Alors que les affaires politico-judiciaires encombrent la campagne présidentielle, les candidats proposent un arsenal de mesures pour moraliser la vie politique française.
Moralisation de la vie politique : les mesures des candidats à la présidentielle
Alors que les affaires politico-judiciaires encombrent la campagne présidentielle, les candidats proposent un arsenal de mesures pour moraliser la vie politique française.
Par Alice Bardo et Alexandre Poussart
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Les affaires judiciaires qui touchent François Fillon et Marine Le Pen monopolisent le débat de la campagne présidentielle. Tous les candidats à l’élection présidentielle mettent donc en avant leurs propositions pour moraliser la vie publique.
Benoît Hamon pour la publication des gros donateurs
Benoît Hamon veut instaurer l’obligation pour un candidat à une élection de fournir un extrait de casier judiciaire vierge.
Un parlementaire ne pourra plus recruter un membre de sa famille, ni exercer en même temps de son mandat une activité de son conseil. Il veut mettre en place la publication de l'identité des personnes dont les dons aux formations politiques dépassent 2 500 euros et l'inéligibilité jusqu'à 6 ans en cas d'infraction sur le financement des campagnes électorales.
Jacques Cheminade veut réformer le financement des campagnes
Jacques Cheminade demande "l'interdiction absolue du cumul des mandats avec l'exercice de toute activité professionnelle" ainsi qu'un "statut des collaborateurs parlementaires". Jacques Cheminade veut réformer en profondeur le financement de la vie politique. Lors de l’élection présidentielle, il veut interdire toute forme de financement des campagnes, sauf celle effectuée sous forme d’une avance de l’Etat égale pour tout candidat ayant obtenu les 500 parrainages.
Macron pour la fin des régimes spéciaux de retraite des parlementaires
Emmanuel Macron: "je suis très vigilant sur les potentiels conflits d'intérêts"
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Emmanuel Macron propose une loi de moralisation de la vie publique : interdiction aux parlementaires d’exercer des activités de conseil, interdiction pour un élu ou un ministre d’embaucher un membre de sa famille, interdiction de cumuler plus de trois mandats identiques successifs.
Toute personne détenant un casier judiciaire niveau B2 ne pourra pas se présenter à une élection. Emmanuel Macron veut supprimer les régimes spéciaux de retraite des parlementaires.
François Fillon attend des propositions
Mis en examen dans l’enquête sur les emplois parlementaires de sa famille, François Fillon veut confier au vice-président du Conseil d’Etat, au premier président de la Cour des comptes et au procureur près la Cour de cassation le soin de faire des propositions sur la transparence et sur la moralisation de la vie politique, lesquelles seraient soumises au Parlement et porteraient notamment sur la prévention des conflits d’intérêt et sur la transparence.
Nathalie Arthaud pour la fin “de la kyrielle des privilèges”
Pour Nathalie Arthaud, “ce qui rend les institutions comme le parlement coûteuses est (…) le montant des indemnités parlementaires et la kyrielle de privilèges octroyés à vie. »
Préconise mandats électifs courts et « pas d’indemnisation supérieure au salaire d’un travailleur qualifié.”
Philippe Poutou interdit le cumul des mandats dans le temps
Le candidat du NPA fustige “les députés qui disposent d’une rémunération scandaleuse et de 10 000 euros mensuel à leur disposition pour leurs attachés. Des sénateurs de droite qui puisent depuis des années dans une cagnotte connue de tous.”
Il propose l’interdiction du cumul des mandats limités à deux consécutifs dans la même fonction, indemnité correspondant au salaire moyen d’un ouvrier ou d’un employé.
Jean-Luc Mélenchon veut abolir les privilèges de l’oligarchie
Jean-Luc Mélenchon et les affaires: « J'ai admiré vos pudeurs de gazelles »
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Le candidat de la France insoumise veut rendre inéligible à vie toute personne condamnée pour corruption. Il interdira l'entrée des lobbyistes dans l'enceinte du Parlement et les cadeaux faits aux parlementaires. Tout haut fonctionnaire souhaitant travailler dans le privé devra démissionner de la fonction publique.
François Asselineau : un seul renouvellement de mandat
Le candidat de l’UPR est pour l’interdiction de toutes subventions aux syndicats qui ne seraient pas d’origine française, et mise en place d’un financement public. Il interdit les activités de lobbying comme étant des activités de trafic d’influence, dès lors que leur activité consiste à manipuler l’information. François Asselineau limite à un seul renouvellement consécutif des mandats de parlementaires, conseillers régionaux et généraux.
Nicolas Dupont Aignan pour le casier vierge obligatoire
Nicolas Dupont-Aignan impose le casier judiciaire vierge pour tout candidat à un mandat électif. Il souhaite le placement sous mandat de dépôt des élus condamnés à une peine de prison ferme.
Jean Lassalle : le renouveau passe par les communes
Le député centriste ne propose pas de mesures concrètes et précises sur la moralisation de la vie publique mais assure que le renouveau démocratique passera par l’échelon de la commune. Il souhaite réformer les institutions sans dire comment.
Marine Le Pen dénonce le “pantouflage” des haut-fonctionnaires
La présidente du Front national, qui a refusé de se présenter à la convocation des juges dans l’enquête sur les assistants parlementaires du Parlement européen, n’a pas de proposition inscrite dans son programme, sur la moralisation de la vie politique. Lors du débat entre les 5 principaux candidats sur TF1, elle a toutefois critiqué “le pantouflage” qui peut exister dans la fonction publique. "C'est à dire qu'on est formé dans les grandes écoles de la République [...] puis on devient fonctionnaire, puis on devient banquier, puis on devient politique..."
“Je crois que c’est encore pour moi” lui avait répondu Emmanuel Macron.
À Paris, la fusion des listes entre Rachida Dati et Pierre-Yves Bournazel relève davantage du réalisme politique face à l’avance de la gauche que d’un rapprochement sincère et naturel. Il a fallu surmonter « une forme d’inimitié » entre les deux candidats, reconnait la vice-présidente de LR et sénatrice de la capitale Agnès Evren, qui compte aussi sur les reports de voix des électeurs de Sarah Knafo.
A Montpellier, c’est une triangulaire qui opposera, dimanche prochain, le maire sortant socialiste Michaël Delafosse, en tête avec 33,41 % au premier tour, la candidate LFI, Nathalie Oziol, deuxième avec 15,36 % et le candidat indépendant, Mohed Altrad (11,31 % des voix). Si dans de nombreuses grandes villes de France, comme Lyon, Toulouse, Nantes… LFI et le reste de la gauche se sont unis au deuxième tour des élections municipales, dans l’Hérault, il n’en a pas été question, tant les deux gauches semblent irréconciliables. Pas d’union à gauche Lors du débat organisé Public Sénat, France Télévisions ICI Occitanie et la radio ICI Hérault organisaient, les protagonistes ont rappelé leur position. « Je constate que depuis que j’ai l’honneur d’être maire de Montpellier, LFI pilonne l’ensemble des mesures que nous portons et met plus d’énergie dans la critique de l’action d’un maire de gauche que contre l’extrême droite », a justifié Michaël Delafosse qui précise, néanmoins, n’avoir eu qu’un adversaire lors de cette campagne : c’est l’extrême droite. Nathalie Oziol a estimé que l’absence de l’extrême droite au second tour à Montpellier, c’était grâce à la France Insoumise. Dans cette configuration, l’union de la gauche n’était pas nécessaire car le choix des électeurs, selon elle, résidait entre le « système socialiste en place » et les Insoumis. L’homme d’affaires, milliardaire, propriétaire du club de rugby local, Mohed Altrad qui, contrairement à 2020, n’a pas fait d’alliance pour le second tour avec l’humoriste Rémi Gaillard et une autre candidate de gauche Alenka Doulain, s’est présenté comme un homme qui n’était pas politique mais qu’il s’éloignerait « le plus possible » de son entreprise s’il était élu. Transports Michael Delafausse a défendu la mesure phare de son mandat, la gratuité des transports, financée par le versement mobilité, même si un rapport de la Cour des comptes a jugé la mesure coûteuse et peu efficace pour inciter les Montpelliérains à ne pas prendre leur voiture. Nathalie Oziol soutient la mesure mais la considère mal appliquée. « Des trams et des bus ont diminué en fréquence. Nous n’avons pas vérifié si le maillage territorial était suffisant », a-t-elle reproché. Autre dossier, le COM (le Contournement Ouest de Montpellier), une voie qui doit relier deux autoroutes pour désengorger la circulation en centre-ville, dont les travaux doivent démarrer cette année, est contesté par les adversaires du maire sortant. « Le COM permettra de contourner Montpellier plutôt que d’envoyer tout le trafic vers l’avenue de la Liberté. C’est financé par les péages », a défendu Michaël Delafosse. « Hors de question. C’est notre A69 à nous. C’est une aberration environnementale, les arbres coupés… C’est une 10 voix qui va passer sous les fenêtres des Montpelliérains », a dénoncé la candidate LFI. Mohed Altrad s’y est montré lui favorable mais à condition que le COM ne soit pas payant pour les Montpelliérains. Sécurité En ce qui concerne la police municipale, Nathalie Oziol, a défendu son désarmement. « Il faut que la police municipale devienne une police de proximité qui fasse le lien avec les habitants ». Prenant l’exemple de la ville de Béziers, la mesure phare de Mohed Altrad est celle d’un couvre-feu au moins de 16 ans à partir de 22h, mais aussi doubler les effectifs de la police municipale et renforcer la vidéoprotection. Le maire sortant a défendu l’armement de la police municipale, la création d’une police des transports, le recrutement de 100 agents supplémentaires et le doublement des caméras de surveillance. Traitement des déchets La validation par le conseil de la Métropole de Montpellier d’une unité de valorisation énergétique par combustibles solides de récupération (CSR) est l’autre dossier chaud de l’élection. « C’est de la folie, c’est la pollution, c’est le cancer […] C’est une technologie expérimentale. Comme toute technologie récente, on a besoin de temps pour l’expérimenter », a dénoncé Mohed Altrad. Nathalie Oziol regrette qu’il n’y ait pas d’autres solutions envisagées. « Ce que nous proposons, c’est une convention populaire sur toute la gestion des déchets. L’objectif que nous devons viser, c’est l’objectif zéro déchet ». Michaël Delafosse a rappelé que le CSR était une solution préconisée par l’Ademe (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie). « Il nous faut continuer à mieux collecter les biodéchets comme le verre », a-t-il ajouté. Pour conclure sur les défis de la nouvelle mandature, comme l’augmentation de la population dans la ville, en moyenne 8 000 habitants par an, Nathalie Oziol a estimé que rien n’a été fait pour accueillir les gens ». Mohed Altrad a aussi jugé que la ville n’était pas à la hauteur des autres villes de taille similaire. Il propose de mieux gérer l’argent public en économisant 25 % de ce qu’il considère comme du « gaspillage ». Mickaël Delafosse s’engage à construire 1 000 nouveaux logements étudiants dans le secteur d’Agropolis et des logements pour seniors mais aussi le développement des BRS (bail réel et solidaire) qui ne permette à personne en logement sociaux d’accéder à la propriété ou encore poursuivre l’encadrement des loyers et la lutte contre Airbnb.
À quelques jours du second tour des municipales à Nice, Bruno Retailleau, le patron des LR, a déclenché une crise ouverte au sein de sa propre famille politique et du bloc central, en refusant de soutenir le maire sortant Christian Estrosi face à Éric Ciotti, allié du RN. Plus largement, le psychodrame azuréen fragilise l'accord national passé avec Horizons, mais révèle aussi les fractures d’une droite à la recherche de sa boussole stratégique pour 2027.
Qualifiée de justesse pour le second tour des municipales parisiennes avec 10,4 % des voix, la candidate Reconquête, Sarah Knafo, a finalement choisi de se retirer « pour Paris », sans toutefois donner de consigne de vote, mais « pour battre la gauche ». Une décision présentée comme un « choix de responsabilité », mais qui soulève autant de questions stratégiques que politiques.