LR : « Il n’y a pas de Wauquiez bashing au Sénat »
« Restaurer la crédibilité de la droite », c’est l’objectif que se fixe le patron des Républicains dans une interview donnée au journal Les Échos. Dans le même temps, dans une tribune, des élus LR appellent à arrêter le « Wauquiez bashing » dans les rangs du parti.

LR : « Il n’y a pas de Wauquiez bashing au Sénat »

« Restaurer la crédibilité de la droite », c’est l’objectif que se fixe le patron des Républicains dans une interview donnée au journal Les Échos. Dans le même temps, dans une tribune, des élus LR appellent à arrêter le « Wauquiez bashing » dans les rangs du parti.
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Dans une interview donnée au journal Les Échos mercredi, le président de LR fait son mea culpa. « J’ai fait des erreurs, j’ai parfois, par mes propos, prêté le flanc à des caricatures médiatiques et ça fait partie des choses qui doivent être corrigées (…) je dois restaurer petit à petit la crédibilité de la droite et sortir des ambiguïtés qui l’ont parfois pénalisée ».

Depuis un an qu’il a pris la tête du parti, Laurent Wauquiez n’est pas parvenu à s’imposer comme le chef incontesté de la droite républicaine. Dans un sondage Ipsos du 24 octobre dernier, les sympathisants de droite le placent loin derrière Nicolas Sarkozy et Alain Juppé, qui a pourtant quitté le parti, et se retrouve même derrière Marion Maréchal Le Pen. De l’année 2018, on retient également des bourdes qui ont prêté, selon lui, « le flanc aux caricatures médiatiques », comme un enregistrement « sans filtre » devant les étudiants d’une école de commerce de Lyon, ou encore, l’épisode du gilet jaune, que Laurent Wauquiez a assuré n’avoir jamais porté avant de le reconnaître quelques jours plus tard.

Le président des Républicains s’est également attiré les critiques de certains ténors de son parti, comme Christian Estrosi, au moment du limogeage de la numéro 2 des LR, Virginie Calmels.

22 élus prennent la défense de Laurent Wauquiez

Des critiques que ne veulent plus voir se reproduire en 2019, les jeunes membres de sa garde rapprochée. Dans les colonnes de l’Opinion, une vingtaine d’élus LR qui se présentent comme la « génération de la refondation » lancent une tribune « pour dire stop au Wauquiez bashing permanent ». « Nous n’acceptons plus ces opérations incessantes organisées par certains qui se disent de droite et sont même restés aux Républicains ».

Une tribune signée par seulement un sénateur LR, l’élu de l’Ardèche, Mathieu Darnaud, alors que Les Républicains sont pourtant majoritaires au Sénat. « On ne m’a pas proposé de la signer. J’en ai entendu parler dans la presse. Peut-être que je ne correspondais pas aux critères parce que j’ai remarqué qu’il n’y avait personne en dessous de 45 ans parmi les signataires » plaisante Roger Karoutchi. Plus sérieusement, le sénateur des Hauts-de-Seine, assure « Il n’y a pas de Wauquiez bashing au Sénat. Les critiques ouvertes à l’encontre de Laurent Wauquiez sont surtout du côté de certains élus locaux ou de députés. Franchement, c’est la vie normale d’un parti. J’ai connu Nicolas Sarkozy président du parti, Jean-François Copé… Des critiques, il y en a toujours eu » rappelle-t-il.

« Si ça se termine par un nouveau carnage dans les urnes, je me barre et puis c’est tout »

« À la Haute assemblée, la droite fonctionne en bonne intelligence. Mais quand nous avons remporté la victoire aux élections sénatoriales (septembre 2017 NDLR), il n’y a même pas eu de réception rue de Vaugirard. S’il n’y a pas de ligne claire pour les élections européennes. Si ça se termine par un nouveau carnage dans les urnes, je me barre et puis c’est tout. Prendre une personne qui ne fait pas de politique pour conduire la liste c’est courir à la catastrophe » s’inquiète un sénateur LR qui préfère garder l’anonymat. Le nom du professeur de philosophie, François Xavier Bellamy est effectivement évoqué pour conduire la liste LR. Une hypothèse qui ne ravit pas de nombreux cadres du parti, à commencer par le président du Sénat, Gérard Larcher.

Laurent Wauquiez veut « un big bang fiscal »

Par cette longue interview donnée aux Échos, Laurent Wauquiez lance-t-il une nouvelle étape dans sa stratégie de conquête de l’opinion ? Certains lui ont reproché d’être trop silencieux depuis un an. « Pendant le temps fort de la mobilisation des gilets jaunes, vous pouviez raconter tout ce que vous vouliez, vous étiez inaudible. Maintenant, on change de période, celle des solutions et je pense que Laurent Wauquiez va plus s’exprimer » veut croire Roger Karoutchi.

Une résolution de crise qui passe par un retour « à son origine à savoir le ras-le-bol fiscal » estime le patron de LR avant de préconiser « une suppression des taxes et une baisse d’impôts » mais aussi par « un plan d’économies de 20 milliards d’euros par an, via l’augmentation du temps de travail des fonctionnaires, une allocation sociale unique, l’alignement des régimes de retraite et la chasse aux doublons Etat-collectivités ».

 

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