Qui a le temps, "incarne" le mieux ou connaît le plus finement les rouages du parti ? À l'heure où les candidatures se dévoilent pour diriger La République en marche, chacun pousse ses pions, Marlène Schiappa, Stanislas Guerini et Pierre Person en tête.
Alors que le Conseil, c'est-à-dire le parlement du parti, se réunit dimanche, un air de campagne flotte sur Paris La Villette. L'occasion pour les candidats à la succession de Christophe Castaner, désormais ministre de l'Intérieur, de prendre la température auprès des quelque 800 membres de l'instance amenés à élire le prochain patron le 1er décembre.
Les hautes sphères de la macronie sont à la recherche d'un profil consensuel, apte à préparer les prochaines échéances électorales, notamment les Européennes de mai 2019.
Trois postulants se détachent pour l'heure, dont la médiatique secrétaire d'État à l'Égalité entre les femmes et les hommes Marlène Schiappa, qui, à l'occasion du dernier remaniement, a vu son portefeuille s'élargir à la lutte contre les discriminations.
Cette marcheuse de la première heure a rapidement fait savoir son intérêt pour la fonction. "Elle réfléchit, elle a été très sollicitée par beaucoup de marcheurs" mais "elle n'a pas pris de décision", faisait valoir samedi son entourage.
Mme Schiappa franchit un petit pas supplémentaire dans un entretien au Journal du Dimanche : "Je réfléchis à présenter ma candidature mais nous verrons quand le moment sera venu".
"Marlène coche pas mal de cases", salue un membre du bureau exécutif du parti. "Elle sait +catcher+ contre les oppositions, elle a un attachement aux territoires, elle est très bonne médiatiquement, elle connaît très bien le mouvement...", énumère-t-il.
Mais elle pourrait souffrir d'un handicap rédhibitoire: le manque de temps à consacrer à un parti encore en cours de structuration, alors que la double casquette de M. Castaner, alors secrétaire d'État aux Relations avec le Parlement, avait suscité des critiques.
"La demande de la base est très forte pour avoir un délégué général quasiment à plein temps. Et je pense que cette lame de fond sera trop puissante", prédit un pilier de la macronie.
"Il nous faudra choisir un délégué général qui y mette toute son énergie", abonde le patron par intérim du mouvement, Philippe Grangeon, ajoutant qu'un ministre "c'est déjà quelqu'un qui est à plein temps sur sa tâche".
- L'option Guerini -
Le délégué général de La République en marche (LREM) Christophe Castaner durant sa conférence de presse le 14 septembre 2018 à Paris.
AFP
Dans cette perspective, le député de Paris Stanislas Guerini pourrait tirer son épingle du jeu. "Le job de parlementaire offre plus de liberté sur l'organisation de son temps", glisse celui qui plaide pour un parti "davantage tourné vers les territoires" et veut "retrouver la synergie entre le mouvement et ses élus".
Moins connu que Mme Schiappa, "c'est un meilleur organisateur, il est meilleur en RH et surtout il n'est pas au gouvernement", fait valoir un proche du chef de l'État.
M. Guerini fait en outre partie des co-fondateurs du parti. Il est un membre apprécié de la petite bande qui a fait ses armes dans les années 2000 auprès de Dominique Strauss-Kahn, a porté Emmanuel Macron jusqu'à l'Élysée et a essaimé à tous les étages du pouvoir.
Plus jeune, le député de Paris Pierre Person (29 ans) a beaucoup œuvré au parti dans l'ombre de Christophe Castaner. En charge d'une délégation éminemment stratégique - la préparation des élections - "il a concentré énormément de pouvoir", souligne un membre du bureau exécutif. "Mais est-ce qu'il fait le poids en débat face à Laurent Wauquiez et Marion Maréchal ? J'ai un petit doute", avance un cadre du mouvement.
Outre ces trois, le député de Paris Sylvain Maillard et celui des Français de l'étranger Joachim Son-Forget complètent la liste des candidats, mais avec un temps de retard.
Un temps évoqué, Stéphane Travert, débarqué mardi du ministère de l'Agriculture, devrait s'occuper de soigner les 4.000 élus locaux ayant apporté leur parrainage à Emmanuel Macron en 2017. "C'est un réseau qu'il va falloir entretenir plus", souligne un proche de M. Macron.
Gabriel Attal relance l’idée d’un blocage temporaire des plateformes dans les zones touchées par les violences, après le chao du week-end. Elles facilitent les rassemblements et démultiplient les images de casse, mais leur rôle dépasse la seule organisation des émeutes.
Après un week-end marqué par des scènes de chaos et de pillages dans plusieurs villes, l’exécutif exclut pour le moment le recours à l’état d’urgence, préférant la mise en place de « couvre-feux localisés ». De quels moyens dispose l’exécutif pour rétablir l’ordre ? Inventaire de la boîte à outils sécuritaire dont dispose le gouvernement pour rétablir l’ordre.
Au lendemain d’une mobilisation contre la vie chère qui a dégénéré en pillages et en assauts contre des hôtels de ville, l’Association des maires de France (AMF) appelle à un rassemblement ce lundi 19 octobre, à partir de midi. Les maires de Paris, Lyon et Marseille seront reçus par Sébastien Lecornu, à leur demande.
Au lendemain des pillages et des dégradations qui ont frappé plusieurs villes françaises, le chef de l’État a promis de tirer « toutes les leçons » de la journée du 17 octobre. Face aux appels de la droite à décréter l’état d’urgence, il a privilégié le renforcement des mesures de protection et tenté de dissocier les violences des revendications contre la vie chère.