Macron veut aborder 2020 en mouvement, malgré l’enlisement
A propos des retraites comme du reste, Emmanuel Macron a affiché au passage du Nouvel An sa détermination à rester un président...

Macron veut aborder 2020 en mouvement, malgré l’enlisement

A propos des retraites comme du reste, Emmanuel Macron a affiché au passage du Nouvel An sa détermination à rester un président...
Public Sénat

Par Christophe SCHMIDT

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A propos des retraites comme du reste, Emmanuel Macron a affiché au passage du Nouvel An sa détermination à rester un président réformateur et toujours "en marche", au risque d'apparaître en décalage d'une situation sociale enlisée.

Le chef de l'Etat a affirmé mardi soir, dans son discours de vœux, sa détermination à "mener à terme" la réforme du système de pensions, et réclamé au gouvernement qu'il "trouve la voie d'un compromis rapide".

A deux mois et demi des municipales, Emmanuel Macron a évoqué sur un ton pédagogique la responsabilité collective envers "nos enfants", premiers concernés par la nécessité d'assurer l'avenir du système. Il a dit aussi avoir entendu "les peurs, les angoisses qui se font jour" dans le pays au sujet des retraites, et souligné que "l'apaisement toujours doit primer sur l’affrontement."

Sur le fond cependant, s'il a évoqué une meilleure prise en compte des "tâches difficiles" dans le calcul futur des retraites - sans jamais prononcer le mot de pénibilité -, il n'a pas mentionné la partie de son projet la plus âprement contestée, celle de l'âge-pivot pour le départ en retraite.

"Rien de nouveau", a conclu sur RMC-BFM TV le patron de la CGT Philippe Martinez, qui a l'intention de relancer "dès lundi" un conflit ayant déjà égalé mercredi le record de durée de blocage des transports de 1986-1987.

A défaut de lâcher du lest sur sa réforme, le président s'est félicité mardi des "premiers résultats de l'effort de transformation engagé depuis deux ans et demi", citant les créations d'emplois et d'entreprises, ainsi que la reprise des investissements étrangers en France.

Arrivé à mi-mandat, ce moment où "d'habitude, on renonce à agir avec vigueur, pour ne surtout plus mécontenter personne à l’approche des futures échéances électorales", le président a assuré que "c’est l’inverse qui doit se produire".

"J’ai conscience que les changements bousculent souvent", s'est-il justifié, "mais les inquiétudes ne sauraient pousser à l’inaction, car il y a trop à faire".

- Réformateur plutôt que rassembleur -

Malgré le mouvement des retraites, et un an après les "gilets jaunes", les mots du président ont "des éléments de continuité très forts" avec ceux des voeux de 2017 et 2018, commente pour l'AFP le sondeur Frédéric Dabi.

Selon le directeur général adjoint de l'Ifop, le président creuse le sillon de la réforme "fort d'une adhésion autour de 30% de l'opinion, minoritaire mais extrêmement stable". Ce "pilier d'adhésion", explique M. Dabi, est conforté par le fait que les Français, sondage après sondage, se disent convaincus que "le président ne va pas lâcher".

Le sénateur PS Rachid Temal, pour sa part, a fustigé mardi soir un Emmanuel Macron "enfermé dans ses certitudes, déconnecté de la vie réelle des Français".

"Des voeux en apesanteur", critique aussi sur Twitter le spécialiste de la communication politique Philippe Moreau-Chevrolet, "déconnectés en tous cas de la réalité du pays".

"Il a voulu montrer une volonté réformatrice, mais pas de volonté de rassemblement", juge, plus nuancé, l'ancien communicant de Nicolas Sarkozy, Franck Louvrier.

Le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, a salué en revanche une volonté présidentielle de "bâtir une société en commun".

Si d'autres observateurs ont cru entendre un message de détermination du président adressé à l'électorat de droite, M. Louvrier, interrogé sur France Inter, voit plutôt dans ce discours de voeux, traditionnellement très écouté, une occasion manquée de "rassembler l'ensemble de la population française", aujourd'hui figée entre doute et contestation.

D'autant que si le président a pris soin de désigner Edouard Philippe comme responsable de la conduite de la réforme, "le seul et unique responsable de cette réforme", selon Franck Louvrier, "c'est le chef de l'Etat, pas le Premier ministre. C'est lui, et lui seul, qui devra rendre des comptes aux Français".

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