Lubrizol : « Pour les particuliers rien n’est fait » en termes d’indemnisation
Après l’incendie de l’usine Lubrizol, les particuliers qui ont connu des dommages sont confrontés à un mur. Les dirigeants d’association d’aide aux victimes (France Victimes et l’Avipp 67) appellent notamment à la création d’un groupe opérationnel dédié pour les indemnisations.

Lubrizol : « Pour les particuliers rien n’est fait » en termes d’indemnisation

Après l’incendie de l’usine Lubrizol, les particuliers qui ont connu des dommages sont confrontés à un mur. Les dirigeants d’association d’aide aux victimes (France Victimes et l’Avipp 67) appellent notamment à la création d’un groupe opérationnel dédié pour les indemnisations.
Public Sénat

Par Héléna Berkaoui

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

En matière d’indemnisation, « pour les particuliers, rien n’est fait à ce jour. » Tel est le constat du directeur de l’association d’aide aux victimes et d’information sur les problèmes pénaux (Avipp76), face à la commission d’enquête du Sénat sur l’incendie de Lubrizol. Réquisitionné par le procureur au lendemain de l’incendie, l’Avipp 76 n’a pas toujours pas de réponse à apporter aux particuliers qui, contrairement aux communes ou aux agriculteurs, se retrouvent bien seuls face aux assurances.

« Habituellement, il y a un accord-cadre pour les particuliers et là il n’y a rien et on est dans l’attente d’un interlocuteur en face. On est face à un groupe atomisé et qui n’est pas en capacité de se mobiliser et de faire une démarche collective », explique ainsi David Delaunay. La situation est d’autant plus compliquée pour les populations situées à la périphérie de Rouen.

« Plus on va dans la zone rurale, plus les difficultés sont importantes avec des situations matérielles parfois fort inquiétantes notamment des personnes qui se sont éloignées du centre-ville pour des raisons matérielles. J’ai reçu personnellement des personnes âgées avec des pensions de retraite assez minces, autour de 700 euros et bénéficiant d’un potager qui était un moyen de subsistance. L’incendie a détruit cette ressource », témoigne-t-il.

Le recours aux assurances n’est évidemment pas gratuit pour eux et la franchise dont ils doivent s’acquitter est relativement élevée. « Les personnes les moins bien assurées vont avoir des franchises autour de 300 euros, ce qui représente une somme importante », précise David Delaunay. Une problématique qui n’aurait pas vu le jour si un accord-cadre avait été mis en place.

Lubrizol : « Il n’est pas normal que les victimes aient à payer une franchise »
03:22

« Les accords-cadres en matière d’indemnisation permettent, dans ces situations-là, d’encadrer les choses. Aujourd’hui, il n’est pas normal que les victimes aient à payer une franchise alors même qu’on est sur le principe d’une réparation intégrale à terme. Aujourd’hui nous n’avons pas ces jalons alors que les textes le permettent », déplore de concert le président de France victimes, Jérôme Bertin. Sur ce dossier, le suivi et l’accompagnement des personnes concernées n’est pas tout à fait au point. « L’État devrait garantir que chacun ait accès au droit, que chacun ait accès à de l’aide et les textes et documents que je vous ai cités le prévoit », souligne Jérôme Bertin.

David Delaunay recommande en conséquence de créer un groupe opérationnel dédié qui pourrait officiellement se faire connaître de Lubrizol. « À ce jour, je n’ai pas connaissance de l’assurance (de Lubrizol), je ne sais pas où ils sont assurés et ils n’ont pas, je crois, de correspondant déclaré à la Fédération Française de l’assurance (FFA) », précise-t-il. Ces recommandations viendront étayer le rapport de la Commission d’enquête sénatoriale autour de l’incendie de Lubrizol dont les auditions se poursuivent jusqu’au 18 décembre.  

   

 

Partager cet article

Dans la même thématique

Lubrizol : « Pour les particuliers rien n’est fait » en termes d’indemnisation
3min

Politique

« Il peut y avoir des moments festifs sans pour autant être obligé de boire » juge la sénatrice communiste Cathy Apourceau-Poly

En ce début d’année, un million de Français ont choisi de ranger leurs verres pour relever le défi du « dry january » ou « janvier sobre ». Une pause bienvenue dans un pays où l’alcool est omniprésent dans la vie sociale et reste responsable de milliers de morts chaque année. Souvent taboue et parfois accentuée par la pression sociale, l’addiction à l’alcool constitue un enjeu de santé publique majeur. Comment réduire les risques ? l’addictologue Delphine Moisan et la sénatrice communiste Cathy Apourceau-Poly sont les invitées de l’émission Et la santé ça va ? pour en débattre.

Le

6min

Politique

Municipales 2026 : les prisons privées du vote par correspondance

Conformément à la loi promulguée en juillet 2025, les détenus ne pourront plus voter par correspondance aux scrutins locaux, dans le souci d’éviter toute distorsion électorale. Au mois de mars, les municipales seront les premières élections concernées par ce changement.

Le

image prétexte écran ordinateur
5min

Politique

 « Où va ma France ? » : Guillaume Gontard, président du groupe écologiste au Sénat, juge l’initiative « totalement scandaleuse et illégale ».

La députée écologiste Sabrina Sebaihi a dénoncé, lundi 5 janvier sur le réseau social X, le site « Où va ma France ? », qu’elle accuse de constituer un « fichage dangereux ». La plateforme cartographiant mosquées, quartiers dits « sensibles » et hébergements pour migrants, fait désormais l’objet de plusieurs saisines judiciaires.

Le

Le Senat, Paris.
5min

Politique

Fin de vie : « Un référendum sur le texte inopérant du Sénat, n’aurait pas de sens », considère Olivier Falorni

Cette semaine, la commission des affaires sociales du Sénat a restreint la portée de la proposition de loi établissant « un droit à l’aide à mourir », le remplaçant par une « assistance médicale à mourir ». L’auteur de la proposition de loi, le député Olivier Falorni, juge la version du Sénat « inopérante » et espère « un dernier mot » de l’Assemblée avant l’été. Le chef de l’Etat a rappelé qu’il était prêt à aller au référendum si la navette parlementaire était interrompue.

Le