Mobilisation du 5 décembre: l’Assemblée ne siégera pas
L'Assemblée nationale ne siégera pas jeudi, jour de mobilisation contre la réforme des retraites, une décision exceptionnelle...

Mobilisation du 5 décembre: l’Assemblée ne siégera pas

L'Assemblée nationale ne siégera pas jeudi, jour de mobilisation contre la réforme des retraites, une décision exceptionnelle...
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L'Assemblée nationale ne siégera pas jeudi, jour de mobilisation contre la réforme des retraites, une décision exceptionnelle pour ce motif et diversement appréciée par les groupes politiques.

La décision, déjà en vue la semaine dernière, a été entérinée mardi en conférence des présidents de l'Assemblée, qui rassemble autour de Richard Ferrand (LREM) notamment les présidents de groupes politiques et le ministre des Relations avec le Parlement.

L'Assemblée restera néanmoins ouverte pour les travaux en commission, même si une partie du personnel compte faire grève.

La cheffe de file des députés socialistes Valérie Rabault avait demandé il y a huit jours que cette journée dédiée aux propositions de son groupe ("niche parlementaire") soit reportée au vu des mouvements sociaux annoncés.

Richard Ferrand s'y était montré favorable, jugeant dans un courrier en fin de semaine dernière "primordial que ces séances réservées aux groupes d'opposition et aux groupes minoritaires, prévues par la Constitution, puissent se dérouler dans les meilleures conditions".

Les députés changent régulièrement l'ordre du jour et suspendent parfois leurs travaux en séance pour des hommages notamment. L'Assemblée se trouve aussi parfois paralysée pour des raisons politiques comme dans l'affaire Benalla à l'été 2018. Mais les services de l'Assemblée ne trouvent pas trace d'une telle interruption dans le cadre d'un mouvement social par le passé. Au plus fort de la contestation en 1995, le 12 décembre, l'Assemblée avait notamment siégé.

Ne pas siéger jeudi, "c'est heureux et sage et pour tout vous dire, c'est pratique comme ça on sera dans les manifs", a notamment jugé Sébastien Jumel, porte-parole des députés communistes.

Pour Jean-Christophe Lagarde (UDI-Agir), la situation est particulière, car pour les socialistes, "ça bousillait leur seule journée de l'année". Il demanderait "la même chose" s'il était concerné.

En revanche, le chef de file des élus LR Damien Abad a jugé "assez surprenant de voir le calendrier modifié sous la pression des grévistes", déplorant lors d'un point presse que l'Assemblée soit "prise en otage".

C'est "un mauvais signal", "le gouvernement plie", a-t-il insisté auprès de l'AFP, soulignant que LR n'avait pas changé de position, ayant été le seul groupe à ne pas appuyer la demande de report des socialistes la semaine passée.

"L'Assemblée ne ferme pas et les députés ne font pas grève", a souligné de son côté le patron du groupe LREM, Gilles Le Gendre, relevant que "les grévistes n'ont pas revendiqué la suspension" des travaux.

"Ce n'était pas une journée ordinaire" et "c'est une bonne manière" à l'égard du groupe PS, a ajouté le patron du groupe majoritaire.

"Si cela avait été une journée avec un ordre du jour gouvernemental, il n'y aurait sans doute pas eu de changement", d'après une source parlementaire.

Sept textes socialistes devaient être au menu de la "niche" PS, la seule de la session parlementaire, dont une proposition de loi pour reconnaître le crime d'"écocide".

La "niche" PS a été reportée au 12 décembre, ce qui entraîne des effets collatéraux: la proposition de loi LR sur les violences conjugales qui devait être examinée une dernière fois ce jour-là par les députés est avancée à la veille, tandis que le projet de loi antigaspillage qui était aussi au menu continuera d'être examiné le vendredi 20.

parl-chl-reb/jk/cb

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