Loi sur la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme : « Une occasion manquée », s’insurge Marc-Philippe Daubresse
Hasard du calendrier parlementaire, alors que la lutte contre l’islamisme radical est au cœur de l’actualité suite à l’assassinat de Samuel Paty, ce jeudi matin, députés et sénateurs se réunissaient pour discuter de la loi sur la Sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme, la loi SILT. Mais la commission mixte paritaire a échoué. L’Assemblée nationale a refusé les dispositions que les sénateurs souhaitaient pérenniser. 

Loi sur la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme : « Une occasion manquée », s’insurge Marc-Philippe Daubresse

Hasard du calendrier parlementaire, alors que la lutte contre l’islamisme radical est au cœur de l’actualité suite à l’assassinat de Samuel Paty, ce jeudi matin, députés et sénateurs se réunissaient pour discuter de la loi sur la Sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme, la loi SILT. Mais la commission mixte paritaire a échoué. L’Assemblée nationale a refusé les dispositions que les sénateurs souhaitaient pérenniser. 
Public Sénat

Par Fanny Conquy

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Lorsque l’état d’urgence prévu suite aux attentats de 2015 a pris fin, les parlementaires ont voté une loi, le 30 octobre 2017, pour renforcer la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme. La loi dite «  loi SILT » introduisait dans le droit commun diverses mesures à titre temporaire, jusqu’au 31 décembre 2020.

Des mesures qui concernaient notamment :

  • La mise en place de périmètres de protection, afin d'assurer la sécurité d'un lieu ou d'un évènement exposé à un risque d'actes de terrorisme.
  • La fermeture administrative des lieux de culte pour apologie ou provocation au terrorisme ;
  • Des mesures individuelles de contrôle administratif et de surveillance à l'égard des personnes dont le « comportement constitue une menace d'une particulière gravité pour la sécurité et l'ordre publics ».
  •  Des visites domiciliaires et saisies « lorsqu'il existe des raisons de penser qu'un lieu est fréquenté par une personne dont le comportement constitue une menace d'une particulière gravité pour la sécurité et l'ordre publics »

 Alors qu’approche l’échéance du 31 décembre 2020, deux options sont possibles : prolonger ces mesures pour quelques mois, ou bien les pérenniser.

Une occasion manquée

La mission de contrôle et de suivi de la loi SILT au Sénat a mené de nombreuses auditions et rendu plusieurs rapports.  Pour Marc-Philippe Daubresse, rapporteur de cette mission de contrôle et de suivi, les conclusions sont unanimes : ces mesures sont efficaces pour agir plus vite et plus fort contre le fondamentalisme islamiste.

Marc-Philippe Daubresse et le groupe Les Républicains du Sénat souhaitaient donc pérenniser définitivement ces mesures et même durcir certains outils de la loi. Des outils qu’ils estimaient nécessaires pour agir plus efficacement et plus rapidement contre les individus suspectés de terrorisme.

 « On avait l’occasion d’agir et donner un dispositif supplémentaire pour aller au-delà des lieux de culte, qu’on puisse viser la fermeture de lieux de prosélytisme radical : salles de sport, librairies religieuses où il y a des prêches, on se prive d’outils juridiques. Il fallait agir tout de suite ! le véhicule juridique était prévu dans le calendrier parlementaire :  occasion manquée totale ! » dénonce Marc-Philippe Daubresse

Mais ce matin, la commission mixte paritaire qui réunit députés et sénateurs, n’est pas parvenue à un accord, les députés refusant pour l’heure de pérenniser ces mesures.

Dans le contexte actuel où le gouvernement dit vouloir aller vite et fort face à l’islamisme radical, Marc-Philippe Daubresse fait part de son incompréhension : « Il est parfaitement incompréhensible, face à la menace que constitue l’islam radical, que le gouvernement et sa majorité refusent les propositions du Sénat. »

Et le sénateur d’ajouter : « A l’Assemblée nationale, j’en viens, la commission mixte paritaire, ils disent qu’ils sont d’accord sur le fond mais qu’ils n’ont pas eu le temps de travailler ces mesures et qu’il faut prendre du temps. Il y a un décalage entre les actes et les paroles ! J’ai bien entendu ce qu’a dit le Président sur l’islamisme radical, j’ai bien entendu ce qu’a dit le ministre de l’intérieur au Sénat… il faut y aller, ne pas relâcher la pression. On va perdre un mois et demi ! la CMP a échoué, on est repartis jusqu’au 15 décembre pour examiner une solution éventuelle »

La lutte contre le terrorisme : "Il y a un décalage entre les actes et les paroles"
00:46

Après l’échec de la commission mixte paritaire, le texte devra donc revenir dans l’hémicycle en décembre. « Un mois et demi de perdu » selon Marc-Philippe Daubresse, qui rappelle les délais : « La loi arrive à échéance au 31 décembre, si le Parlement ne fait rien, elle s’autodétruit, donc bien sûr il faut revoter des mesures. »

Partager cet article

Dans la même thématique

« On est déjà dans le vide, sans parachute » : la grande inquiétude de la majorité sénatoriale sur le budget 2027
7min

Politique

« On est déjà dans le vide, sans parachute » : la grande inquiétude de la majorité sénatoriale sur le budget 2027

Les groupes engagés dans l’ancien socle commun attendent que le gouvernement sorte du bois, s’agissant des pistes pour les prochains textes budgétaires. Cette année, ils n’ont pas adressé de propositions précises au gouvernement mais des grandes orientations, laissant à Matignon le point de départ des discussions. Alors que l’équation budgétaire se complique avec le ralentissement de la croissance, les rapporteurs généraux craignent le pire dans les prochains mois.

Le

Illustration in India.
2min

Politique

Cabinet de conseils : le parquet national financier annonce une saisie de 65 millions d’euros dans l’enquête pour fraude fiscale autour de McKinsey

Le parquet national financier a annoncé vendredi la saisie, avec la justice belge, d’une somme de 65 millions d’euros dans le cadre de l’enquête pour blanchiment aggravé de fraude fiscale autour du cabinet de conseil McKinsey. L’enquête avait été ouverte en mars 2022 dans le prolongement de la commission d’enquête du Sénat sur l’influence des cabinets de conseil privés sur les politiques publiques depuis l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron en 2017.

Le

FRA – GARCHES – HOPITAL RAYMOND-POINCARRE – PMR
6min

Politique

Fauteuils roulants, prestations sociales, école inclusive, accessibilité : quel est le bilan d’Emmanuel Macron en matière de handicap ?

Après deux quinquennats, la situation pour les personnes handicapées est mitigée. Des progrès sont là, avec le remboursement des fauteuils roulants, une hausse des aides sociales ou une présence accrue des élèves en situation de handicap à l’école. Mais les difficultés d’emploi, le manque de places dans le secteur médico-social ou des problèmes d’accessibilité rendent encore la vie des personnes handicapées difficile.

Le

Drought severely weakens maize crops. A lack of rainfall and high temperatures cause water stress, which can slow plant growth and reduce yields. Faced with these weather conditions, farmers must adapt their practices and optimize water use to safeguard th
7min

Politique

Plan d'aide d'1 milliard pour les agriculteurs : « Le gouvernement doit sortir de la perpétuelle urgence », demande Guillaume Gontard

Après un été de canicules, d'incendies et de sécheresse exceptionnels, le gouvernement a annoncé vendredi plus d'1 milliard d'euros d'aides d'urgence pour soutenir une agriculture française durement éprouvée. Insuffisant pour les syndicats qui réclament au moins le double. Le président du groupe écologiste du Sénat, Guillaume Gontard, demande au gouvernement une réponse structurelle à une crise systémique qui passe par une réduction des émissions et l'adaptation au climat.

Le