Moralisation de la vie politique : les mesures des candidats à la présidentielle
Alors que les affaires politico-judiciaires encombrent la campagne présidentielle, les candidats proposent un arsenal de mesures pour moraliser la vie politique française.

Moralisation de la vie politique : les mesures des candidats à la présidentielle

Alors que les affaires politico-judiciaires encombrent la campagne présidentielle, les candidats proposent un arsenal de mesures pour moraliser la vie politique française.
Public Sénat

Par Alice Bardo et Alexandre Poussart

Temps de lecture :

2 min

Publié le

Mis à jour le

Les affaires judiciaires qui touchent François Fillon et Marine Le Pen monopolisent le débat de la campagne présidentielle. Tous les candidats à l’élection présidentielle mettent donc en avant leurs propositions pour moraliser la vie publique.

Benoît Hamon pour la publication des gros donateurs

Benoît Hamon veut instaurer l’obligation pour un candidat à une élection de fournir un extrait de casier judiciaire vierge.

Un parlementaire ne pourra plus recruter un membre de sa famille, ni exercer en même temps de son mandat une activité de son conseil. Il veut mettre en place la publication de l'identité des personnes dont les dons aux formations politiques dépassent 2 500 euros et l'inéligibilité jusqu'à 6 ans en cas d'infraction sur le financement des campagnes électorales.

Jacques Cheminade veut réformer le financement des campagnes

Jacques Cheminade demande "l'interdiction absolue du cumul des mandats avec l'exercice de toute activité professionnelle" ainsi qu'un "statut des collaborateurs parlementaires". Jacques Cheminade veut réformer en profondeur le financement de la vie politique. Lors de l’élection présidentielle, il veut interdire toute forme de financement des campagnes, sauf celle effectuée sous forme d’une avance de l’Etat égale pour tout candidat ayant obtenu les 500 parrainages.

Macron pour la fin des régimes spéciaux de retraite des parlementaires

Emmanuel Macron: "je suis très vigilant sur les potentiels conflits d'intérêts"
00:47

Emmanuel Macron propose une loi de moralisation de la vie publique : interdiction aux parlementaires d’exercer des activités de conseil, interdiction pour un élu ou un ministre d’embaucher un membre de sa famille, interdiction de cumuler plus de trois mandats identiques successifs.

Toute personne détenant un casier judiciaire niveau B2 ne pourra pas se présenter à une élection. Emmanuel Macron veut supprimer les régimes spéciaux de retraite des parlementaires.

François Fillon attend des propositions

Mis en examen dans l’enquête sur les emplois parlementaires de sa famille, François Fillon veut confier au vice-président du Conseil d’Etat, au premier président de la Cour des comptes et au procureur près la Cour de cassation le soin de faire des propositions sur la transparence et sur la moralisation de la vie politique, lesquelles seraient soumises au Parlement et porteraient notamment sur la prévention des conflits d’intérêt et sur la transparence.

Nathalie Arthaud pour la fin “de la kyrielle des privilèges”

Pour Nathalie Arthaud, “ce qui rend les institutions comme le parlement coûteuses est (…) le montant des indemnités parlementaires et la kyrielle de privilèges octroyés à vie. »

Préconise mandats électifs courts et « pas d’indemnisation supérieure au salaire d’un travailleur qualifié.”

Philippe Poutou interdit le cumul des mandats dans le temps

Le candidat du NPA fustige “les députés qui disposent d’une rémunération scandaleuse et de 10 000 euros mensuel à leur disposition pour leurs attachés. Des sénateurs de droite qui puisent depuis des années dans une cagnotte connue de tous.”

Il propose l’interdiction du cumul des mandats limités à deux consécutifs dans la même fonction, indemnité correspondant au salaire moyen d’un ouvrier ou d’un employé.

Jean-Luc Mélenchon veut abolir les privilèges de l’oligarchie

Jean-Luc Mélenchon et les affaires: « J'ai admiré vos pudeurs de gazelles »
00:30

Le candidat de la France insoumise veut rendre inéligible à vie toute personne condamnée pour corruption. Il interdira l'entrée des lobbyistes dans l'enceinte du Parlement et les cadeaux faits aux parlementaires. Tout haut fonctionnaire souhaitant travailler dans le privé devra démissionner de la fonction publique.

François Asselineau : un seul renouvellement de mandat

Le candidat de l’UPR est pour l’interdiction de toutes subventions aux syndicats qui ne seraient pas d’origine française, et mise en place d’un financement public. Il interdit les activités de lobbying comme étant des activités de trafic d’influence, dès lors que leur activité consiste à manipuler l’information. François Asselineau limite à un seul renouvellement consécutif des mandats de parlementaires, conseillers régionaux et généraux.

Nicolas Dupont Aignan pour le casier vierge obligatoire

Nicolas Dupont-Aignan impose le casier judiciaire vierge pour tout candidat à un mandat électif. Il souhaite le placement sous mandat de dépôt des élus condamnés à une peine de prison ferme.

Jean Lassalle : le renouveau passe par les communes

Le député centriste ne propose pas de mesures concrètes et précises sur la moralisation de la vie publique mais assure que le renouveau démocratique passera par l’échelon de la commune. Il souhaite réformer les institutions sans dire comment.

Marine Le Pen dénonce le “pantouflage” des haut-fonctionnaires

La présidente du Front national, qui a refusé de se présenter à la convocation des juges dans l’enquête sur les assistants parlementaires du Parlement européen, n’a pas de proposition inscrite dans son programme, sur la moralisation de la vie politique. Lors du débat entre les 5 principaux candidats sur TF1, elle a toutefois critiqué “le pantouflage” qui peut exister dans la fonction publique. "C'est à dire qu'on est formé dans les grandes écoles de la République [...] puis on devient fonctionnaire, puis on devient banquier, puis on devient politique..."  

“Je crois que c’est encore pour moi” lui avait répondu Emmanuel Macron.

Partager cet article

Dans la même thématique

Sammy Baloji, Clémentine Samba Mushidi, Kasaji, province du Lualaba, 2018 – Avec l’aimable autorisation de l’artiste et de la galerie Imane Farès, Paris
4min

Politique

« Les festivals de l’été » : Aux rencontres photographiques d’Arles « Nous apportons le doute sur ce qu’on voit » revendique son directeur 

C’est le rendez-vous estival des amateurs de photographie. Pour leur 57ème édition, les Rencontres de la photographie d'Arles mettent à l’honneur le travail de photographes africains. Des nouveaux regards sur un continent central et une invitation renouvelée à une compréhension complexe de la réalité du monde, loin des images et des vérités assénées par les médias sociaux, comme le revendique son directeur Christoph Wiesner.

Le

Moralisation de la vie politique : les mesures des candidats à la présidentielle
4min

Politique

« Dans le monde politique et de l’entreprise, le pouvoir dénature les gens », observe Elisabeth Moreno

Si devenir ministre lui a permis de faire avancer la cause des femmes, elle a aussi, pendant deux ans, découvert l’envers du monde politique. Entre « carriérisme », environnement masculin et manque de soutien pour faire avancer le féminisme, Elisabeth Moreno revient sur ses combats, son expérience gouvernementale et les travers du pouvoir au micro de Rebecca Fitoussi, dans l’émission Un monde, un regard.

Le

Heat Wave in the North
5min

Politique

La justice ordonne le démantèlement de « mégabassines » en Charente-Maritime : les agriculteurs condamnés invoquent la loi d’urgence agricole et font appel

Neuf agriculteurs ont été condamnés par la justice, jeudi 23 juillet, à démanteler quatre retenues d’eau qu’ils utilisent illégalement depuis dix-sept ans. Ils ont annoncé faire appel et se fondent sur le prétendu « décalage » entre cette décision et la loi d’urgence agricole tout juste adoptée, très favorable au développement de ces « bassines ».

Le

PARIS, Conseil constitutionnel, Constitutional Council, Palais Royal
7min

Politique

Le Conseil constitutionnel est-il devenu un arbitre sursollicité ?

Longtemps perçu comme le gardien discret de la Constitution, le Conseil constitutionnel s’impose aujourd’hui comme l’un des acteurs incontournables de la vie politique. Jamais autant saisi sur les lois votées par le Parlement depuis une quinzaine d’années, il est devenu le passage obligé des textes les plus sensibles. Loin d'un dysfonctionnement, cette hyper-activité traduit les nouvelles dynamiques du pouvoir sous l'ère de la « majorité relative ».

Le