Mélenchon favorable sous conditions à la mention de la Corse dans la Constitution
Jean-Luc Mélenchon s'est déclaré vendredi favorable sous conditions à l'inscription de la Corse dans la Constitution, mais...

Mélenchon favorable sous conditions à la mention de la Corse dans la Constitution

Jean-Luc Mélenchon s'est déclaré vendredi favorable sous conditions à l'inscription de la Corse dans la Constitution, mais...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Jean-Luc Mélenchon s'est déclaré vendredi favorable sous conditions à l'inscription de la Corse dans la Constitution, mais uniquement via l'article 74, sur l'Outre-Mer, mettant cependant en garde contre un "démembrement de la République française" avec des statuts à la carte région par région.

Se revendiquant toujours jacobin, M. Mélenchon a par contre apporté son soutien à une des principales revendications des dirigeants nationalistes de Corse, celle d'un statut de résident, qui permettrait de réserver l'accession à la propriété aux Corses ou à ceux vivant sur l'île depuis un certain temps.

Concernant l'inscription de la spécificité de la Corse dans la Constitution, proposée par Emmanuel Macron dans son discours à Bastia mercredi, M. Mélenchon a accusé le chef de l'Etat de vouloir utiliser la Corse comme "cheval de Troie" pour aboutir à des statuts différents, région par région. Tout comme il a "instauré un code du travail à géométrie variable".

"Ce serait étonnant qu'il ait parlé si longtemps pour ne rien dire, c'était un ballon d'essai", a affirmé le chef de file de la France Insoumise, en refusant la mention de la Corse dans l'article 72 de la constitution, qui mènerait selon lui "à un démembrement de la République française".

"La France n'est pas une addition fédérale de territoires auto-administrés, nous ne sommes pas la République fédérale allemande", a-t-il insisté, plaidant pour qu'un éventuel statut corse soit inscrit dans la constitution via l'article 74 sur l'Outre-mer. Mais d'éventuelles "lois pays", comme en Polynésie ou en Nouvelle-Calédonie, devraient rester sous le contrôle du Conseil constitutionnel ou du Conseil d'Etat, a-t-il souligné.

Concernant les revendications des nationalistes corses, M. Mélenchon a validé l'idée d'un statut de résident, refusant "de se bloquer sur le mot": le critère de cinq ans de résidence proposé "n'est pas une provocation absolue ou une atteinte aux droits de l'Homme", a-t-il commenté, rappelant que la gauche a longtemps défendu le slogan "vivre et travailler au pays".

Sur la co-officialité de la langue corse et du français, M. Mélenchon s'est en revanche déclaré opposé s'il y a "une intention discriminatoire" qui conduirait par exemple "à réserver certains emplois à ceux qui parlent corse". "Mais que le plus de gens possible parlent corse, là nous sommes d'accord", a-t-il poursuivi, avant de plaider aussi pour le rapprochement des prisonniers corses détenus dans l'Hexagone.

Mais pas question de parler de prisonniers politiques: "Je récuse absolument ce concept, il n'y a pas de prisonniers politiques en France, s'il y en avait, ça se saurait".

Partager cet article

Dans la même thématique

candidat à Paris
8min

Politique

Municipales 2026 : à Paris, la campagne se joue-t-elle désormais à coup de likes ? 

À l’approche des élections municipales de 2026, la campagne parisienne se déploie massivement sur les réseaux sociaux. Vidéos courtes, stratégies d’influence et recours à l’intelligence artificielle redéfinissent les codes de la communication politique locale. Mais derrière la course aux vues, des experts interrogent l’impact réel de ces nouveaux outils sur le vote et la démocratie.

Le

Legislatives 2024:  Bureau de vote
8min

Politique

« A quoi bon aller voter car nous avons une seule liste cette fois ? » : les petites communes face au risque de hausse de l’abstention aux municipales

Les deux tiers des communes, essentiellement celles de petite taille, n’ont qu’une seule liste pour les élections municipales. C’est la conséquence directe de la réforme du mode de scrutin pour les communes de moins de 1000 habitants. Il en découle un autre effet : le risque de voir l’abstention progresser dans ces territoires souvent ruraux. C’est la crainte des élus et des sénateurs.

Le

NUPES : Lancement du Parlement
9min

Politique

Municipales : rupture consommée officiellement entre le PS et LFI… au moins jusqu’au second tour

A l’issue d’un Bureau national, les socialistes ont qualifié les propos récents de Jean-Luc Mélenchon « d’antisémites » et rejettent toute possibilité d’un accord national au premier et au second tour des municipales avec LFI. Les Insoumis dénoncent, eux, l’irresponsabilité de la direction du PS, qui selon eux, fait le jeu de l’extrême droite. Mais au soir du premier tour, LFI et le PS devront faire face à la pression de leurs militants respectifs pour trouver un accord dans les cas où la désunion à gauche conduirait à la victoire de la droite ou l’extrême droite.

Le