Loi asile-immigration : Collomb défend un texte «totalement équilibré» qui «s’aligne sur le droit européen»

Loi asile-immigration : Collomb défend un texte «totalement équilibré» qui «s’aligne sur le droit européen»

Le projet de loi sur l’asile et l’immigration présenté mercredi en Conseil des ministres est un texte « totalement équilibré » qui « s’aligne sur le droit européen », a assuré Gérard Collomb en défendant les principales mesures de ce texte contesté. Sur le doublement prévu à 90 jours de la durée maximale de rétention, l’un des points les […]
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Le projet de loi sur l'asile et l'immigration présenté mercredi en Conseil des ministres est un texte "totalement équilibré" qui "s'aligne sur le droit européen", a assuré Gérard Collomb en défendant les principales mesures de ce texte contesté.

Sur le doublement prévu à 90 jours de la durée maximale de rétention, l'un des points les plus sensibles, le ministre de l'Intérieur a estimé que "nous ne sommes pas exorbitants" par rapport au droit commun européen et que le gouvernement ne fait que suivre la directive fixée par l'Union européenne, qui permet de définir une durée "entre 6 mois et 18 mois".

La loi vise "trois objectifs", a assuré M. Collomb: "renforcer la protection" d'un certain nombre de personnes vulnérables, "mieux adapter notre droit aux réalités opérationnelles" et "faire converger nos procédures" avec les pratiques européennes.

"Il est totalement nécessaire qu'entre des pays comme l'Allemagne, la France, l'Italie nous ayons le même type de procédures" car sinon le demandeur "regarde où la procédure est la plus facile" pour obtenir l'asile "et c'est chez vous que tout le monde se dirige", a affirmé le ministre de l'Intérieur.

"L'Allemagne, après avoir beaucoup accueilli, a débouté 500.000 personnes en trois ans qui cherchent à venir en France", a-t-il fait valoir.

"Si on ne prend pas en compte cette problématique, on ne pourra plus garantir demain le droit d'asile en France" tandis que les gens qui arrivent "vous ne saurez pas les accueillir et elles finiront leur vie marginalisée dans des quartiers en grande difficulté", a argumenté Gérard Collomb.

Le texte vise notamment à "réduire à six mois les délais d'examen de la demande d'asile", ce qui permet aux personnes admises "de s'insérer le plus tôt possible" dans la société sans que les déboutés aient "perdu (leurs) racines familiales, le contact avec le pays", a-t-il expliqué.

Pour atteindre ce but, la réduction prévue à 15 jours (contre un mois) des délais de recours, elle aussi très critiquée au motif qu'il s'agit d'une limitation des droits, est à "comparer" avec les pratiques européennes puisque "neuf Etats membres de l'UE ont un délai compris entre huit et 15 jours" dont l'Allemagne et les Pays-Bas.

Même chose pour l'aménagement des recours, qui ne seraient plus automatiquement suspensifs (certains déboutés pourraient être renvoyés avant d'avoir le résultat de leur appel): "neuf autre Etats membres ont cette pratique", a fait valoir M. Collomb.

Pour l'hébergement aussi, la France veut imiter l'Allemagne avec des dispositifs permettant d'orienter les demandeurs d'asile vers chaque région et "ne pas concentrer" sur l'Ile-de-France notamment.

M. Collomb a également défendu l'allongement de la retenue administrative et les mesures facilitant la prise d'empreintes car "cela permet de vérifier rapidement si la personne est un réfugié ou si elle peut être envoyée dans son pays".

M. Collomb a par ailleurs annoncé qu'il se rendait du 15 au 17 mars à une réunion du G5 Sahel prévue au Niger.

Partager cet article

Dans la même thématique

Heat Wave in the North
5min

Politique

La justice ordonne le démantèlement de « mégabassines » en Charente-Maritime : les agriculteurs condamnés invoquent la loi d’urgence agricole et font appel

Neuf agriculteurs ont été condamnés par la justice, jeudi 23 juillet, à démanteler quatre retenues d’eau qu’ils utilisent illégalement depuis dix-sept ans. Ils ont annoncé faire appel et se fondent sur le prétendu « décalage » entre cette décision et la loi d’urgence agricole tout juste adoptée, très favorable au développement de ces « bassines ».

Le

PARIS, Conseil constitutionnel, Constitutional Council, Palais Royal
7min

Politique

Le Conseil constitutionnel est-il devenu un arbitre sursollicité ?

Longtemps perçu comme le gardien discret de la Constitution, le Conseil constitutionnel s’impose aujourd’hui comme l’un des acteurs incontournables de la vie politique. Jamais autant saisi sur les lois votées par le Parlement depuis une quinzaine d’années, il est devenu le passage obligé des textes les plus sensibles. Loin d'un dysfonctionnement, cette hyper-activité traduit les nouvelles dynamiques du pouvoir sous l'ère de la « majorité relative ».

Le

France Wildfires
2min

Politique

La France a demandé l’activation du mécanisme de protection civile de l’UE : en quoi consiste ce dispositif ?

Face à la multiplication des feux en France, en particulier en Gironde et dans les Landes, le président de la République Emmanuel Macron a demandé l’activation du mécanisme de protection civile européen hier soir. Déjà utilisé par le passé à Mayotte ou en Ukraine, ce dispositif permet « de proposer une réponse d’urgence » face aux incendies sur le sol européen.

Le

France Extreme Weather Heat
3min

Politique

Incendie au Cap-Ferret : 10 000 hectares parcourus, 80 maisons brûlées et 40 000 personnes évacuées, « le feu continue de progresser », annonce Laurent Nuñez

Le ministre de l’Intérieur a fait un point de situation, ce vendredi matin, sur « le plus feu gros de la saison » qui menace dangereusement le Cap-Ferret, en Gironde. « Le feu n’est pas maitrisé et continue de progresser », alerte Laurent Nuñez. Au total, 50 000 hectares ont brûlé depuis le début de l’année, « quasiment trois fois » plus que l’an dernier.

Le