Elle refuse toute "opposition pour l'opposition" envers Emmanuel Macron et semble déterminée à offrir à la droite une alternative à Laurent...
LR: pour Valérie Pécresse, la voie est « libre » face à Wauquiez
Elle refuse toute "opposition pour l'opposition" envers Emmanuel Macron et semble déterminée à offrir à la droite une alternative à Laurent...
Par Baptiste PACE
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Elle refuse toute "opposition pour l'opposition" envers Emmanuel Macron et semble déterminée à offrir à la droite une alternative à Laurent Wauquiez: Valérie Pécresse peaufine son dispositif à la tête de son mouvement "Libres!", "écurie présidentielle" pour ses soutiens, "parti dans le parti" pour ses détracteurs.
Lundi, "Libres!" a présenté ses propositions pour l'Europe, à douze jours du Conseil national des Républicains. Un "délai de courtoisie", selon un proche de Mme Pécresse, après l'épisode du cahier "immigration" présenté la veille de la convention du parti, qui avait exaspéré la direction de LR.
Après la pause estivale, la présidente de l'Ile-de-France fera sa rentrée deux jours avant Laurent Wauquiez, le 24 août en Corrèze. Comme pour mieux souligner la filiation de celle qui est entrée en politique au cabinet de Jacques Chirac en 1998.
Un ténor de LR en est persuadé: en 2022, à droite, "ça se jouera entre ces deux-là". A l'entendre, Laurent Wauquiez a deux problèmes: son "insincérité", et Valérie Pécresse. "C'est une femme, c'est un avantage. Elle est d'un très bon niveau, elle dirige la plus grosse région. Elle a un électorat plus hétérogène que Wauquiez qui est sur notre vieille clientèle".
M. Wauquiez et Mme Pécresse ne manquent pas de points communs. Major de l'Ena pour lui, deuxième pour elle. Députés sous le deuxième mandat de Jacques Chirac, ministres sous Nicolas Sarkozy. Ils étaient ensemble derrière François Fillon dans sa "guerre" contre Jean-François Copé.
Nicolas Sarkozy, avec à ses côtés Laurent Wauquiez, lors d'un metting à Châteaurenard en août 2016
AFP/Archives
En 2016, M. Wauquiez s'est rangé derrière Nicolas Sarkozy tandis que Mme Pécresse quittait M. Fillon pour Alain Juppé quelques semaines avant le triomphe du premier sur le second.
Aujourd'hui, l'ancien protégé du centriste Jacques Barrot incarne la droite dure, et la chiraquienne occupe le centre-droit déjà bien investi par Emmanuel Macron.
Valérie Pécresse, "pour beaucoup d'observateurs superficiels, c'est d'abord une bourgeoise de Versailles, ville où elle réside, et cette marque sociologique lui est volontiers accolée par ses rivaux et a fortiori par ses adversaires qui pensent ainsi la disqualifier". "C'est passer à côté de son principal trait de caractère": "Valérie est une battante", "rien ne l'arrête", écrit Patrick Stefanini, artisan de sa courte victoire en Ile-de-France en 2015.
"Libres!" est devenu associé à LR en janvier lors d'un Conseil national houleux, lors duquel elle a théorisé l'existence de "deux droites". Ce qui "quelque part, fait le jeu de Macron", regrette un dirigeant pourtant présent lors du lancement du mouvement en septembre.
-"Bouts de ficelle"-
"Elle se définit par rapport à Wauquiez, c'est tout le problème", renchérit un membre de "Libres!". "Une erreur tactique magistrale: elle incarne la division", veut croire un haut dirigeant de LR.
Elle, prétend au contraire "renouveler le logiciel de la droite" face à un parti qui ne "produit pas d'idées neuves". Et rappelle régulièrement les 6% récoltés par François Fillon chez les moins de 35 ans en 2017. Mais ne rechigne pas à l'affrontement face à cette "droite des décibels" à laquelle elle oppose une "droite de gouvernement".
La présidente du Conseil régional d'Ile-de-France Valérie Pécresse, lors d'une conférence à Paris, le 30 janvier 2018
AFP/Archives
Le mouvement, dont les cadres se réunissent dimanche près d'Orléans, revendique un millier d'élus, adhérents ou non de LR. En le lançant, Mme Pécresse "permet de contenir l’hémorragie", explique le député Eric Pauget.
"Elle n'avait pas d'autre choix que de rester aux Républicains. Elle n'est pas comme Xavier Bertrand: elle n'a pas été élue avec la gauche", complète un dirigeant de LR.
Faute de dotation versée par LR, "Libres!" vit "de bouts de ficelle", avant un éventuel "appel aux dons", selon l'entourage de Mme Pécresse. L'organigramme du mouvement ne mentionne pas le nom de sa trésorière, Josette Marchais.
Chez M. Wauquiez, on pense que l'attraction du parti aura raison des velléités d'émancipation, notamment pour les investitures: les soutiens de Pécresse, "on ne fera pas la bêtise de les intégrer dans les équipes".
Mais "ne vous y trompez pas: cette stratégie convient très bien à ma patronne", juge un membre de Libres!.
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