Loustau (FN) fait condamner Mediapart pour lui avoir imputé un salut « fasciste »
Le frontiste Axel Loustau, proche de Marine Le Pen, a obtenu mardi la condamnation en diffamation du site d'information Mediapart...

Loustau (FN) fait condamner Mediapart pour lui avoir imputé un salut « fasciste »

Le frontiste Axel Loustau, proche de Marine Le Pen, a obtenu mardi la condamnation en diffamation du site d'information Mediapart...
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Le frontiste Axel Loustau, proche de Marine Le Pen, a obtenu mardi la condamnation en diffamation du site d'information Mediapart, qui avait diffusé deux photos de lui bras tendu et main levée en affirmant qu'il s'agissait d'un salut "fasciste".

Le tribunal correctionnel de Paris a condamné le directeur de la publication de Mediapart, Edwy Plenel, à 500 euros d'amende, et la journaliste Marine Turchi, auteur de l'article, à 500 euros avec sursis. Tous deux devront verser solidairement 1.000 euros de dommages et intérêts à M. Loustau et 2.000 euros pour les frais de justice.

Pour les juges, les éléments de preuve apportés par Mediapart "ne suffisent pas à prouver, avec certitude, qu'il s'agit d'un salut fasciste", et Marine Turchi "a manqué au devoir de prudence en affirmant sans nuance" que c'en était un.

Les deux photos litigieuses, qui datent de 2011, avaient été révélées par un documentaire de Canal+ diffusé le 24 novembre 2014 et reprises le même jour dans un long article de Mediapart intitulé "Le salut fasciste de l'argentier de Marine Le Pen".

On y voyait M. Loustau bras tendu, main levée, devant un gâteau d'anniversaire lors d'une soirée privée sur une péniche, à l'occasion de ses 40 ans.

Axel Loustau, conseiller régional FN d'Ile-de-France et trésorier de Jeanne, le micro-parti de Marine Le Pen, a toujours soutenu qu'il s'agissait là d'un salut amical. "Je salue mes invités", "j'ai 150 personnes et des bougies qui illuminent mon visage", avait-il décrit, "profondément révolté", lors du procès début septembre.

Ces photos "ont clairement les codes d'un salut fasciste, et j'aurais pu préciser nazi", avait rétorqué la journaliste Marine Turchi. "Le pouce replié bien fermement sur la main, les autres doigts collés, et surtout l'inclinaison", "le bras est bien à la verticale".

Pour le tribunal, cette "référence au +code+ gestuel nazi du pouce replié et de la main tendue (...) demeure de l'ordre de l'interprétation subjective", alors que "les autres éléments de la scène photographiée permettent tout autant de voir dans ce geste un salut de remerciement adressé à l'ensemble des convives, dépourvu de signification idéologique".

Les photos illustraient une enquête réalisée pendant plus de deux ans par Mediapart sur le cercle des "anciens" du Groupe union défense - Gud, le syndicat étudiant d'extrême droite - qui entoure Marine Le Pen, notamment Frédéric Chatillon et Axel Loustau - par ailleurs poursuivis dans l'enquête sur le financement des campagnes 2012 du FN.

"Mediapart regrette cette décision et en fait immédiatement appel", a indiqué à l'AFP l'avocat des journalistes, Me Emmanuel Tordjman. "Mediapart demandera à la cour d'appel de reconnaître la qualité de son travail et le fait qu'il pouvait publier cette information relevant à l'évidence de l'intérêt général", a-t-il ajouté.

"Je me félicite de cette décision de bon sens, Mediapart avait fait une interprétation absolument subjective", a réagi pour sa part l'avocat d'Axel Loustau, Me Frédéric Pichon.

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