Mariage Fiat-Renault : « On va vers un clash politique »
Invité de l’émission « On va plus loin », Nabil Bourassi journaliste économique et spécialiste de l’industrie automobile à la Tribune, analyse la possible fusion entre les constructeurs automobiles Renault et Fiat.

Mariage Fiat-Renault : « On va vers un clash politique »

Invité de l’émission « On va plus loin », Nabil Bourassi journaliste économique et spécialiste de l’industrie automobile à la Tribune, analyse la possible fusion entre les constructeurs automobiles Renault et Fiat.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Le groupe italo-américain Fiat-Chrysler propose un mariage au constructeur français Renault. Bruno Le Maire, ministre de l’économie, demande des garanties à cette alliance. Il souhaite notamment qu’il n’y ait « aucune fermeture d’usine et la préservation des emplois industriels. »

Sur le plateau d’« On va plus loin », Nabil Bourassi journaliste économique et spécialiste de l’industrie automobile à la Tribune, estime que cette fusion Renault-Fiat est quasi impossible : « Il y a trop d’obstacles.  Il y a des obstacles industriels (…) [et] il y a un problème d’investissement. Pour relancer les marques du groupe Fiat, il faudra des milliards et des milliards. »   

Pour mieux faire comprendre les enjeux, le journaliste contextualise le secteur automobile : « L’industrie automobile mondiale est confrontée à un énorme mouvement de transformation, sur la voiture connectée, la voiture autonome, la voiture électrique. Et cela va nécessiter des milliards et des milliards et des milliards d’investissements. Dans ce contexte celui qui est le plus contraint c’est Fiat. Fiat n’a pas de voitures électrifiées et est assez en retard sur la voiture autonome. Et sur la connectivité (…) Renault, lui, est en avance. C’est un des groupes les plus électrifiés du monde. Cela fait 10 ans que Renault fait des voitures 100% électriques. De ce point de vue, celui qui a besoin de faire un effet de taille pour faire des synergies, des économies d’échelle, c’est Fiat. »

Quant au constructeur français, il est dans une situation délicate mais pour d’autres raisons : « Renault est dans une passe très difficile avec Nissan. Le gouvernement français souhaiterait que Renault aille plus loin dans la fusion avec Nissan. Alors que Nissan freine des quatre fers (…) et voudrait rééquilibrer les choses. »  

Des obstacles politiques se dressent également contre ce mariage Fiat-Renault. Car les intérêts des Italiens et des Français peuvent s’opposer : « Si Monsieur Salvini [Matteo Salvini, ministre de l’Intérieur italien - NDLR] entre dans le capital de ce nouvel ensemble (…) il faudra aussi jouer avec les intérêts industriels de l’Italie. Or les usines de Fiat sont en surcapacité.  Il faudra nécessairement des réajustements. Cela se fera au détriment des usines italiennes (…) Il y aura des doublons avec les usines françaises. Donc il faudra couper quelque part. L’État italien dira non, l’État français dira non. Donc on va vers un clash politique. »

 

Vous pouvez voir et revoir cet entretien, en intégralité :

OVPL : entretien avec Nabil Bourassi journaliste économique et spécialiste de l’industrie automobile à la Tribune (en intégralité)
06:05

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: Questions au gouvernement Senat
9min

Politique

Sénatoriales : après les municipales, le groupe LR pourrait « perdre de 3 à 5 sièges », face à la poussée du RN

Les municipales permettent déjà de faire des projections sur les sénatoriales de septembre 2026. Sur le papier, les LR craignent de perdre 3 à 5 sièges, mais le scrutin de 2029 s’annonce meilleur. Au groupe centriste, son président Hervé Marseille mise sur une « forme de stabilité ». Globalement, le sénateur LR Roger Karoutchi assure qu’« il n’y a pas de risque sur la majorité sénatoriale », qui restera « très large ».

Le

Taxi de Cannes le carburant a plus de 2 euros le litre
7min

Politique

Prix du carburant : avec les aides ciblés, le gouvernement acte la fin du quoi qu’il en coûte

Le plan d’aides aux entreprises de 70 millions pour face à la hausse des prix des carburants, annoncé par le gouvernement vendredi ne satisfait ni les agriculteurs, ni les transporteurs, ni les pêcheurs concernés. 5 ans après le quoi qu’il en coûte de la crise Covid et trois ans après le bouclier tarifaire de la guerre en Ukraine, le gouvernement a-t-il les moyens de faire autrement qu’avoir recours à des aides ciblées ?

Le