Matignon: un Normand «de droite» succède à un Normand «de gauche»
Un Normand de droite remplace un normand de gauche. Lors de la passation de pouvoir à Matignon, Bernard Cazeneuve a amicalement conseillé son successeur Édouard Philippe : « Les Normands sont violemment modérés » lui a-t-il affirmé en citant Tocqueville. « Ils sont parfois aussi conquérants » lui a répondu le nouveau locataire de Matignon.

Matignon: un Normand «de droite» succède à un Normand «de gauche»

Un Normand de droite remplace un normand de gauche. Lors de la passation de pouvoir à Matignon, Bernard Cazeneuve a amicalement conseillé son successeur Édouard Philippe : « Les Normands sont violemment modérés » lui a-t-il affirmé en citant Tocqueville. « Ils sont parfois aussi conquérants » lui a répondu le nouveau locataire de Matignon.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

« Les Normands sont violemment modérés ». Reprenant l’oxymore de Tocqueville, Bernard Cazeneuve a donc vu dans les origines de son successeur, un premier indice rassurant de l’après Hollande. « (Les Normands) sont imprégnés de l’esprit de sagesse. Et je crois qu’il faut de la sagesse dans ce moment si particulier dans lequel nous nous trouvons ». L’ancien maire de Cherbourg est rassuré. Il peut passer le flambeau à l'édile du Havre.

Ces traits d’humour passés, Bernard Cazeneuve a profité de son allocution pour faire un bilan de ses cinq années passées au sein de l’exécutif, marquées douloureusement par la vague d’attentats qui frappa la France lorsque ce dernier était en poste place Beauvau. « Pendant ces épreuves, j’ai vu les Français désireux de voir la République demeurer debout (…) Plus forte que les ferments d’opposition que certains s’employaient à faire naître dans notre pays ». L’ancien ministre de l’Intérieur a également adressé aux forces de l’ordre et de sécurité son « immense gratitude ».(voir la vidéo ci-dessous)

Bernard Cazeneuve quitte Matignon
04:40

«  Je suis convaincu que l’Histoire reconnaîtra que ces premiers succès seront imputables à l’action du Président Hollande »

À son successeur, Bernard Cazeneuve a aussi délivré quelques messages. « Nous avons sur les questions économiques, sur les services publics, sur la politique internationale, pris les décisions qui nous paraissaient justes et bonnes pour notre pays. Et  les résultats commencent à se faire jour, dont je suis convaincu que l’Histoire reconnaîtra que ces premiers succès seront imputables à l’action du Président Hollande ».

Bernard Cazeneuve quitte ses responsabilités « en homme de gauche »

Bernard Cazeneuve qui n’a jamais été un partisan de la ligne « ni droite, ni gauche » théorisée depuis un an par le nouveau Président Macron, l’a fait savoir au nouveau locataire de Matignon. Citant Léon Blum, Jean Jaurès ou encore Pierre Mendès France, Bernard Cazeneuve a rappelé qu’il quittait ses responsabilités « en homme de gauche », avant d’adresser un amical avertissement à Édouard Philippe. « Si l’on veut montrer fermement la direction, il faut précisément savoir quels sont ces héritages dont on est comptable ».

Édouard Philippe : « Il se trouve que je suis moi-même un homme de droite »

Edouard Philippe à Bernard Cazeneuve: "vous êtes un exemple de caractère"
05:50

« Vous avez dit que vous étiez un homme de gauche (...) Il se trouve que je suis moi-même un homme de droite » lui a répondu Édouard Philippe, citant à son tour ses propres références politiques, « Charles de Gaulle » et « Georges Clemenceau ». Sur leurs origines normandes, le nouveau Premier ministre a lui aussi ses qualificatifs. « Les Normands sont certes violemment modérés. Ils sont parfois aussi conquérants. Et vous êtes complètement normand et moi aussi » a-t-il affirmé à celui qu’il considère comme « un exemple de caractère ». 

Partager cet article

Dans la même thématique

Matignon: un Normand «de droite» succède à un Normand «de gauche»
3min

Politique

Alain Duhamel : « Les Français sont dans un état de défiance que je trouve totalement disproportionné »

Il a connu Pompidou, interviewé Valéry Giscard d’Estaing, mis sur le grill François Mitterrand et, pour ainsi dire, vu naître politiquement tous les autres présidents de la Cinquième République. Voilà cinquante ans qu’Alain Duhamel ausculte la politique française avec une tempérance devenue sa marque de fabrique. La retraite ? Impensable pour l’éditorialiste qui publie Les Politiques, portraits et croquis (éditions de l’Observatoire) dans lequel sont scrutées 63 personnalités politiques avec beaucoup de franchise. Invitée de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde un regard, il revient sur les souvenirs marquants de sa carrière et analyse le climat politique des dernières années.

Le

6min

Politique

Royaume-Uni : Keir Starmer face à « la défiance » de son propre camp, après de nouvelles révélations entre Jeffrey Epstein et l’ancien ambassadeur britannique à Washington

Le Premier ministre essuie les conséquences de sa décision de nommer Peter Mandelson en tant qu’ambassadeur à Washington en 2024, alors que ses liens avec Jeffrey Epstein étaient déjà connus. Après la publication de nouveaux fichiers sur le financier américain, la pression s’accentue contre Keir Starmer, déjà fragilisé depuis le début de son mandat.

Le

Municipales 2026 : la décision du ministère de l’Intérieur de classer la France insoumise à l’extrême gauche peut-elle être fondée ?
8min

Politique

Municipales 2026 : la décision du ministère de l’Intérieur de classer la France insoumise à l’extrême gauche peut-elle être fondée ?

Le ministère de l’Intérieur a déclenché les foudres des Insoumis en classant ce mouvement pour la première fois à l’extrême gauche, dans une circulaire adressée aux préfets en vue de la catégorisation des candidats et des listes. Ce n’est pas la première fois que la place Beauvau est critiquée pour ses choix.

Le