Malaise des policiers : « Aujourd’hui, on n’en peut plus »
Sur le plateau d’ « On va plus loin », Yves Lefebvre, secrétaire général Unité SGP Police FO, explique le malaise des policiers. Il remet également en question la place des officiers de police « qui ne servent plus à rien ».

Malaise des policiers : « Aujourd’hui, on n’en peut plus »

Sur le plateau d’ « On va plus loin », Yves Lefebvre, secrétaire général Unité SGP Police FO, explique le malaise des policiers. Il remet également en question la place des officiers de police « qui ne servent plus à rien ».
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Mardi dernier, la commission d’enquête du Sénat sur « l’état des forces de sécurité intérieure » posait un constat alarmant sur le moral des policiers et leurs difficultés rencontrées au quotidien. Au même moment, un  rapport de l’Inspection générale des polices (IGPN), la police des polices, a mis en lumière une augmentation de 54%  du recours aux armes à feu par les policiers entre 2016 et 2017.

Invité d’ « On va plus loin », Yves Lefebvre, le secrétaire général Unité SGP Police FO, y voit « plusieurs causes » : « Il y a une cause d’épuisement, une cause de menace. J’ai connu la police, qui n’a jamais été la police à papa, mais une police où l’on partait le matin, [et où] loin de nous la pensée que l’on n’allait pas rentrer le soir. Aujourd’hui (…), on sort un gamin de chez lui, de la France rurale, on l’envoie en école de police et on le met dans le 9-3, ce gamin il part tous les matins, la peur au ventre. Il a peur. Ils veulent tous en partir. Quelle est la profession en France, aujourd’hui,  qui accepte de n’avoir qu’un seul week-end toutes les six semaines ? Quelle est la profession en France qui accepte de n’avoir que huit jours de congé entre le 15 juin et le 15 septembre ? Ce sont les gardiens de la paix. Ce sont les seuls aujourd’hui. Alors ces policiers n’en peuvent plus. »

Et il poursuit : « On n’a plus ce policier qui connaissait sa population (…) et qui pouvait détecter d’entrée les signes de radicalisation, de changement d’attitude. Aujourd’hui, un policier, quand il procède à un contrôle, il ne sait pas s’il a en face de lui un délinquant de droit commun, un terroriste [ou] (…) parfois un bon et simple concitoyen. Donc c’est tout ça le malaise. Moi, ça fait cinq ans que je me bats pour faire bouger les lignes. Concilier vie professionnelle et vie familiale. »

Yves Lefebvre est catégorique : Un bon flic ne pourra être un bon flic que s’il est réellement bien dans sa tête. Et aujourd’hui, on n’en peut plus. Ce n’est pas normal. »

Le secrétaire général Unité SGP Police FO remet également en question la place des officiers de police : « On a un corps qui ne sert plus à rien dans la police nationale, c’est le corps des officiers de police. Pourquoi ? Parce qu’on a connu les officiers de police - c’étaient les ex-inspecteurs de police - qui étaient des procéduriers. Aujourd’hui, ils ne sont ni commissaires, ni gardiens de la paix (…) et ils ne veulent plus rien faire. Et ça représente quand même (…) 10 000 fonctionnaires qui ne servent plus à rien. Et ça, il faut oser le dire à un moment donné. »  

 

 

Vous pouvez voir et revoir le débat en intégralité :

OVPL : débat banlieues et malaise des policiers (en intégralité)
28:27

Partager cet article

Dans la même thématique

ORSAY: Hopital Paris Saclay, services des   urgences adultes et pediatriques, service de neonatalogie pendant la canicule
10min

Politique

Canicule : « Ça va être terrible, on va atteindre les 10.000 morts, l’équivalent d’une guerre et on ne réagit pas », dénonce le sénateur écologiste Guillaume Gontard

Alors que le bilan de la canicule historique n’est pas connu, les attaques contre le gouvernement, venant de la gauche, du RN, mais même du bloc central, se multiplient. « La chaîne de prévision » et « la chaîne de réaction » ont « tenu », rétorque le premier ministre, Sébastien Lecornu. Mais il reconnaît une fragilité sur « la capacité de rafraîchissement des établissements de santé ». Les premières clim' devraient arriver « en fin de semaine ou début de semaine prochaine ».

Le

Malaise des policiers : « Aujourd’hui, on n’en peut plus »
5min

Politique

Loi anti fast-fashion : le Sénat adopte définitivement le texte pénalisant les produits Shein et Temu

Les sénateurs ont définitivement adopté, lundi, la proposition de loi anti fast-fashion, après un accord en commission mixte paritaire pour ne cibler que les plateformes chinoises. Les vêtements de Shein, Temu et AliExpress se verront désormais infliger une pénalité financière. Comme à l’Assemblée, la gauche s’est en partie abstenue, regrettant que le texte délaisse les dérives plus larges de l’industrie textile en Europe.

Le

Photo illustration bois de sapin pour le chauffage
6min

Politique

Climat : les forêts françaises, « puits de carbone » en danger, alerte l'ONG Canopée

Dans un rapport publié ce lundi, l'association de protection des forêts Canopée pointe la réduction de la surface des forêts françaises, puits de carbone qui compensent les émissions de CO2, et indispensables à l'objectif de neutralité carbone à horizon 2050. Une hausse des prélèvements de bois qui s'explique notamment par une hausse des usages énergétiques.

Le

FREE CHRISTOPHE GLEIZES
7min

Politique

Christophe Gleizes, 1 an en prison : « Nous réfléchissons à entrer dans une phase plus offensive de la campagne pour sa libération »

Christophe Gleizes, journaliste sportif de 37 ans, est détenu en Algérie depuis un an. Il a été condamné le 29 juin 2025 à sept ans de prison pour « apologie du terrorisme » avec mandat de dépôt. Ce lundi, RSF réitère son appel à une « libération immédiate ». Thibaut Bruttin, directeur général de l’organisation qui chapeaute le comité de soutien du journaliste sportif, fait un point pour Public Sénat sur la situation.

Le