Macron veut montrer qu’il tient le cap : prélèvement maintenu et remaniement restreint
Confronté à une rentrée agitée, Emmanuel Macron a procédé mardi à un remaniement limité en remplaçant Nicolas Hulot par François de Rugy à l...

Macron veut montrer qu’il tient le cap : prélèvement maintenu et remaniement restreint

Confronté à une rentrée agitée, Emmanuel Macron a procédé mardi à un remaniement limité en remplaçant Nicolas Hulot par François de Rugy à l...
Public Sénat

Par Jérôme RIVET avec Gaëlle Geoffroy

Temps de lecture :

5 min

Publié le

Mis à jour le

Confronté à une rentrée agitée, Emmanuel Macron a procédé mardi à un remaniement limité en remplaçant Nicolas Hulot par François de Rugy à l'Ecologie et tenant bon sur l'impôt prélevé à la source, maintenu pour janvier 2019.

Après plusieurs jours d'atermoiements, de critiques et de doutes soulevés par Emmanuel Macron lui-même, Edouard Philippe a assuré que c'était "une bonne réforme".

Lors d'une réunion à l'Élysée avec Édouard Philippe et le ministre de l'Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, le président Macron a "demandé des clarifications et identifié des améliorations possibles", avait indiqué l'Élysée.

Les tests menés lors de la phase d'essai du prélèvement à la source "n'ont révélé aucun dysfonctionnement", a assuré à l'AFP Gérard Darmanin. "On aura ici ou là des petites difficultés en janvier prochain, c'est normal", mais "il n'y aura pas de bug systématique", a-t-il dit.

Partisans et adversaires de la réforme se disputent sur les risques de bugs, son poids sur les entreprises mais aussi son impact psychologique sur les contribuables, qui verront leur salaire net diminué du fait du prélèvement.

La réforme a été critiquée par le Medef, Les Républicains et La France Insoumise qui prônaient plutôt un mensualisation obligatoire.

- "Situation fiscale" -

La principale surprise a été l'annonce du départ de Laura Flessel, l'une des personnalités les plus populaires du gouvernement avec Nicolas Hulot. Elle a expliqué qu'elle partait pour "raisons personnelles". Dans l'après-midi, sa démission a été liée à une enquête ouverte sur sa "situation fiscale", comme l'a affirmé à l'AFP une source proche du dossier en confirmant des informations de Mediapart et du Canard enchaîné. Son entourage a démenti. Edouard Philippe a refusé de commenter, invoquant sur TF1 sa volonté d'avoir "un minimum d'élégance" en respectant "les raisons personnelles qu'elle a invoquées".

Laura Flessel a défendu son bilan lors de la passation de pouvoir avec Roxana Maracineanu, se disant "fière" notamment de "l'obtention puis la mise sur de bon rails" des jeux Olympiques de Paris-2024.

Ce troisième remaniement depuis le début du quinquennat s'est avéré plus limité que certains observateurs ne l'avaient prévu. Cela "illustre la logique d'Emmanuel Macron, pour lequel un remaniement n'est pas un jeu de chaises musicales et les ministres ne sont pas interchangeables", a-t-on indiqué dans l'entourage du président.

"Ce qui nous importe c'est de garder le cap fixé", a-t-on souligné à l'Elysée.

Aucun changement de politique n'est donc attendu alors que le chef de l'Etat doit faire face à une croissance moins solide que prévu et des difficultés à mettre en œuvre les réformes annoncées.

Dans un contexte maussade, auquel s'ajoutent les suites de l'affaire Benalla, il enregistre une chute spectaculaire de dix points, avec seulement 31% des Français qui approuvent son action, dans un sondage Ifop publié mardi pour Paris-Match et Sud Radio.

- "Soyons disruptifs!" -

Pour succéder à Nicolas Hulot, le choix de François de Rugy s'est "cristallisé" à la fin de la semaine dernière au milieu d'une dizaine d'autres spécialistes de l'Environnement comme Pascal Canfin, Ségolène Royal ou Chantal Jouanno.

Le président de l'Assemblée nationale est considéré comme une personnalité sûre pour l'exécutif. Agé de 44 ans, il avait rompu en août 2015 avec EELV avant de soutenir Emmanuel Macron durant la campagne présidentielle et de s'encarter LREM.

Il "a été choisi car il est à la fois une personnalité politique dont l'engagement écologique est reconnu de longue date, qu'il a la stature d'homme d'Etat, et qu'il partage les convictions politiques, et en matière d'environnenment, du président", a-t-on fait valoir à l'Elysée.

En quittant son ministère, Nicolas Hulot, qui n'a pu retenir ses larmes, a déclaré que sa démission était "un signal de mobilisation" face à "l'état d'urgence écologique". "Soyons disruptifs, soyons inventifs, soyons créatifs, soyons unis", a-t-il lancé, les larmes aux yeux.

François de Rugy, stoïque, a lui répondu en affirmant "son engagement" à mener "une politique de transformation", "pas de statu quo".

Mais l'eurodéputé EELV Yannick Jadot a mis en garde son ancien camarade sur Twitter: "Souhaitons-nous à tous qu'il résiste aux lobbies des pesticides, du nucléaire, de la chasse... Notre présent et notre avenir en dépendent!"

Le patron de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a raillé le "ministre des apparences écologiques". A droite, on dénonce "la cacophonie à tous les étages". "Les ministres populaires - Hulot, Flessel - s'en vont, des ministres-clés - Darmanin, Collomb - sont démonétisés", a déclaré à l'AFP le vice-président des Républicains (LR), Damien Abad.

De source parlementaire, la nomination de François de Rugy ouvre la voie à Richard Ferrand, patron des députés LREM, pour s'installer à la présidence de l'Assemblée nationale dès mercredi 12, à l'issue d'élections pour ce poste.

Laura Flessel à sa sortie de l'Elysée le 27 juin 2018
Laura Flessel à sa sortie de l'Elysée le 27 juin 2018
AFP/Archives

bur-jri-ggy-jk/ib/cam

Partager cet article

Dans la même thématique

Macron veut montrer qu’il tient le cap : prélèvement maintenu et remaniement restreint
2min

Politique

PMA : « pour un projet on ne peut plus intime on ne devrait pas avoir à traverser des frontières », déplore cette lyonnaise après neuf tentatives

C’est historique. Pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, le nombre de décès en France a dépassé celui des naissances en 2025. Mais à rebours de cette tendance démographique, certains couples se battent pour avoir des enfants. C’est le cas d’Eugénie, originaire de Lyon, qui a été contrainte de partir à l’étranger pour bénéficier d’un parcours de PMA plus rapide. Interrogée par Quentin Calmet, elle témoignage de ses obstacles et difficultés dans l’émission Dialogue Citoyen.

Le

Paris : Vote on the 2026 budget bill at the Senate
8min

Politique

[Série 4/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : du « Sénat bashing » à « une forme d’aura » retrouvée

Le Sénat et Emmanuel Macron. Bientôt 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Dix ans de macronisme auront finalement permis au Sénat, souvent critiqué, de redorer son blason. Rôle de contre-pouvoir renforcé avec les commissions d’enquête, travail législatif mis en lumière, hémicycle apaisé et constructif par rapport à l’Assemblée : c’est la recette qui a permis à la Haute assemblée de réaffirmer son rôle institutionnel.

Le

Macron veut montrer qu’il tient le cap : prélèvement maintenu et remaniement restreint
3min

Politique

« Il peut y avoir des moments festifs sans pour autant être obligé de boire » juge la sénatrice communiste Cathy Apourceau-Poly

En ce début d’année, un million de Français ont choisi de ranger leurs verres pour relever le défi du « dry january » ou « janvier sobre ». Une pause bienvenue dans un pays où l’alcool est omniprésent dans la vie sociale et reste responsable de milliers de morts chaque année. Souvent taboue et parfois accentuée par la pression sociale, l’addiction à l’alcool constitue un enjeu de santé publique majeur. Comment réduire les risques ? l’addictologue Delphine Moisan et la sénatrice communiste Cathy Apourceau-Poly sont les invitées de l’émission Et la santé ça va ? pour en débattre.

Le

francois-patriat-en-septembre-dernier-photo-sipa-jeanne-accorsini-1680805422
6min

Politique

« Adieu Fanfan » : le sénateur François Patriat, ancien socialiste, fidèle d'Emmanuel Macron est mort à l'âge de 83 ans 

Le sénateur de Côte-d’Or est décédé à l’âge de 83 ans. En 2016, François Patriat avait été parmi les premiers soutiens d’Emmanuel Macron, au moment où il se lançait dans la campagne présidentielle. Jusqu’en 2026, le Bourguignon restera l’un des plus proches soutiens du président de la République. Le dernier acte d’une très longue carrière de parlementaire entamée dans les années 80.

Le