Marseille : Dupond-Moretti promet l’arrivée de magistrats supplémentaires
Le ministre de la Justice a assuré mardi qu’il répondrait favorablement aux demandes de magistrats supplémentaires dans la cité phocéenne. Plusieurs règlements de comptes ont poussé élus et professionnels à réclamer davantage de moyens, notamment pour la justice.

Marseille : Dupond-Moretti promet l’arrivée de magistrats supplémentaires

Le ministre de la Justice a assuré mardi qu’il répondrait favorablement aux demandes de magistrats supplémentaires dans la cité phocéenne. Plusieurs règlements de comptes ont poussé élus et professionnels à réclamer davantage de moyens, notamment pour la justice.
Public Sénat

Par la rédaction de Public Sénat avec AFP

Temps de lecture :

4 min

Publié le

« La Chancellerie est très attentive à la situation de Marseille, vous l’imaginez, comme d’ailleurs le ministère de l’Intérieur qui a promis un renforcement en termes de policiers mais, nous aussi, nous sommes au rendez-vous », a déclaré le garde des Sceaux à la presse, en marge d’une visite consacrée à la réforme de la justice pénale des mineurs qui doit entrer en vigueur le 30 septembre.

Marseille connaît une accélération du nombre de règlements de comptes depuis deux mois, avec des homicides par balles dans des cités et quartiers touchés par les trafics de drogue. Ce week-end, quatre jours après la mort d’un adolescent de 14 ans près d’un point de vente de drogue, trois hommes ont été tués.

Elus et professionnels demandent des moyens supplémentaires, notamment pour la Justice. La procureur de la République de Marseille évoquait à ce titre le manque de moyens de la juridiction interrégionale spécialisée contre le crime organisé, qui opère sur l’ensemble de l’arc méditerranéen.

Depuis un an, 62 personnels, hors magistrats, sont arrivés dans la juridiction de Marseille, et 11 magistrats ont été recrutés, dont les derniers doivent prendre leur poste le 1er septembre, a voulu rappeler le ministre lors de son déplacement.

« La justice a besoin de moyens »

« Mais, bien sûr, ça n’est jamais suffisant et, bien sûr, il n’y a pas de recette miracle », a poursuivi M. Dupond-Moretti. « Nous le savons, la justice a besoin de moyens et je suis aussi extrêmement attentif à ce que les chefs de juridiction qui sont ici à mes côtés ont fait remonter aux chefs de cour. Ils souhaitent encore des magistrats supplémentaires et c’est favorablement que je répondrai dans les jours qui viennent à ces demandes parce qu’elles sont légitimes et nécessaires ».

Rappelant que, dès mars, il avait demandé un audit à l’Inspection générale de la justice sur la situation marseillaise, le ministre a promis qu’il ferait « tout » pour que les besoins spécifiques de la deuxième ville de France soient « satisfaits » : « C’est une préoccupation majeure ».

Éric Dupond-Moretti annonce la réduction du délai, de 15 à 18 mois en moyenne à « 10 jours, 3 mois maximum pour une décision de culpabilité »

Evoquant par ailleurs la réforme de la justice pénale des mineurs, qui met notamment en place une procédure de jugement en deux temps et doit permettre une accélération des jugements, le garde des Sceaux a fait part de son « optimisme réaliste » : « Nous serons prêts le 30 septembre pour que les mineurs soient jugés dans des délais rapides et nous espérons bien sûr que cela aura un impact sur la délinquance »

Macron à Marseille la semaine prochaine

Interrogé lundi sur BFMTV, le maire socialiste Marseille, Benoît Payan, avait estimé que la ville manquait encore de policiers, appelant à une « approche globale » de la question de la délinquance dans une des villes les plus pauvres de France, minée par des problèmes de mal-logement et d’écoles en mauvais état : « Il faut aussi donner des moyens à la justice, à l’Education nationale », avait-il plaidé.

Le chef de l’Etat se rendra, lui aussi, dans la cité phocéenne même si aucune date n’a été annoncée. Le maire socialiste de Marseille Benoît Payan avait évoqué le fait qu’Emmanuel Macron allait faire « un certain nombre d’annonces ». « On les fera probablement ensemble », a-t-il ajouté, soulignant que le président, qu’il avait rencontré en mars, avait « une vision claire » des chantiers à mener à Marseille.

Partager cet article

Dans la même thématique

Marseille : Dupond-Moretti promet l’arrivée de magistrats supplémentaires
3min

Politique

Charlélie Couture : « Je suis revenu en France car j’avais le sentiment de ne plus comprendre l’Amérique qui venait d’élire Donald Trump »

Si la liberté artistique avait un visage, ce serait le sien. Charlélie Couture ne s’est jamais contenté de pratiquer un seul art, cela ne lui aurait pas suffi. Alors il chante, sculpte, dessine et même photographie. Pour lui, la création est une nécessité, si bien qu’il était parti vivre cette aventure en Amérique, la tête remplie de rêves mais qui se sont peu à peu dissipés en raison du contexte politique. Son dernier livre, Manhattan Gallery (éd. Calmann-Lévy) retrace cette histoire à travers le portrait de 50 personnes rencontrées dans sa galerie new-yorkaise. Invité de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde, un regard, il revient sur sa carrière, ses engagements et ses innombrables projets.

Le

Marseille : Dupond-Moretti promet l’arrivée de magistrats supplémentaires
4min

Politique

Déserts médicaux : « Il existe des différences d’espérance de vie entre les départements » alerte Karine Daniel sénatrice socialiste de Loire-Atlantique

Au Clos-Toreau, quartier populaire du sud de Nantes, les habitants se battent depuis deux ans pour obtenir l’ouverture d’un centre de santé. A l’approche des élections municipales, la question des déserts médicaux s’impose dans la campagne comme un sujet de préoccupation récurrent, comme en témoigne cet habitant de Nantes dans l’émission Dialogue citoyen.

Le

Paris: Bruno Retailleau annonce candidature elections presidentielles 2027
6min

Politique

Référendum sur l’immigration, primauté du droit national : le projet de Bruno Retailleau est-il faisable ?

En annonçant sa candidature à la présidentielle, le patron des Républicains a promis de « renverser la table » en redonnant la parole aux Français par des référendums sur l’immigration et la justice ou encore en redonnant la primauté du droit national sur les normes internationales. Un programme qui nécessite de réviser la Constitution. Il y a quelques années, le sénateur de Vendée avait déposé une proposition de loi constitutionnelle en ce sens, avant de la retirer faute d'avoir pu réunir une majorité au Sénat.

Le