Mesures d’urgence Covid-19 : « C’est un vote protestataire, réactionnel, de colère » selon Florence Lassarade
Florence Lassarade, élue Les Républicains de Gironde est la seule sénatrice à avoir voté contre le projet de loi sur les mesures d'urgences face au Covid 19. Pédiatre, elle alerte depuis plusieurs semaines sur le danger du virus sans être écoutée et dénonce un mépris des parlementaires.

Mesures d’urgence Covid-19 : « C’est un vote protestataire, réactionnel, de colère » selon Florence Lassarade

Florence Lassarade, élue Les Républicains de Gironde est la seule sénatrice à avoir voté contre le projet de loi sur les mesures d'urgences face au Covid 19. Pédiatre, elle alerte depuis plusieurs semaines sur le danger du virus sans être écoutée et dénonce un mépris des parlementaires.
Public Sénat

Par Jérôme Rabier

Temps de lecture :

2 min

Publié le

Mis à jour le

C'est depuis la Gironde, où elle jongle entre les réunions avec les autorités que Florence Lassarade se confie sur ce vote négatif. Pour elle « c'est un coup de gueule ! Depuis des semaines j'alerte sur la situation. Il y a un mois au Sénat j'évoquais déjà la situation des enfants. Je suis pédiatre et j'alertais sur leur fort pouvoir de transmission du virus. Rebelote il y a 15 jours à la préfecture de Gironde où j'ai demandé la non réouverture des crèches et écoles » s'agace-t-elle. Mais à cette réunion, elle est l'une des seules à tenir ce discours. « Leur position était trop rassurante. On m'a renvoyé dans mes 22 mètres comme on dit ». Les écoles du département ont donc rouvert pour une semaine avant la que la décision nationale soit prise.

« Nous les parlementaires, on est méprisés »

Elle alerte aussi sur le manque de tests au début de l'épidémie devenue pandémie. Et réclame le dépistage des médecins avec signes suspects ainsi que de davantage de patients. L'autorité régionale de Santé (ARS) de Gironde donne un avis favorable. Pourtant, « comme les épidémiologistes n'étaient pas favorables à ce dépistage, il n'a pas été mis en place. Nous les parlementaires on est méprisés par les autorités, on n'a aucun poids » dénonce-t-elle. « On ne fait que courir après l'épidémie, on n'anticipe pas. Or gouverner c'est prévoir. Et le pays ne doit pas être gouverné par des épidémiologistes » insiste-t-elle.

Elle a donc pris, en conscience, la décision de voter contre le projet de loi d'urgence débattu au Sénat. « Un vote protestataire, réactionnel, de colère » qu'elle est la seule à avoir fait (N.D.L.R. Pierre Charon a fait modifier son vote contre). « Je suis solidaire du vote de mes collègues mais furieuse » répète-t-elle. Elle espère désormais que des masques, notamment pour les personnels soignants, pourront être rapidement distribués. Mais avec le sentiment d'un immense gâchis face au manque de réactivité des autorités.

 

 

 

 

Partager cet article

Dans la même thématique

candidat à Paris
8min

Politique

Municipales 2026 : à Paris, la campagne se joue-t-elle désormais à coup de likes ? 

À l’approche des élections municipales de 2026, la campagne parisienne se déploie massivement sur les réseaux sociaux. Vidéos courtes, stratégies d’influence et recours à l’intelligence artificielle redéfinissent les codes de la communication politique locale. Mais derrière la course aux vues, des experts interrogent l’impact réel de ces nouveaux outils sur le vote et la démocratie.

Le

Legislatives 2024:  Bureau de vote
8min

Politique

« A quoi bon aller voter car nous avons une seule liste cette fois ? » : les petites communes face au risque de hausse de l’abstention aux municipales

Les deux tiers des communes, essentiellement celles de petite taille, n’ont qu’une seule liste pour les élections municipales. C’est la conséquence directe de la réforme du mode de scrutin pour les communes de moins de 1000 habitants. Il en découle un autre effet : le risque de voir l’abstention progresser dans ces territoires souvent ruraux. C’est la crainte des élus et des sénateurs.

Le

NUPES : Lancement du Parlement
9min

Politique

Municipales : rupture consommée officiellement entre le PS et LFI… au moins jusqu’au second tour

A l’issue d’un Bureau national, les socialistes ont qualifié les propos récents de Jean-Luc Mélenchon « d’antisémites » et rejettent toute possibilité d’un accord national au premier et au second tour des municipales avec LFI. Les Insoumis dénoncent, eux, l’irresponsabilité de la direction du PS, qui selon eux, fait le jeu de l’extrême droite. Mais au soir du premier tour, LFI et le PS devront faire face à la pression de leurs militants respectifs pour trouver un accord dans les cas où la désunion à gauche conduirait à la victoire de la droite ou l’extrême droite.

Le