Mali: pour Bayrou, une « déflagration » si la France se retirait
Le président du MoDem François Bayrou a estimé mercredi que ce "serait profondément irresponsable" pour la France de se retirer...

Mali: pour Bayrou, une « déflagration » si la France se retirait

Le président du MoDem François Bayrou a estimé mercredi que ce "serait profondément irresponsable" pour la France de se retirer...
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Le président du MoDem François Bayrou a estimé mercredi que ce "serait profondément irresponsable" pour la France de se retirer du Mali après la mort de 13 soldats engagés au Sahel, car cela provoquerait une "déflagration".

"Je ne crois pas une seconde que ce soit responsable; ce serait profondément irresponsable", a réagi sur RTL le maire de Pau, qui avait rendu la veille au soir avec les Palois un hommage aux treize militaires de l'opération Barkhane, dont sept appartenaient au 5e régiment d’hélicoptères de combat (5e RHC) de la ville.

"Aux yeux non seulement de toute cette région, non seulement de l'Afrique et du Moyen-Orient, ça voudrait dire que l'Occident que nous représentons là-bas, que l'Europe, que la France, que certaines valeurs de civilisation ont subi une défaite et qu'on bat en retraite. Ca serait une déflagration", a-t-il ajouté.

"Notre but, c'est la reconstruction un jour, le plus vite possible, d'un État qui, au Mali, par sa propre force, sa propre responsabilité, assure la sécurité de la région et empêche ces groupes de prendre le dessus", a complété le président du MoDem.

Tout en exprimant leur "vive émotion", les députés de La France Insoumise (LFI) ont appelé mardi le gouvernement à "ouvrir une discussion sérieuse et rationnelle pour envisager les voies de sortie" de la "guerre" au Mali, dont "le sens" "échappe désormais à nombre de nos compatriotes et de Maliens eux-mêmes".

"Les images d'une présence militaire qui confine à l'occupation ne sont pas bonnes", a estimé leur chef de file Jean-Luc Mélenchon, appelant à un retrait au "plus vite" des troupes.

Le Premier ministre Edouard Philippe a répondu en qualifiant d"indispensable" l'action militaire au Sahel, car il y va de "l'intérêt de notre pays".

La France "a vocation à rester tant que nous ne serons pas en mesure d'assurer une stabilité" dans la zone, sinon ce serait "l'assurance que le chaos s'installera", a abondé mercredi sur franceinfo la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye.

Mercredi, les Insoumis sont revenus à la charge. Le député Adrien Quatennens a renouvelé sur Sud Radio sa demande, exprimé il y a quelques mois, "d'une commission d'enquête parlementaire pour évaluer l'efficacité des opérations extérieures françaises", en estimant que la situation au Mali, "après six années d'intervention", "ne s'est pas améliorée et a même empiré".

"La force armée doit être au service d'un projet politique", a renchéri Alexis Corbière, en déplorant qu'il n'y ait "aucun débat parlementaire sur ce que nous faisons là-bas".

"Organisons notre départ, qui devra avoir lieu", a-t-il exhorté sur BFMTV et RMC, même si cela ne peut pas se faire "du jour au lendemain". Ensuite les sommes déboursées pour ces opérations pourraient selon lui être "réorientées" sous forme d'"aide au développement" au Mali pour "construire des écoles, des infrastructures, un Etat réel, lutter contre la corruption".

Le député RN Louis Aliot a, lui, demandé mercredi sur France 2 que l'Union européenne prenne "sa part de responsabilité" en versant à la France, "un peu seule" pour "défendre l'Europe contre le terrorisme", "une aide financière beaucoup plus importante" et "immédiate".

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