Macron consulte des partis divisés sur le scrutin des européennes
Emmanuel Macron a commencé lundi à consulter les responsables politiques sur l'opportunité de revenir à un mode de scrutin national pour les...

Macron consulte des partis divisés sur le scrutin des européennes

Emmanuel Macron a commencé lundi à consulter les responsables politiques sur l'opportunité de revenir à un mode de scrutin national pour les...
Public Sénat

Par Jérôme RIVET

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Emmanuel Macron a commencé lundi à consulter les responsables politiques sur l'opportunité de revenir à un mode de scrutin national pour les élections européennes de 2019, une question qui divise les partis.

Ces consultations ont débuté alors que l'Elysée s'inquiète de la crise politique en Allemagne qui menace la chancelière Angela Merkel, sur qui compte le président de la République pour redonner un nouvel élan à l'Europe.

Au total, 14 responsables politiques seront accueillis à l'Elysée d'ici mardi soir à tour de rôle, comme M. Macron l'a fait à deux reprises avec les représentants syndicaux et patronaux depuis son élection.

Neuf d'entre eux se sont succédé lundi, dont les présidents du Sénat Gérard Larcher (LR) et de l'Assemblée nationale François de Rugy (LREM). Ils seront suivis mardi de François Bayrou (MoDem), Jean-Luc Mélenchon (LFI), Marine Le Pen (FN) ou Pierre Laurent (PCF).

En les recevant, M. Macron entend recueillir leur avis sur "les futures élections européennes" - qui marqueront en 2019 le retour aux urnes des Français - et en particulier leur mode de scrutin.

Le président français Emmanuel Macron reçoit le secrétaire général des Républicains Bernard Accoyer à Paris, le 20 novembre 2017
Le président français Emmanuel Macron reçoit le secrétaire général des Républicains Bernard Accoyer à Paris, le 20 novembre 2017
POOL/AFP

Le chef de l'Etat semble favorable au retour à une circonscription nationale alors que, depuis les européennes de 2004, la France est divisée en huit circonscriptions (Est, Ouest, Ile-de-France...).

Cela permettrait, selon lui, de mener un vaste débat national sur la "refondation de l'Europe" qu'il a appelée de ses voeux dans les discours d'Athènes et de la Sorbonne.

Si elle fait l'unanimité au sein de La République en marche (LREM), cette ambition proeuropéenne fracture aussi bien à gauche qu'à droite. Comme l'ont récemment montré les remous provoqués au sein de LR par le soutien d'Alain Juppé à "la capacité d'initiative" du président sur l'Europe.

- LR hostile -

A sa sortie de l'Elysée, Bernard Accoyer a expliqué que les Républicains étaient favorables au maintien de l'actuel mode de scrutin, qui "permet de garantir la proximité et le lien entre les territoires".

Le président Emmanuel Macron reçoit Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la République, dans son bureau de l'Elysée, le 20 novembre 2017
Le président Emmanuel Macron reçoit Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la République, dans son bureau de l'Elysée, le 20 novembre 2017
POOL/AFP

A l'opposé, le président du parti centriste UDI, Jean-Christophe Lagarde, a souhaité "le retour à un scrutin national" car "quoi de mieux qu'un débat national pour pouvoir démarrer la reconstruction de l'Europe?".

Cette option est aussi défendue par les Verts et le PS, dont le responsable Rachid Temal a jugé qu'elle était la "meilleure solution pour qu'il y ait un débat de fond".

LREM se prononcera sur cette question à l'issue d'"un débat interne", a indiqué son nouveau délégué général Christophe Castaner, pour qui les listes nationale ou régionales présentent chacune des avantages.

Estimant que la modification du mode de scrutin ne suffira pas "à réparer la fracture démocratique", Nicolas Dupont-Aignant (Debout la France) a réclamé à M. Macron un référendum sur le Ceta, l'accord commercial entre l'UE et le Canada.

M. Macron a également sondé ses interlocuteurs sur l'introduction de listes transnationales grâce à l'utilisation du quota des députés britanniques partant après le Brexit.

Mais pour M. Accoyer, un tel mode d’élection "ne pourrait se justifier que dans le cadre d’une organisation fédérale de l’UE".

M. Macron a par ailleurs reçu des avis plutôt positifs sur son projet de lancer des "conventions démocratiques" dans "toute l’Europe afin d'associer les citoyens européens à la refondation" de l’UE.

Ces débats seront utiles, selon David Cormant (Les Verts), s'ils "permettent de poser les questions qui fâchent" et ne se résument pas à "une animation socio-culturelle sur l'Europe".

Partager cet article

Dans la même thématique

LIEVIN : fete champetre du RN – RN party event « La fete champetre » in Lievin
7min

Politique

Procès en appel de Marine le Pen : relaxe, peine d’inéligibilité raccourcie, pourvoi en cassation… Quels cas de figure lui permettraient d’être candidate à la présidentielle ?

Dans quelques heures, Marine Le Pen sera fixée sur sa capacité à être une quatrième fois candidate à l’élection présidentielle. Comme en première instance, le parquet a requis, en appel, une peine de 5 ans d’inéligibilité dans l’affaire de détournement de fonds publics dans l’affaire des assistants parlementaires européens du FN. Dans ces conditions, y a-t-il toujours du suspense sur l’orientation de ce second jugement ?

Le

Edouard Philippe Holds A Politic Meeting
10min

Politique

Présidentielle : pour son premier meeting, Edouard Philippe joue la carte du bon père de famille qui veut préparer « l’avenir » de nos enfants

Devant environ 5.000 personnes, Edouard Philippe a réussi son pari de mobiliser pour son premier grand meeting de campagne. Montrant un peu plus de sa personne, le candidat entend « baisser les dépenses » et promet « des efforts justes », tout en récusant l’idée du « sang et de larmes ». Il veut entièrement « repenser » l’école, en donnant plus de liberté aux établissements et en réduisant les grandes vacances.

Le

Réduction de nombre de fonctionnaires : le virage à 180 degrés de Gabriel Attal
6min

Politique

Réduction de nombre de fonctionnaires : le virage à 180 degrés de Gabriel Attal

Le candidat de Renaissance à l’élection présidentielle joue cartes sur tables en dévoilant de premières propositions pour mettre fin à la dérive des comptes publics, citant par exemple la suppression de 100 000 postes de fonctionnaires, ce qu’il avait refusé trois ans et demi plus tôt au Sénat.

Le

CANIS LUPUS
10min

Politique

Gestion de l’eau, pesticides, prédation du loup… Ce que contient le projet de loi d’urgence agricole adopté par le Sénat

Le Sénat a adopté le projet de loi d'urgence agricole, après l’avoir profondément durci sous l’impulsion de sa majorité de droite et du centre. Le texte multiplie les concessions au monde agricole, de la réintroduction dérogatoire de certains pesticides au doublement des capacités de stockage en eau, ce que la gauche n’a pas manqué de dénoncer. Tour d’horizon des principales dispositions du texte.

Le