Migrants dans les Alpes: de nouveaux renforts pour le contrôle aux frontières après des « provocations »
Des renforts "importants" de forces de l'ordre vont être envoyés pour faire respecter le contrôle des frontières dans les Hautes-Alpes, a...

Migrants dans les Alpes: de nouveaux renforts pour le contrôle aux frontières après des « provocations »

Des renforts "importants" de forces de l'ordre vont être envoyés pour faire respecter le contrôle des frontières dans les Hautes-Alpes, a...
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Par Nicole DESHAYES avec Grégory DANEL à Paris

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Des renforts "importants" de forces de l'ordre vont être envoyés pour faire respecter le contrôle des frontières dans les Hautes-Alpes, a annoncé dimanche soir le ministre de l'Intérieur, après un week-end marqué par des actions menées par pro et anti-migrants.

Tour à tour, militants d'un groupuscule d'extrême droite et activistes pro-migrants ont fait des cols alpins empruntés par les migrants pour passer d'Italie en France, le théâtre "de provocations" et "gesticulations", selon Gérard Collomb, qui a renvoyé dos à dos "ultra droite" et "ultra gauche", dans un communiqué.

"Face à ces action inacceptables", M. Collomb, dont le projet de loi controversé sur l'asile et l'immigration a été adopté dimanche soir à l'Assemblée nationale, a annoncé "des renforts de police et de gendarmerie importants" afin de "s'assurer du respect absolu du contrôle des frontières".

Selon Beauvau, il s'agit d'un escadron de gendarmerie mobile et d'une demi compagnie de CRS.

Samedi et dimanche matin, des militants de Génération Identitaire, un groupuscule d'extrême droite adepte des actions spectaculaires, ont bloqué le col de l’Échelle culminant à 1.762 mètres à six kilomètres de la frontière italienne et qu'ils considèrent comme un "point stratégique de passage des clandestins".

Des militants d'extrême droite anti-migrants transportent des équipements lors d'une action sur un col des Alpes, point de passage des clandestins, le 21 avril 2018
Des militants d'extrême droite anti-migrants transportent des équipements lors d'une action sur un col des Alpes, point de passage des clandestins, le 21 avril 2018
AFP

L'action a indigné une partie de la gauche ce week-end. Le chef de file des Insoumis, Jean-Luc Mélenchon, a fustigé la "petite bande d'une centaine de personnes", des "amis de Madame Le Pen", qui "prétend régler le problème de la frontière" et "repousser dans la neige de pauvres gens qui s'y trouvent".

- Contrôles aux frontières renouvelés pour six mois -

Le ministre de l'Intérieur a, lui, dénoncé une "gesticulation, consistant à déployer des banderoles" mais tenue "sous l’étroite surveillance des forces de l'ordre".

Puis dimanche, vers 14H00, un cortège d'une centaine de militants pro-migrants français et italiens a franchi la frontière au col de Montgenèvre, avec une trentaine de migrants, en passant par les pistes de la station, donnant lieu à quelques "bousculades" avec les forces de l'ordre, selon une source policière.

Selon le ministre, "des violences ont été commises vis-à-vis des forces de l’ordre et un véhicule de la gendarmerie nationale a été dégradé".

Encadrés par une cinquantaine de gendarmes, les militants ont ensuite parcouru à pied sur la route, où la circulation avait été interrompue, les onze kilomètres les séparant de Briançon, où ils sont arrivés vers 17H00. Ils se sont ensuite rassemblés au Refuge solidaire de Briançon, qui accueille les réfugiés.

Depuis un an, les Hautes-Alpes connaissent un afflux exponentiel de migrants, essentiellement d'Afrique de l'Ouest. Selon la préfecture, 315 personnes en situation irrégulière ont été refoulées vers l'Italie en 2016 et 1.900 en 2017.

Reconnaissant que la pression migratoire reste "forte" à la frontière franco-italienne, M. Collomb, s'est inquiété vendredi soir à l'Assemblée de la poursuite de la coopération franco-italienne avec la montée des populismes en Europe.

"En 2017, 50.000 non-admissions ont été prononcées à cette frontière. Parce que cette pression reste forte, nous avons décidé de renouveler les contrôles aux frontières pour six mois", a-t-il dit.

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