En progrès dans l'opinion, Jean-Luc Mélenchon va essayer lors d'un grand meeting en plein air, dimanche à Marseille, de transformer la dynamique...
Mélenchon va tenter de confirmer sa dynamique à Marseille
En progrès dans l'opinion, Jean-Luc Mélenchon va essayer lors d'un grand meeting en plein air, dimanche à Marseille, de transformer la dynamique...
Par Lucile MALANDAIN
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En progrès dans l'opinion, Jean-Luc Mélenchon va essayer lors d'un grand meeting en plein air, dimanche à Marseille, de transformer la dynamique autour de sa candidature en une réelle chance d'être présent au second tour de la présidentielle.
Donné au coude-à-coude avec François Fillon dans les intentions de vote au premier tour, le candidat de La France insoumise a cette fois choisi le thème de la paix et le Vieux Port, espérant que des dizaines de milliers de personnes débordent dans la Canebière.
"Il est infiniment plus prêt que l'état de surprise de la dernière fois", promet Clémentine Autain, porte-parole d'Ensemble et soutien de M. Mélenchon. "Le paysage a changé, cette élection est beaucoup plus incertaine, plus mouvante qu'en 2012 où elle était dominée par les deux grands partis à l'époque", assure de son côté Manuel Bompard, son directeur de campagne.
Mais pour cela, Jean-Luc Mélenchon ne doit pas céder à la pression. Le 14 avril 2012, son discours sur la plage du Prado était en effet resté comme une contradiction de sa première campagne. Ode aux vertus du métissage et à la Méditerranée, ce meeting très personnel et inspiré avait paradoxalement sonné l'arrêt de sa progression qui le portait déjà au delà de 15% dans les sondages.
Qualifiant la campagne 2017 de "fascinante", le candidat de La France insoumise a estimé vendredi sur le plateau de France 2 avoir "rarement vu autant le peuple français se chercher" que cette année. "J'ai le culte de l'action populaire, mon optimisme est sans limite", a-t-il ajouté, posant les enjeux de son intervention dimanche.
Non seulement il est prêt mais tout a été organisé pour qu'il tienne jusqu'au bout. Et s'il a lui-même reconnu être "très fatigué", en meeting à Châteauroux dimanche dernier, il a réussi à s'illustrer dans les débats télévisés au point de se présenter dans le même temps comme "une figure rassurante".
- "Au bord du point de bascule" -
Jean-Luc Mélenchon lors du débat télévisé entre les onze candidats à la présidentielle sur les chaînes BFM TV et CNews, le 4 avril 2017 à La Plaine-Saint-Denis, près de Paris
POOL/AFP
Étonnant de la part de cet homme sanguin et entier, connu pour ses coups de gueule. Mais cela s'explique selon lui par une campagne minée par les affaires, où lui-même, lancé depuis 14 mois et s'appuyant sur un programme longuement pesé et très complet, s'apparenterait à "un chemin balisé". "Du coup, j'apparais pour beaucoup comme une solution raisonnable… Non, pas raisonnable… raisonnée. Avec moi, il y a des étapes, un calendrier, une méthode", analysait-il récemment.
Pas le droit à l'erreur donc, d'autant que le relatif tassement d'Emmanuel Macron lui ouvre la porte de la finale. M. Mélenchon distance de plus depuis maintenant trois semaines le socialiste Benoît Hamon, dont la dynamique s'est enrayée avec le feuilleton des départs socialistes vers le candidat d'En Marche!.
"Le mécanisme du vote utile profite à Jean-Luc Mélenchon", explique un proche, "on est au bord du point de bascule".
De fait, au delà des intentions de vote, M. Mélenchon atteint des sommets de popularité. Avec 51% d'opinions positives (+19 points en un mois), il a pris jeudi la tête des personnalités politiques préférées des Français.
Convaincre les indécis est son actuel credo. Au premier rang desquels, pourquoi pas, les Gaullistes soucieux de la souveraineté de la France à qui s'adresse son discours de sortie de l'OTAN et de bataille pour la paix dans le monde. Mais aussi les abstentionnistes des classes ouvrières et employées. Vendredi, il a commenté leur "immense perplexité" face à une gauche politique qui, selon lui, "s'occupait d'eux, de leurs salaires, etc" mais les a "frappés" au cours du dernier quinquennat.
"Au même moment une extrême droite extrêmement active a su capter une certaine énergie", a-t-il poursuivi, promettant de "porter le combat et de convaincre" contre Marine Le Pen.
"Il y a des moments où vous sentez que la situation et les destins s'approchent de vous, je le dis sans prétention", a-t-il ajouté.
À Paris, la fusion des listes entre Rachida Dati et Pierre-Yves Bournazel relève davantage du réalisme politique face à l’avance de la gauche que d’un rapprochement sincère et naturel. Il a fallu surmonter « une forme d’inimitié » entre les deux candidats, reconnait la vice-présidente de LR et sénatrice de la capitale Agnès Evren, qui compte aussi sur les reports de voix des électeurs de Sarah Knafo.
A Montpellier, c’est une triangulaire qui opposera, dimanche prochain, le maire sortant socialiste Michaël Delafosse, en tête avec 33,41 % au premier tour, la candidate LFI, Nathalie Oziol, deuxième avec 15,36 % et le candidat indépendant, Mohed Altrad (11,31 % des voix). Si dans de nombreuses grandes villes de France, comme Lyon, Toulouse, Nantes… LFI et le reste de la gauche se sont unis au deuxième tour des élections municipales, dans l’Hérault, il n’en a pas été question, tant les deux gauches semblent irréconciliables. Pas d’union à gauche Lors du débat organisé Public Sénat, France Télévisions ICI Occitanie et la radio ICI Hérault organisaient, les protagonistes ont rappelé leur position. « Je constate que depuis que j’ai l’honneur d’être maire de Montpellier, LFI pilonne l’ensemble des mesures que nous portons et met plus d’énergie dans la critique de l’action d’un maire de gauche que contre l’extrême droite », a justifié Michaël Delafosse qui précise, néanmoins, n’avoir eu qu’un adversaire lors de cette campagne : c’est l’extrême droite. Nathalie Oziol a estimé que l’absence de l’extrême droite au second tour à Montpellier, c’était grâce à la France Insoumise. Dans cette configuration, l’union de la gauche n’était pas nécessaire car le choix des électeurs, selon elle, résidait entre le « système socialiste en place » et les Insoumis. L’homme d’affaires, milliardaire, propriétaire du club de rugby local, Mohed Altrad qui, contrairement à 2020, n’a pas fait d’alliance pour le second tour avec l’humoriste Rémi Gaillard et une autre candidate de gauche Alenka Doulain, s’est présenté comme un homme qui n’était pas politique mais qu’il s’éloignerait « le plus possible » de son entreprise s’il était élu. Transports Michael Delafausse a défendu la mesure phare de son mandat, la gratuité des transports, financée par le versement mobilité, même si un rapport de la Cour des comptes a jugé la mesure coûteuse et peu efficace pour inciter les Montpelliérains à ne pas prendre leur voiture. Nathalie Oziol soutient la mesure mais la considère mal appliquée. « Des trams et des bus ont diminué en fréquence. Nous n’avons pas vérifié si le maillage territorial était suffisant », a-t-elle reproché. Autre dossier, le COM (le Contournement Ouest de Montpellier), une voie qui doit relier deux autoroutes pour désengorger la circulation en centre-ville, dont les travaux doivent démarrer cette année, est contesté par les adversaires du maire sortant. « Le COM permettra de contourner Montpellier plutôt que d’envoyer tout le trafic vers l’avenue de la Liberté. C’est financé par les péages », a défendu Michaël Delafosse. « Hors de question. C’est notre A69 à nous. C’est une aberration environnementale, les arbres coupés… C’est une 10 voix qui va passer sous les fenêtres des Montpelliérains », a dénoncé la candidate LFI. Mohed Altrad s’y est montré lui favorable mais à condition que le COM ne soit pas payant pour les Montpelliérains. Sécurité En ce qui concerne la police municipale, Nathalie Oziol, a défendu son désarmement. « Il faut que la police municipale devienne une police de proximité qui fasse le lien avec les habitants ». Prenant l’exemple de la ville de Béziers, la mesure phare de Mohed Altrad est celle d’un couvre-feu au moins de 16 ans à partir de 22h, mais aussi doubler les effectifs de la police municipale et renforcer la vidéoprotection. Le maire sortant a défendu l’armement de la police municipale, la création d’une police des transports, le recrutement de 100 agents supplémentaires et le doublement des caméras de surveillance. Traitement des déchets La validation par le conseil de la Métropole de Montpellier d’une unité de valorisation énergétique par combustibles solides de récupération (CSR) est l’autre dossier chaud de l’élection. « C’est de la folie, c’est la pollution, c’est le cancer […] C’est une technologie expérimentale. Comme toute technologie récente, on a besoin de temps pour l’expérimenter », a dénoncé Mohed Altrad. Nathalie Oziol regrette qu’il n’y ait pas d’autres solutions envisagées. « Ce que nous proposons, c’est une convention populaire sur toute la gestion des déchets. L’objectif que nous devons viser, c’est l’objectif zéro déchet ». Michaël Delafosse a rappelé que le CSR était une solution préconisée par l’Ademe (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie). « Il nous faut continuer à mieux collecter les biodéchets comme le verre », a-t-il ajouté. Pour conclure sur les défis de la nouvelle mandature, comme l’augmentation de la population dans la ville, en moyenne 8 000 habitants par an, Nathalie Oziol a estimé que rien n’a été fait pour accueillir les gens ». Mohed Altrad a aussi jugé que la ville n’était pas à la hauteur des autres villes de taille similaire. Il propose de mieux gérer l’argent public en économisant 25 % de ce qu’il considère comme du « gaspillage ». Mickaël Delafosse s’engage à construire 1 000 nouveaux logements étudiants dans le secteur d’Agropolis et des logements pour seniors mais aussi le développement des BRS (bail réel et solidaire) qui ne permette à personne en logement sociaux d’accéder à la propriété ou encore poursuivre l’encadrement des loyers et la lutte contre Airbnb.
À quelques jours du second tour des municipales à Nice, Bruno Retailleau, le patron des LR, a déclenché une crise ouverte au sein de sa propre famille politique et du bloc central, en refusant de soutenir le maire sortant Christian Estrosi face à Éric Ciotti, allié du RN. Plus largement, le psychodrame azuréen fragilise l'accord national passé avec Horizons, mais révèle aussi les fractures d’une droite à la recherche de sa boussole stratégique pour 2027.
Qualifiée de justesse pour le second tour des municipales parisiennes avec 10,4 % des voix, la candidate Reconquête, Sarah Knafo, a finalement choisi de se retirer « pour Paris », sans toutefois donner de consigne de vote, mais « pour battre la gauche ». Une décision présentée comme un « choix de responsabilité », mais qui soulève autant de questions stratégiques que politiques.