Macron engrange les soutiens et dessine sa future majorité
Favori du second tour de la présidentielle, Emmanuel Macron compte consacrer les prochains jours à rassembler le plus largement possible les ...

Macron engrange les soutiens et dessine sa future majorité

Favori du second tour de la présidentielle, Emmanuel Macron compte consacrer les prochains jours à rassembler le plus largement possible les ...
Public Sénat

Par Jérémy MAROT

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Favori du second tour de la présidentielle, Emmanuel Macron compte consacrer les prochains jours à rassembler le plus largement possible les "progressistes" de droite comme de gauche pour gagner le 7 mai et bâtir une future majorité de gouvernement.

Officiellement, il est hors de question de donner l'impression de négociations d'appareil, alors que M. Macron les a clairement bannies depuis des semaines après une unique alliance avec le MoDem de François Bayrou.

"Nous ne sollicitons rien, nous ne discutons avec personne", martèle-t-on à l'unisson lundi dans l'entourage de l'ancien ministre de l’Économie.

Mais en coulisses, les lignes bougent: opposé à Marine Le Pen, le candidat d'En Marche! accumule les soutiens de tous bords, à commencer par celui du président sortant, François Hollande, et prépare l'après, à savoir la construction de sa majorité.

"Une majorité, c'est comme une gestation, le jour de l'accouchement, c'est la présidentielle", c'est "toute une maïeutique", résume un cadre haut placé du parti.

Dès dimanche soir, après être arrivé en tête du premier tour avec 23,86% des voix, M. Macron a lancé un appel au "rassemblement de tous les progressistes".

Emmanuel Macron
Emmanuel Macron
AFP

"Je ne demanderai pas à ceux qui me rejoignent d'où ils viennent mais s'ils sont d'accord" avec le projet, a-t-il ajouté, posant ainsi les jalons d'une large ouverture de "la droite tendance Juppé-Raffarin", dixit un rallié droite, à la gauche sociale-libérale.

L'objectif est de ne pas reproduire "le travail inachevé en 2002, qui a consisté à ne pas vouloir reconnaître que face au Front national, il fallait construire une union plus large", avait prévenu M. Macron début avril.

Il s'agit aussi pour l'ancien ministre de l’Économie d'écarter tout scénario noir de cohabitation, ou de majorité instable, en ratant les élections législatives.

Lundi, M. Macron et son équipe ont observé la tectonique des plaques, notamment chez Les Républicains, dont seulement un parlementaire (le sénateur Jean-Baptiste Lemoyne, le 15 mars) a pour l'heure officiellement posé ses bagages à En Marche!. M. Macron, dont le premier cercle est issu de la gauche, lorgne désormais à droite, fidèle à sa volonté de "pluralisme".

"Je pense qu’Emmanuel Macron discute avec beaucoup de gens; il lui manque la droite progressiste sinon il devient le néo-PS", confirme ainsi un député UDI.

"Et il ne faudrait pas que les élections législatives fassent définitivement pencher la balance à gauche", abonde en écho un autre parlementaire centriste.

- A droite toute -

Dans cette optique, une liste de "parlementaires LR bienveillants" a été établie, selon un élu soutien de M. Macron qui pense toutefois que la droite "va se serrer les coudes jusqu'aux législatives". "La plupart des députés sont gênés car ils ont peur de perdre leur investiture et il y a des freins psychologiques importants à basculer à En Marche!", note-t-il encore.

Mais l'entourage de M. Macron relève aussi quelques signes encourageants, nés des fractures de la droite.

"Je remarque qu’Édouard Philippe a fait un tweet dimanche soir disant qu'il voulait aider Emmanuel Macron", glisse ainsi un cadre d'En Marche!. Le maire du Havre, proche d'Alain Juppé, a également co-signé lundi une tribune d'élus mettant en garde leur "famille" contre le "rétrécissement de la droite sur une ligne politique exclusivement identitaire et conservatrice".

A gauche, les contacts sont plus directs, à l'image du Parti radical de gauche qui a proposé à M. Macron "de bâtir avec lui une coalition large de gouvernement", ou de l'Union des démocrates et écologistes (UDE) qui entend "définir une offre de service pour la constitution d'une nouvelle majorité".

L'ancien Premier ministre Manuel Valls n'a pas non plus fait de détour lundi matin. "Gouverner la France, c'est difficile et donc il faut rassembler (...) et c'est pour ça que nous devons être prêts à le soutenir, à l'aider, à participer à cette majorité", a-t-il lancé sur France Inter

"Je lui dis, attention vous avez, tu as, une responsabilité majeure, mais je crois qu'il le sait, de rassembler pour demain gouverner", a-t-il insisté.

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris Gabriel Attal Meeting
8min

Politique

« Un an pour convaincre » : pour son premier grand meeting, Gabriel Attal mise sur « l’espoir » et joue sa différence avec Edouard Philippe

Devant 5.000 personnes réunies à Paris, Gabriel Attal a réussi sa première grande démonstration de force. Le candidat à la présidentielle entend dessiner un projet loin du « pessimisme » ambiant avec « quatre chantiers capitaux » : l’école, avec « moins de 20 élèves par classe » en primaire, les salaires, les frontières et l’intelligence artificielle, et « deux dettes à résorber », celle des finances publiques et du réchauffement climatique. Mais il n’oublie pas de se démarquer de son principal concurrent, un certain Edouard Philippe…

Le

France Vivendi Bollore
5min

Politique

Tribune anti-Bolloré :  Maxime Saada, patron de Canal + nie toute « liste noire »

Même si le président du directoire de Canal+ réfute toute « liste noir », il affirme que le groupe tiendra désormais compte de « la considération portée à Canal+ » dans ses choix de financement. Des propos qui ravivent les tensions avec une partie du monde du cinéma, mobilisée contre l’influence de Vincent Bolloré.

Le

Cour d appel et d ‘assises de Lyon
6min

Politique

Le procès « French Bukkake » aux assises : « Le but est de reconnaître toute la dimension criminelle de l’industrie pornographique », se félicite Laurence Rossignol

Le premier grand procès de l’industrie pornographique se tiendra finalement devant les assises et non devant une cour criminelle départementale. Une victoire pour la cinquantaine de victimes de la plateforme French Bukkake. La chambre d’instruction de la cour d’appel de Paris a retenu le caractère sexiste et raciste des viols, tout comme l’avait relevé le rapport de la mission d’information du Sénat sur les dérives de l’industrie pornographique remis en 2022.

Le