Au terme d'une première semaine de travaux parlementaires, Jean-Luc Mélenchon et les Insoumis incarnent déjà, au moins en apparence, l...
Mélenchon et les Insoumis s’affirment à l’Assemblée dans une opposition en crise
Au terme d'une première semaine de travaux parlementaires, Jean-Luc Mélenchon et les Insoumis incarnent déjà, au moins en apparence, l...
Par Sami ACEF
Temps de lecture :
4 min
Publié le
Au terme d'une première semaine de travaux parlementaires, Jean-Luc Mélenchon et les Insoumis incarnent déjà, au moins en apparence, l'opposition la plus affirmée au gouvernement, à grand renfort de coups d'éclat et grâce aux crises traversées par les autres partis.
"Nous représentons l'alternative au monde que vous représentez", a lancé Jean-Luc Mélenchon mardi, en réponse à la déclaration de politique générale d'Edouard Philippe. Fustigeant le "coup d'Etat social" du gouvernement, le leader des députés Insoumis conclut sous les vivas de ses camarades, brandissant chacun un exemplaire du code du Travail.
Une entorse au règlement de l'Assemblée, mais une image qui marque. Comme lorsque le groupe décide de boycotter le Congrès et se rassemble place de la République contre "l'hyper-présidentialisation". Comme encore le 20 juin, lorsque l'élu de Marseille entre avec ses 16 camarades LFI, le poing levé sur les marches du Palais Bourbon et criant "Résistance!".
Jean-Luc Mélenchon, président du groupe parlementaire la France Insoumise, fait une déclaration après le discours du Premier ministre Edouard Philippe sur la politique générale, le 4 juillet 2017 à l'Assemblée nationale, à Paris
AFP/Archives
Pour autant les députés LFI -jeunes pour la plupart- ne se cantonnent pas qu'à des symboles, et déposent dès lundi plus de la moitié des amendements en commission au projet de loi d'habilitation à réformer par ordonnances le code du travail.
Cette posture ne semble pas déplaire au nouvel exécutif. "Le gouvernement va privilégier LFI comme principale opposition", pense un parlementaire socialiste, évoquant "une espèce de deal tacite" qui peut les arranger.
Édouard Philippe n'hésite pas ainsi à rendre "hommage" à "MM. Mélenchon et (Sébastien) Jumel", député PCF de Seine-Maritime, pour leur "cohérence" dans leur opposition aux ordonnances.
Pour autant un proche du Premier ministre, s'il reconnaît "l'intérêt" d'une opposition menée par Mélenchon, réfute l'idée d'une action "volontaire" de Matignon. "Il y a un certain respect pour Mélenchon qui est je crois réciproque", affirme-t-il. "Il (Philippe) respecte l'homme lettré, l'orateur", assure-t-il.
"La droite, il la trouve parfaitement incohérente. Il est clair qu'il a plutôt intérêt à entretenir la dynamique qui laisse la droite en suspension", estime-t-il.
Avec 100 députés, Les Républicains sont pourtant la première force d'opposition sur le papier, loin devant les Insoumis (6e groupe en termes d'effectifs).
- Des députés FN discrets -
"Ce qui apparaît, c'est que LFI sait bien utiliser le fait d'avoir un groupe", estime l'historien Gilles Richard, jugeant que LR "ne peut pas apparaître comme une force d'opposition (...) parce que le parti est profondément divisé".
75 députés LR ont ainsi choisi de s'abstenir lors du vote de confiance au gouvernement, traditionnel marqueur de l'opposition. Ils ont également fait preuve d'une relative discrétion dans l'hémicycle.
Situation similaire au PS où, alors que le parti avait affirmé son appartenance à l'opposition fin juin, les députés ont là aussi choisi l'abstention (23 députés sur 31).
"Qu'est-ce que c'est qu'une opposition qui s'abstient au moment où on vote la confiance ?", n'a pas manqué d'ironiser Jean-Luc Mélenchon dès le lendemain.
Marine Le Pen (c) et les membres du groupe parlement Front National, lors des questions au gouvernement, le 5 juillet 2017 à l'Assemblée nationale, à Paris
AFP/Archives
"Nous sommes la seule opposition", lançait le même jour Marine Le Pen, en concédant: "avec Jean-Luc Mélenchon probablement". Mais les députés FN se sont pour l'instant montré discrets au palais Bourbon.
"Non seulement le Front n'a pas de groupe (ce qui limite son temps de parole, ndlr), (...) mais il traverse une période compliquée en interne", explique Jean-Yves Camus, directeur de l'Observatoire des radicalités politiques, en référence au douloureux débat de refondation que traverse le parti.
Reste le cas des députés communistes. Eux-aussi ont boycotté le Congrès, déposé des amendements et attaqué un projet de gouvernement qui n'est pas fait pour "les classes populaires et les classes moyennes".
Si les interventions des 11 députés communistes sont moins scrutées que celles de LFI, leur créneau dans l'opposition est assez proche de celui de Jean-Luc Mélenchon.
"Il est dans une forme d'opposition plus radicale que les autres", estime Philippe Raynaud, spécialiste de l'extrême gauche et auteur de "l'Esprit de la Ve République". Mais "si la nouvelle législation du Travail est adoptée sans trop de casse (...) ça sera une défaite politique pour Mélenchon", juge-t-il.
A travers une proposition de loi, le député Renaissance Paul Midy souhaite encadrer le temps de parole sur les réseaux sociaux durant les périodes électorales et leur appliquer des règles similaires à celles que respectent les médias audiovisuels. Le texte suscite un certain scepticisme, tant sur le plan juridique que sur le plan technique.
Le candidat à la présidentielle réunit les cadres d’Horizons, ce dimanche, à Reims, pour montrer qu’il est prêt, avec la mise en « place d’une architecture de campagne ». Mais il s’agit aussi de « passer à une autre phase » et « ne plus être simplement le candidat Horizons et le président d’Horizons », décrypte un proche, pour mieux s’adresser à l’ensemble des Français, dans la perspective de 2027, mais aussi accueillir de futurs soutiens…
A quelques jours de l’examen, au Sénat, du projet de loi habilitant le gouvernement à transposer par ordonnances le Pacte sur la migration, la commission des affaires européennes a remis plusieurs recommandations, ce jeudi 7 mai. L’occasion pour les élus de rappeler à l’exécutif son insatisfaction sur la méthode employée.
« Déclarer sa candidature aujourd’hui et figer les choses ne me paraît pas être le bon principe », met en garde le patron des sénateurs Renaissance, alors que Gabriel Attal devrait annoncer bientôt sa candidature pour 2027.