Marine Le Pen prête à « discuter » alliances aux municipales
Forte de sa victoire aux européennes, Marine Le Pen s'est dite prête dimanche à "discuter" avec les LR et les anti-Macron aux...

Marine Le Pen prête à « discuter » alliances aux municipales

Forte de sa victoire aux européennes, Marine Le Pen s'est dite prête dimanche à "discuter" avec les LR et les anti-Macron aux...
Public Sénat

Par Anne RENAUT

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Forte de sa victoire aux européennes, Marine Le Pen s'est dite prête dimanche à "discuter" avec les LR et les anti-Macron aux élections municipales, une "marche" à franchir pour gagner les scrutins suivants jusqu'à l'Elysée.

"Je lance un appel vibrant de la Rochelle à tous ceux qui, chez LR, n'ont pas envie d'être embrigadés dans l'armée d'Emmanuel Macron. (...) Nous sommes prêts à discuter avec eux, à mettre en oeuvre des plateformes d'action communes", a déclaré la présidente du Rassemblement national à l'issue du conseil national (parlement) de son parti, réuni à La Rochelle.

Cet appel, qui s'adresse aussi aux anti-Macron, vise à construire une "grande force d'alternance qui devra voir d'ici trois ans la défaite d'Emmanuel Macron à l'élection présidentielle", a expliqué la cheffe du RN, arrivé en tête aux européennes devant le parti de la majorité.

Rappelant qu'une municipale peut se gagner en duel mais aussi en triangulaire ou quadrangulaire, elle n'a pas voulu dire combien de listes son parti allait présenter. En 2014, le RN avait présenté près de 600 listes mais un tiers des conseillers municipaux ont démissionné depuis.

Elle a défendu une stratégie "de maillage territorial" et "d'implantation". Les municipales sont "la première marche d'une séquence territoriale" qui mènera aux élections départementales et régionales en 2021.

- "Figuration" -

Le RN sera présent "dans tous les départements" et va en "gagner", a-t-elle affirmé, en faisant valoir que son parti avait remporté les européennes dans 66 départements métropolitains.

Mais le RN ne va pas "aller faire de la figuration dans des villes où (il a) peu de chances d’être élu", a admis sur France Inter Sébastien Chenu, porte-parole du parti.

Il y aura de fait "plus de maillage dans des endroits où nous sommes puissants électoralement", renforçant les fiefs du RN dans les régions Hauts-de-France, Provence Alpes-Côte d'Azur, Grand Est et Occitanie.

Le RN entend regagner la dizaine de villes conquises en 2014 pour "irriguer" autour, comme près d'Hénin-Beaumont, dans le Pas-de-Calais, remportée dès le premier tour par Steeve Briois, 1er vice-président du parti.

Suivant cette "stratégie de l'inondation", le parti mise sur des candidats aux municipales issus de cantons gagnables qui seront en capacité de se présenter aux élections locales suivantes. Il investira "plein" de jeunes, après le succès de sa tête de liste aux européennes Jordan Bardella, âgé de 23 ans, promu dimanche 2e vice-président du parti.

Le RN n'espère pas beaucoup de victoires dans l'ouest, et ne conduira pas de liste à Paris.

La ville emblématique briguée sera Perpignan, 122.000 habitants, que le député Louis Aliot, compagnon de Marine Le Pen, convoite sans étiquette pour faciliter le "dialogue". A ce jour, la plus grosse ville tenue par le RN est Fréjus, 53.000 habitants, dans le Var.

- "Compromis" -

Quant aux candidats investis, un effort particulier va être mis sur leur formation et leur accompagnement pendant le mandat. Les conseillers municipaux ont "sous-estimé la difficulté d'être élus de l'opposition" et le parti ne les avait "peut-être pas assez suivis", concède le RN.

En vue des alliances avec les Républicains, en crise profonde après leur débâcle aux européennes, Marine Le Pen a assuré être capable "de compromis" et que "chacun peut conserver très bien son identité, l'appartenance à sa formation, son parcours et en même temps travailler" avec le RN.

Pour ceux qui hésiteraient à franchir le pas d'une adhésion, l'ancien ministre sarkozyste Thierry Mariani, élu eurodéputé sur la liste du RN mais qui n'a pas sa carte au parti, va relancer en septembre son ancien courant Droite populaire, en "satellite" du RN, à l'instar du mouvement Agir, qui réunit d'anciens LR pro-Macron.

Le RN est "incontournable dans l'opposition mais a besoin de forces d'appoint", explique M. Mariani, tout comme l'ancienne députée RN Marion Maréchal, qui brûle de bâtir des "coalitions" entre LR et le RN.

"Mais ce n'est pas la souris qui porte le chat", ont prévenu des élus. Avant de mener des discussions, les candidats RN devront "d'abord monter des listes", a expliqué Marine Le Pen. "Si on n'est pas présents, on ne peut pas s'allier".

Partager cet article

Dans la même thématique

Blois: Political figure at summer convention campusPS.
9min

Politique

« Elle est capable de tout, de balancer un scud » : la présence de Ségolène Royal dans la primaire PS va-t-elle rebattre les cartes pour Raphaël Glucksmann ?

Candidate à la primaire PS/Place Publique, Ségolène Royal va-t-elle bousculer le scénario où Raphaël Glucksmann serait désigné ? « Il y a deux lignes politiques différentes dans la primaire : celle de l’union de la gauche », défendue par Ségolène Royal, et celle « d’union avec le centre droit » de Raphaël Glucksmann, pointe le directeur de campagne de la candidate, Luc Carvounas. Un point commun avec Olivier Faure, qui pourrait faire sens en cas de second tour face au candidat Place Publique…

Le

Paris : Rassemblement Loi Intégrale et Lyhanna
5min

Politique

Loi intégrale : les 1,5 milliard d’euros annoncés par le gouvernement sont-ils à la hauteur des besoins revendiqués par les associations ?

Dans une tribune publiée mardi 15 septembre dans Le Monde, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé près de 1,5 milliard d’euros pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles en 2027, auxquels s’ajouteraient 2,6 milliards d’euros pour la protection de l’enfance. Des montants que les associations jugent insuffisants pour financer l’ensemble des mesures prévues par la « loi intégrale ».

Le

Paris: Conference de presse Bruno Retailleau pouvoir d achat
4min

Politique

Budget : Bruno Retailleau demande au gouvernement le retour de la réforme des retraites

Sur franceinfo, le candidat LR à la présidentielle, Bruno Retailleau a développé un peu plus la ligne de responsabilité qu'il entend incarner en indiquant que sa famille politique allait demander le retour de la réforme des retraites dans le prochain budget. Une réforme que le gouvernement avait suspendue l'année dernière, dans le cadre d'un compromis avec les socialistes.

Le

Rachida Dati and Carlos Ghosn Face Corruption Trial in Paris
5min

Politique

Ouverture du procès pour corruption de Rachida Dati : retour sur l’affaire

Rachida Dati a-t-elle touché 900 000 euros pour soutenir les intérêts de Renault au Parlement européen ? L'ex-ministre de la Justice comparaît à partir de ce mercredi 16 septembre devant le tribunal correctionnel de Paris dans un retentissant procès pour corruption et trafic d'influence, jugée avec l'ex-PDG de Renault-Nissan CV (RNCV), Carlos Ghosn, absent à son procès aujourd’hui, pour avoir perçu de l'argent du constructeur lorsqu'elle était eurodéputée.

Le