Macron, Président des jeunes ? « Le seul truc qu’il ait fait pour la jeunesse, c’est d’être lui-même jeune ! » selon Patrick Kanner
Les Jeunes avec Macron lancent une campagne d’affichage sur le thème de « Macron, Président des jeunes ». L’exécutif mise notamment sur l’enjeu de la jeunesse pour la fin du quinquennat. Dans l’opposition de gauche ou de droite, on critique avec force ce positionnement.

Macron, Président des jeunes ? « Le seul truc qu’il ait fait pour la jeunesse, c’est d’être lui-même jeune ! » selon Patrick Kanner

Les Jeunes avec Macron lancent une campagne d’affichage sur le thème de « Macron, Président des jeunes ». L’exécutif mise notamment sur l’enjeu de la jeunesse pour la fin du quinquennat. Dans l’opposition de gauche ou de droite, on critique avec force ce positionnement.
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50.000 affiches dans les rues la semaine prochaines. Les Jeunes avec Macron lancent une campagne de communication. Sur fond noir, le profil d’Emmanuel Macron est couronné de « Macron, Président des jeunes ». « Vivement qu’on signe pour 5 saisons de plus », peut-on lire sur l’affiche, siglée « avril 2022, Macron ». On aura compris la référence aux séries. Selon Le Parisien, qui a révélé ce poster pour fan de Macron, l’idée a reçu l’aval de l’Elysée.

« C’est un signal pour appeler à la candidature de Macron »

Depuis des mois, l’exécutif fait savoir que le chef de l’Etat entend parler à la jeunesse pour la fin du quinquennat et 2022. Il tente d’utiliser les codes de la jeunesse pour la toucher. On l’a vu avec sa vidéo avec les youtubeurs McFly et Carlito, ou celles, cet été, pour répondre sur Instagram et TikTok aux questions sur le vaccin. Parler à la jeunesse n’est pas une nouveauté, pour un thème de campagne de second mandat. L’idée a déjà été mise en pratique en 1988, par François Mitterrand.

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Pour François Patriat, patron des sénateurs LREM, l’idée de « Président des jeunes » se justifie pleinement. « Il y a un ensemble de mesures prises pour les jeunes. C’est sans précédent : les mutuelles pour les étudiants, le pass culture, tout ce qui a été fait pour les jeunes pendant le covid », ou « un jeune – une solution ». La sortie des Jeunes avec Macron n’étonne pas le président du groupe RDPI (LREM) du Sénat. « En 2017, c’était déjà les Jeunes avec Macron qui avaient apporté leur soutien quatre ou cinq mois avant. C’est un signal pour appeler à la candidature de Macron », affirme François Patriat.

« Plutôt orignal et de bon ton »

Le coup de com’est-il réellement réussi ? « C’est mieux que les affiches de Zemmour ! » lance le sénateur LREM de Côte-d’Or, « c’est plutôt orignal, c’est de bon ton ». Un ministre a plutôt un regard mitigé sur l’affiche. « Je sais que c’est compliqué à vendre. Ça me paraît un peu déphasé », estime ce membre du gouvernement, qui ajoute :

Il ne suffit pas de dire que c’est le Président de la jeunesse, il faut un truc qui va parler aux jeunes. (un ministre)

Le revenu d’engagement, dans les cartons du gouvernement depuis des mois, mais qui fait encore débat entre Bruno Le Maire et Elisabeth Borne, pourrait bientôt être mis sur la table pour justement aller plus loin dans les mesures concrètes.

« Un bilan que je qualifierais de minable »

Pour l’opposition, ce qualificatif de « Président des jeunes » ne se justifie pas. « Le seul truc qu’il ait fait pour la jeunesse, c’est d’être lui-même jeune ! C’est un Président jeune. Mais il n’a rien fait pour eux », cingle Patrick Kanner, président du groupe PS du Sénat. Cet ancien ministre de François Hollande défend au passage le bilan de l’ancien Président socialiste, comme « la création de la garantie jeune, la prime pour l’emploi ouverte au moins de 25 ans » ou encore « le passage de 1.000 à 150.000 services civiques ».

Patrick Kanner tacle le « service national universel », une réforme d’Emmanuel Macron. « Un gadget incroyable qui coûte beaucoup d’argent », selon le sénateur PS du Nord. Quant au revenu d’engagement, « il arrive à la fin du quinquennat. Cela montre que ce n’est pas sa priorité ». « Pour moi, c’est un bilan que je qualifierais de minable », conclut Patrick Kanner. Signe de cet échec, selon l’ancien ministre :

A la fin du quinquennat, il y a des jeunes qui sont allés à la soupe populaire, car ils n’avaient pas à manger.

« Ce qui pèse sur la tête des jeunes, c’est le poids de la dette »

Christine Lavarde, sénatrice LR des Hauts-de-Seine, n’est pas surprise de cette campagne, car « il faut aller chercher ces jeunes qui ne votent pas ». « Il y a des petites mesures de court terme, pour voir vite des résultats. Mais ce qui pèse sur la tête des jeunes, c’est le poids de la dette. Ce sont eux qui rembourseront demain, ce sont eux qui devront porter le coup de la crise. Être Président des jeunes, c’est engager la réforme des retraites aussi ».

Christine Lavarde admet au moins une chose : « Avec le covid, la France a maintenu les écoles ouvertes le plus possible. Je dois reconnaître que c’est positif, on doit le poursuivre cette année ».

« Lycéens et étudiants sont prisonniers d’une trappe sociale »

Le sénateur communiste Pierre Ouzoulias ne donne pas non plus la moyenne au chef de l’Etat. « J’ai beaucoup travaillé sur la précarité étudiante, avec une mission d’information du Sénat. Il ne s’est rien passé », tance le sénateur PCF des Hauts-de-Seine. Selon Pierre Ouzoulias, l’ensemble des réformes en matière d’éducation « a développé une sélection sociale telle qu’elle n’a jamais existé dans le système éducatif français. Lycéens et étudiants sont prisonniers d’une trappe sociale. C’est antirépublicain ».

Quant au pass culture, pour Pierre Ouzoulias, « c’est catastrophique », « c’est présenter des jeunes comme des consommateurs. Et ils consomment ce qu’ils ont l’habitude de consommer, ce n’est pas un outil de développement. Or l’éducation, ce n’est pas ça. C’est prendre les gamins les plus en difficulté et les amener dans un parcours de réussite et de développement personnel ». On l’a compris, il ne donnera même pas un bon point à Emmanuel Macron.

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