Emmanuel Macron a solennellement promis lundi à la tribune du Congrès, dans les fastes de Versailles, de répondre à "l'impatience" des Français...
Macron promet un « changement profond » pour répondre à « l’impatience » des Français
Emmanuel Macron a solennellement promis lundi à la tribune du Congrès, dans les fastes de Versailles, de répondre à "l'impatience" des Français...
Par Hervé ASQUIN avec, à Versailles, l'équipe AFP de l'Assemblée
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Emmanuel Macron a solennellement promis lundi à la tribune du Congrès, dans les fastes de Versailles, de répondre à "l'impatience" des Français par un "changement profond", symbolisé par une multitude de réformes institutionnelles comme la "réduction d'un tiers" du nombre de parlementaires ou l'introduction d'une "dose de proportionnelle".
"Ce qui nous est demandé par le peuple, c'est de renouer avec l'esprit de conquête (...) pour le réconcilier avec lui-même", une "véritable révolution", a lancé le chef de l’État.
Quant à sa décision de devancer de 24 heures la déclaration de politique générale de son Premier ministre Édouard Philippe, elle obéissait à une "nécessité", a-t-il répondu à ceux qui lui reprochaient une "dérive monarchique".
"Le président de la République doit fixer le sens du quinquennat (...) Il revient au Premier ministre qui dirige l’action du gouvernement de lui donner corps", a-t-il résumé.
Une "interminable pluie de truismes", a raillé Jean-Luc Mélenchon (LFI), qui a suivi à distance ce discours, qu'il a boycotté. Un "sermon de télévangéliste" au "flou lyrique", a renchéri Marine Le Pen (FN).
Le Congrès lui-même a réservé de timides et rares applaudissements à ce qui se voulait une sorte de discours sur l'état de l'Union à l'américaine.
Le président français Emmanuel Macron devant le Congrès à Verseilles près de Paris, le 3 juillet 2017
POOL/AFP
Sur le fond, M. Macron a confirmé un certain nombre de promesses de campagne. À commencer par la baisse du nombre de parlementaires à l'Assemblée et au Sénat, et du nombre de membres du Conseil économique, social et environnemental (Cese).
Confirmée aussi l'introduction d'une "dose de proportionnelle" qui doit, selon lui, permettre à "toutes les sensibilités" d'être "justement représentées" au Parlement, mais dont les modalités restent à préciser tout comme celles de la limitation "dans le temps" des mandats parlementaires, pas plus de trois s'il s'en tient à son programme.
Pour "renforcer" le Parlement, il s'agit également de "mettre un terme à la prolifération législative" et de soumettre les "textes importants", comme les futures lois sur le dialogue social ou le terrorisme, à une "évaluation", deux ans après leur mise en œuvre.
Le chef de l’État entend mener ces transformations au pas de charge pour qu'elles soient "parachevées d'ici un an". À cette fin, elles seront soumises "au vote du Parlement" mais, "si cela est nécessaire, je recourrai au vote de nos concitoyens par voie de référendum", a-t-il prévenu.
Autre annonce majeure: "la suppression de la Cour de justice de la République", une "juridiction d'exception". "Les ministres doivent devenir comptables des actes accomplis" dans l'exercice de leurs fonctions, a-t-il souligné.
- Des accents libéraux -
Quant au Cese, que le temps a "figé", ses "règles de représentativité" doivent être réformées de "fond en comble" pour qu'il devienne "le forum de notre République".
Disert sur ces réformes institutionnelles, M. Macron a en revanche évacué en quelques mots la lutte contre le chômage, qui a atteint "des niveaux insupportables".
Prenant des accents libéraux, il a estimé que l’État, en protégeant les plus faibles, ne devait pas les transformer "en mineurs incapables" ou "en assistés permanents". "Nous devons substituer à l'idée d'aide sociale, à la charité publique, aux dispositifs parcellaires, une vraie politique de l'inclusion de tous", a insisté le chef de l’État, qui entend toutefois "protéger les plus faibles".
Dans son discours d'une heure et demie, il s'est aussi élevé contre les "nombreux (...) faux procès".
"S’agit-il de libéraliser le code du travail? On nous dira qu’il s’agit de répondre aux diktats de Bruxelles. S’agit-il de réduire nos dépenses publiques pour éviter que nos enfants paient le prix de nos renoncements? S’agit-il de sortir de l’état d’urgence? On nous dira qu’on brade nos libertés. Rien de tout cela n’est vrai", a-t-il assuré.
Dans un climat marqué par les affaires, il a appelé parallèlement les médias à "en finir avec cette recherche incessante du scandale".
Cette adresse solennelle aux parlementaires des deux chambres, et, à travers eux, aux Français, a vocation à devenir un rendez-vous annuel pour "rendre compte".
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