Matignon dans le Cher : « Si c’est juste pour dire on vient vous voir et on ne vous entend pas, ça ne sert à rien »
Le premier ministre Edouard Philippe délocalise Matignon dans le Cher pendant trois jours. « Ça permet de prendre le pouls d’un territoire » salue le sénateur LR François Pillet. Son collègue Rémy Pointereau attend des « mesures qui permettent de stopper le sentiment d’abandon ».

Matignon dans le Cher : « Si c’est juste pour dire on vient vous voir et on ne vous entend pas, ça ne sert à rien »

Le premier ministre Edouard Philippe délocalise Matignon dans le Cher pendant trois jours. « Ça permet de prendre le pouls d’un territoire » salue le sénateur LR François Pillet. Son collègue Rémy Pointereau attend des « mesures qui permettent de stopper le sentiment d’abandon ».
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Tous au vert. Le premier ministre Edouard Philippe, son cabinet et quelques ministres et secrétaires d’Etat sont envoyés pour trois jours dans le Cher. Ce département rural n’a pas été choisi par hasard pour cette « décentralisation » de Matignon. Il s’agit de lutter contre l’image d’un Président et d’un gouvernement qui seraient plus tournés vers les villes que les campagnes. Difficile de cacher le plan com’. Un déplacement du même acabit avait déjà été réalisé dans le Lot, en décembre dernier.

« Rencontrer la réalité des habitants »

« L’idée, ce n’est pas du tout de compenser quoi que ce soit, mais de rencontrer, d’expliquer, (…) il n’y a rien qui remplace le contact direct » afin de « rencontrer la réalité des habitants de ce département » a défendu mercredi matin Edouard Philippe (voir la vidéo). Après une visite de l'abbaye de Noirlac, pour défendre le tourisme culturel, il devait se rendre dans l’après-midi dans une maison de santé pluridisciplinaire, pour évoquer la question des déserts médicaux. Des visites d’entreprises sont aussi au programme. Autre gros sujet : la limitation de la vitesse à 80 km/h sur les routes départementales. Le Cher, dont 98% des axes sont bi-directionnels et donc soumis à l'expérimentation des 80 km/h à partir du 1er juillet, est concerné au premier chef. Edouard Philippe a pesé pour maintenir cette mesure impopulaire. A lui de la défendre.

Edouard Philippe dans le Cher pour « rencontrer la réalité des habitants »
00:56

Elu du département, le sénateur LR François Pillet, salue l’initiative du déplacement d’Edouard Philippe. « Quand un premier ministre se déplace pendant presque trois jours dans un département, ça ne peut être que positif. Je retiens une visite qui s’éloigne de tout réflexe technocratique. Il écoute les gens, il veut bien discuter », « ça permet de prendre le pouls d’un territoire » souligne le sénateur du Cher, interrogé par Public Sénat. Il insiste sur « les angoisses, les craintes, les interrogations. (…) Les échanges portent sur une grande crainte : ne nous oubliez pas ». Regardez :

François Pillet, sénateur LR, sur la visite d'Edouard Philippe dans le Cher
02:12

« Qu’il nous entende et prenne les mesures qui permettent de stopper ce sentiment d’abandon »

« On ne peut pas voir ça d’un mauvais œil » reconnaît Rémy Pointereau, l’autre sénateur LR du département, joint par publicsenat.fr. Mais il attend de voir. « L’important, c’est qu’il nous entende et prenne les mesures qui permettent de stopper ce sentiment d’abandon qu’on vit sur notre territoire, que ce soit dans le domaine du numérique, des zones blanches en téléphonie. Le problème est énorme. Et il y a un vrai souci avec les déserts médicaux. Et je ne vous parle pas de l’agriculture, où on est dans une situation dramatique, que ce soit pour l’élevage, les céréales ou l’arboriculture. C’est dramatique », souligne le sénateur, auteur d’un rapport sur la revitalisation des centres-villes, face à leur désertification. Sans oublier les compensations pour la suppression de la taxe d’habitation.

Au bout du fil, on perd Rémy Pointereau. Il est en voiture dans le département et traverse une zone blanche. On le récupère. « Ça a coupé. C’est tout le temps comme ça » souffle le sénateur. On comprend qu’il attend de vraies décisions de la part du gouvernement. « Si c’est juste pour nous dire on vient vous voir, on vous écoute et on ne vous entend pas, ça ne sert à rien. Si on nous écoute et on trouve des solutions qui ne descendent pas de Paris mais qui viennent du terrain, ce serait la meilleure formule » imagine l’élu du Cher. Rémy Pointereau dîne ce soir aux côtés d’Edouard Philippe, avant de l’accompagner demain dans ses visites. Il compte bien « lui faire passer des messages ».

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