Marion Maréchal-Le Pen, loin des yeux, près du coeur des militants du FN
L'ex-étoile montante de l'extrême droite Marion Maréchal-Le Pen a fait un retour politique remarqué à Washington, même si elle s...

Marion Maréchal-Le Pen, loin des yeux, près du coeur des militants du FN

L'ex-étoile montante de l'extrême droite Marion Maréchal-Le Pen a fait un retour politique remarqué à Washington, même si elle s...
Public Sénat

Par Anne RENAUT

Temps de lecture :

4 min

Publié le

L'ex-étoile montante de l'extrême droite Marion Maréchal-Le Pen a fait un retour politique remarqué à Washington, même si elle s'en défend. Ravivant son souvenir auprès des militants du Front national réunis en congrès à Lille, qui ne l'avaient pas oubliée...

"Il faut que Marion revienne". Jean-Claude Clouet est adhérent du FN en Seine-Maritime. Il a écrit cette phrase début janvier sur un petit carton sensé recueillir les questions à la présidente du FN Marine Le Pen, venue rencontrer les militants dans l'Orne.

L'ancienne plus jeune députée de France reste populaire dans le parti, même si elle a choisi de se retirer en mai de la scène politique, juste avant les législatives. 83% des sympathisants FN souhaitent son retour "rapide" à la politique, selon un sondage Ifop pour Valeurs Actuelles réalisé début mars.

Le 22 février, à deux semaines du congrès, la jeune femme de 28 ans a fait une intervention inattendue devant le gratin conservateur américain, et présenté dans une tribune son projet "politique" d'académie de "tous les courants de droite".

"On m'a dit qu'il ne fallait pas le dire mais c'est un retour", lâche son ami le député FN du Gard Gilbert Collard. Et si la présidente du FN Marine Le Pen renonçait, elle fait partie de la "réserve", ose-t-il.

- Elle "épate" Marine -

L'intéressée, qui ne viendra pas au congrès mais a fait une apparition le 1er mars devant un collectif d'entrepreneurs proche du FN Audace, refuse de revenir à la politique "électorale" ou de la commenter, selon François de Voyer, président d'Audace, qui l'a accompagnée aux Etats-Unis.

Elle veut seulement "réveiller la France de droite" et donner "envie aux jeunes de droite de s'engager", selon lui. Dans son testament de mai, elle n'excluait pas de mener un combat "culturel".

Reste que sa prestation américaine en faveur de la "France d'abord" a relancé les spéculations sur son avenir.

Elle "épate" même sa tante Marine, qui se dit catholique comme elle mais qui est plus étatiste et moins conservatrice sur les questions de société que sa nièce.

Pourrait-elle lui succéder à la tête du FN? "Encore faudrait-il qu'elle en ait le souhait", répond Marine Le Pen.

Le sort de l'ex députée du Vaucluse agite d'autant plus le FN que Mme Le Pen ne cesse de dire qu'elle ne s'éternisera pas à la présidence du parti.

"Si elle veut revenir, elle reviendra. Il n'y a aucun problème là-dessus", assure Marine Le Pen.

- Liste pro-famille -

Léa, jeune militante de 22 ans, serait ravie qu'elle revienne. Mais Ugo Falcon, 19 ans, ne veut pas que cela "recrée des fractures" dans un parti déjà secoué par les inimitiés entre le père et sa fille.

Le chemin s'est pourtant dégagé depuis le départ en septembre de l'ancien proche conseiller de Marine Le Pen, Florian Philippot, parti fonder un mouvement souverainiste "ni droite ni gauche", quand Marion Maréchal-Le Pen préfère "l'union des droites" et est plus libérale économiquement.

Pour son ancien assistant Romain Lopez, Marion Maréchal-Le Pen "représente une espérance". Voire "une solution de rechange à l'actuelle direction", selon un autre proche.

"Elle doit être, avec Louis Aliot (vice-président du FN), le seul espoir du Front", estime le maire de Cogolin (Var), Marc-Etienne Lansade, parti du FN en septembre.

Le mensuel L'Incorrect, fondé par ses partisans en septembre, cite dans son premier éditorial son projet "d'alliance" entre "la bourgeoisie conservatrice et les classes populaires" autour de "l'identité".

L'ex-président de Sens commun, émanation politique de la "Manif pour tous" chez les Républicains, Christophe Billan, se disait prêt en octobre à une "plateforme politique" avec Marion Maréchal-Le Pen, qui a salué à Washington ce mouvement d'opposition au mariage homosexuel.

Au FN, la liste d'une cinquantaine de candidats au comité central "pro-famille" - où figure notamment le vice-président Nicolas Bay qui a rêvé d'incarner une ligne Marion - intrigue.

"Si un jour elle revient, je serai là", promet déjà son autre ami Olivier Bettati, vice-président du Centre national des indépendants et paysans (CNIP).

Partager cet article

Dans la même thématique

Meeting de Gregory Doucet pour les municipales a Lyon
6min

Politique

Lyon : derrière le duel Aulas - Doucet, vers une métropole sans majorité ?

La bataille pour la Métropole de Lyon attire moins les projecteurs que le duel entre Grégory Doucet et Jean-Michel Aulas, pourtant les enjeux peuvent être plus importants encore, et le scrutin plus serré. À cause d’un mode de scrutin opaque, les résultats sont plus difficiles à déchiffrer, mais une issue sans majorité stable au conseil métropolitain est tout à fait envisageable.

Le

CORRECTION France Municipal Elections
7min

Politique

Réforme du scrutin Paris-Lyon-Marseille : Rachida Dati battue à son propre jeu ?

La réforme du mode de scrutin instaurée par la loi Paris Lyon Marseille (PLM), longtemps défendue par Rachida Dati, devait rebattre les cartes des élections municipales dans la capitale. Pourtant, les premiers résultats du scrutin de 2026 indiquent que cette évolution institutionnelle ne modifie pas, dans l’immédiat, les équilibres politiques parisiens, même si des écarts peuvent apparaître entre les votes dans les arrondissements et celui pour la mairie centrale. Si la maire du 7ᵉ arrondissement remporte aisément son fief, les rapports de force à l’échelle de l’Hôtel de Ville demeurent, pour l’heure, défavorables à la droite.

Le

Saint-Denis : Meeting LFI-PCF avec Bally Bagayoko et Jean-Luc Melenchon
5min

Politique

Municipales 2026 : derrière les succès de LFI à Roubaix et Saint-Denis, les sortants PS et PCF font la course en tête dans les banlieues populaires

La France insoumise a réussi à convertir ses résultats nationaux en ancrage local dans des proportions inattendues au premier tour, sécurisant déjà la victoire à Saint-Denis et Roubaix. Deux prises spectaculaires qui consacrent sa stratégie de conquête des quartiers populaires. Mais qui masquent des résultats plus contrastés par ailleurs en banlieue face aux sortants PS et PCF, souvent installés confortablement en tête avant le second tour.

Le