Miss France : « Ce concours véhicule une image archaïque et dépassée de la femme », juge  la sénatrice Annick Billon
Les critères de recrutement des Miss France sont-ils discriminatoires ? C’est ce qu’estime l’association « Osez le féminisme » qui intente une action en justice à l’encontre des producteurs du célèbre concours. Au Sénat, la présidente de la délégation aux droits des femmes, estime que ce concours envoie « un message extrêmement réducteur aux jeunes filles ».

Miss France : « Ce concours véhicule une image archaïque et dépassée de la femme », juge la sénatrice Annick Billon

Les critères de recrutement des Miss France sont-ils discriminatoires ? C’est ce qu’estime l’association « Osez le féminisme » qui intente une action en justice à l’encontre des producteurs du célèbre concours. Au Sénat, la présidente de la délégation aux droits des femmes, estime que ce concours envoie « un message extrêmement réducteur aux jeunes filles ».
Public Sénat

Par Simon Barbarit avec l'AFP

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

« Être célibataire », « ne pas être tatouée », « ne pas être mariée, pacsée, divorcée ou veuve », « ne pas avoir d’enfants »… les critères de recrutement des candidates à l’élection de Miss France sont « discriminatoires », pour l’association « Osez le féministe », qui vient de saisir la justice prud’homale.

Accompagnée de trois femmes qui affirment avoir dû renoncer à candidater en raison de ces critères, l’association estime que ce concours viole le droit du travail. Les candidates à la couronne de beauté ne signent, certes, aucun contrat de travail avec les organisateurs du concours (les sociétés Miss France et Endemol Production). Néanmoins pour les requérantes, la relation des candidates avec Endemol doit bien s’analyser comme celle liant un salarié à son employeur conformément à une jurisprudence de 2013, concernant le concours « Mister France ».

Or, le Code du travail interdit, dans un recrutement, tout critère lié « aux mœurs, à l’âge, à la situation de famille ou à l’apparence physique », a expliqué à l’AFP Me Violaine De Filippis-Abate, l’avocate d’« Osez le féminisme ».

« Un message extrêmement réducteur sur ce qu’elles doivent être pour plaire aux hommes »

« Ce concours véhicule une image archaïque et dépassée de la femme. Imposer des critères physiques et de statut, c’est envoyer un message extrêmement réducteur à des jeunes filles en pleine construction sur ce qu’elles doivent être pour plaire aux hommes », s’insurge Annick Billon, la présidente centriste de la délégation aux droits des Femmes. La sénatrice de Vendée relève par ailleurs que si le programme perdure, « c’est parce qu’il fait de l’audience ». « La meilleure des réponses est de prendre le problème à la racine. C’est-à-dire que les jeunes femmes ne candidatent plus à ce concours. Ça participe d’un changement de société ».

Sur BFM TV, Alexia Laroche-Joubert a rejeté la possibilité de faire un contrat aux participantes. « Parce qu’il s’agit d’un concours qui existe depuis 100 ans ». Néanmoins, la présidente de la société Miss France assure que le concours a été « modernisé ». « Je n’ai plus envie d’être dans le Victoria Secret […] La Miss France, ce n’est pas une mannequin […] C’est quelqu’un qui va au contact des officiels. C’est quelqu’un qui doit véhiculer des valeurs auprès des jeunes filles […] Les associations féministes culpabilisent les jeunes filles qui s’inscrivent […] Pourquoi ces jeunes filles n’auraient pas le droit de rêver ? Ne pourraient pas espérer faire une carrière ? », s’agace-t-elle.

Pour le Haut Conseil à l’égalité, les candidates doivent afficher « une disponibilité sexuelle, pour le fantasme masculin »

En 2019, dans son « rapport annuel sur l’état des lieux du sexisme en France », le Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes (HCE), une instance consultative chargée de conseiller le gouvernement, relevait également que les candidates doivent afficher « une disponibilité sexuelle, pour le fantasme masculin…  ». « Dans ce concours censé mettre en valeur les femmes, on s’aperçoit qu’elles ne sont, en fait, que femmes objets et non sujets », brocardait le Haut Conseil.

Pour mémoire, en 2013, lors de l’examen du projet de loi sur l’égalité des femmes et des hommes, le Sénat avait interdit le concours de « mini-miss ».

Partager cet article

Dans la même thématique

4min

Politique

Esclavage : « L’identité française est faite de grands récits et de grands crimes », reconnaît Emmanuel Macron

A l’occasion des 25 ans de la loi Taubira, reconnaissant la traite et l’esclavage comme crime contre l’humanité, l’Elysée organisait une cérémonie de commémoration ce jeudi 21 mai. Le Président de la République est revenu sur le devoir de reconnaissance de ces crimes. Il a, pour la première fois, abordé le sujet de la réparation, quelques mois après l’abstention de la France sur le vote de la reconnaissance de l’esclavage et de la traite comme « pire crime contre l’humanité » à l’ONU.

Le

Gabriel Attal walks in Bordeaux
4min

Politique

Présidentielle 2027 : en Aveyron, Gabriel Attal officialise sa candidature

C’est fait, Gabriel Attal a mis fin au faux suspense sur sa candidature à la présidentielle. Le patron de Renaissance a officialisé sa candidature, ce vendredi et devrait être sur la ligne de départ en 2027. Dans l’Aveyron, l’ancien Premier ministre a fait part de son ambition de succéder à Emmanuel Macron. Il faudra d’abord tuer le match avec Edouard Philippe pour être le candidat légitime du bloc central.

Le

French ruling Renaissance party holds political meeting in Arras
6min

Politique

Gabriel Attal, à l’heure du grand saut présidentiel ?

Dans l’Aveyron, loin des ors parisiens, l’ancien premier ministre doit officialiser vendredi sa candidature à l’Élysée. Une entrée en campagne pensée comme un antidote au procès en déconnexion qui colle au macronisme et comme un adversaire à Édouard Philippe pour le leadership du bloc central.

Le

ZFE la fin des Zones a Faibles Emissions votee par l Assemblee Nationale
3min

Politique

Loi de « simplification » : le Conseil constitutionnel censure la suppression des ZFE et l’assouplissement du ZAN

Le Conseil constitutionnel a censuré ce jeudi 21 mai plusieurs articles emblématiques de la loi de « simplification économique », parmi lesquels la suppression des zones à faibles émissions (ZFE) et un assouplissement des règles du « zéro artificialisation nette » (ZAN). Jugées sans rapport direct avec le projet de loi initial, ces dispositions ont été qualifiées de « cavaliers législatifs ». Au total, 25 articles sur 84 ont été censurés totalement ou partiellement, au terme d’un feuilleton parlementaire de deux ans.

Le