"Au trou les corrompus" et "à bas les privilèges": des manifestations dans plusieurs villes, notamment Paris et Toulouse, ont dénoncé dans le calme dimanche les affaires d'emplois fictifs présumés touchant François Fillon et Marine Le Pen.
Répondant à un appel lancé sur les réseaux sociaux sur le modèle de Nuit debout -ces rassemblements citoyens organisés au printemps dernier-, les manifestants jugent intolérable "d'être gouvernés par un corps élu qui a la possibilité de pratiquer l'inverse de ce qu'il défend", comme l'affirme le texte de l'appel.
Plusieurs centaines de manifestants à Paris "contre la corruption des élus", Place de la République, le 19 février 2017
AFP
"Fillon en prison, la corruption est un poison", "Il n'y a pas d'autorité sans exemplarité: Fillon 18 novembre 2016", "Touche pas au grisbi Penelope": de nombreuses pancartes brandies dans la foule de 700 personnes selon la police, place de la République à Paris, ont visé le candidat de la droite à la présidentielle, empêtré dans une affaire d'emplois fictifs présumés accordés à sa femme et deux de ses enfants.
Annie, 71 ans, qui se définit comme une électrice de gauche, a fabriqué une petite pancarte pour prévenir François Fillon : "Si tu es au second tour, on ne se déplacera pas".
"On ne peut pas élire un escroc. J'ai voté Chirac en 2002, mais si c'est Fillon-Le Pen, ils se démerderont sans moi", a expliqué cette manifestante au regard vert et à la chevelure bouclée.
Plusieurs centaines de manifestants à Paris "contre la corruption des élus", Place de la République, le 19 février 2017
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Patrice Roblet, retraité de 66 ans venu du Val d'Oise, a cité Jérome Cahuzac et François Fillon, mais aussi Donald Trump, pour dire : "Il ne faudrait pas, en plus, qu'ils fassent la morale aux autres".
Et sa désillusion vis-à-vis des élus est grande : "Ils votent leurs lois et leurs privilèges, on ne s'en est pas sortis en fin de compte depuis la Révolution", dit-il, brandissant une pancarte sur laquelle on peut lire "abolition des privilèges et de la monarchie".
Outre François Fillon, la candidate FN à la présidentielle Marine Le Pen est elle aussi confrontée à des soupçons d'emploi fictif de son garde du corps comme assistant au Parlement européen.
Plusieurs centaines de manifestants à Paris "contre la corruption des élus", Place de la République, le 19 février 2017
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Mais, "au-delà d'eux, c'est un problème de système", a observé l'écrivain Alexandre Jardin, présent dans la foule, qui a réclamé "a minima un contrôle par la Cour des comptes" de "l'argent de nos élus". "C'est bien parce que ce n'est pas fait, que les colères montent", juge-t-il.
A Toulouse, parmi des pancartes demandant "François rends-nous le million" ou "emplois fictifs pour tous", quelque 200 personnes se sont réunies place du Capitole, frappant sur des casseroles et scandant ponctuellement "Non à la corruption".
A Saint-Omer (Pas-de-Calais), une banderole "expressive" a été placardée sur la Grand-Place, afin que chacun puisse écrire ses doléances contre la corruption.
D'autres rassemblements ont eu lieu à Lyon, à Angers ou à Lille. Les organisateurs promettent de nouveaux rassemblements dimanche prochain.
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