est comblement bousculé dans cette campagne »

Dimanche, les élections législatives en Hongrie s’annoncent à haut risque pour Viktor Orban. Le Premier ministre nationaliste, proche du Kremlin, est distancé dans les sondages par son principal opposant, Péter Magyar. L’eurodéputé a choisi de mener une campagne de terrain sur des thèmes de politique intérieure, en mettant en exergue les dérives du régime en place depuis 16 ans.

Le

illustration: petite Mairie et son drapeau francais.
3min

Politique

Une tribune signée Cécile Duflot, Laurence Rossignol, Sandrine Rousseau et Christine Taubira appelle les femmes à « prendre le pouvoir » dans les intercommunalités

Avec seulement 12 % de femmes à la tête d’une intercommunalité, ces dernières restent exclues de ces postes clefs, en dépit de la parité. Une tribune, signée par Cécile Duflot, Laurence Rossignol, Sandrine Rousseau et Christiane Taubira, dénonce la situation et appelle à changer la donne.

Le