Moralisation: le Parlement va jouer les prolongations pour l’adoption définitive
Nouveau rebondissement sur la moralisation politique: faute d'un accord total entre députés et sénateurs mardi, l'exécutif va...

Moralisation: le Parlement va jouer les prolongations pour l’adoption définitive

Nouveau rebondissement sur la moralisation politique: faute d'un accord total entre députés et sénateurs mardi, l'exécutif va...
Public Sénat

Par Fabrice RANDOUX

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Nouveau rebondissement sur la moralisation politique: faute d'un accord total entre députés et sénateurs mardi, l'exécutif va retarder les vacances des parlementaires d'une semaine pour faire adopter définitivement ces projets de loi emblématiques du début du quinquennat.

A deux jours de la fin initialement programmée, les 14 députés et sénateurs chargés de trouver un compromis en commission mixte paritaire sont parvenus à un accord sur un seul des deux textes pour la confiance dans la vie politique, le projet de loi ordinaire.

Ce texte, qui prévoit notamment l'interdiction des collaborateurs familiaux pour les élus et la suppression de l'enveloppe pour frais de mandat des parlementaires, devrait être approuvé définitivement au Sénat mercredi, à l'Assemblée jeudi.

Echec en revanche sur le projet de loi organique: les positions ont été irréconciliables sur la réserve parlementaire.

Alors que l'Assemblée avait voté vendredi, après cinq heures de débats passionnés, la suppression de cette réserve (LR s'y étant opposé et la gauche s'étant abstenue), le Sénat, hostile, proposait son remplacement par un dispositif de soutien aux communes.

"En supprimant sèchement la réserve parlementaire, le gouvernement prive les territoires ruraux et les associations de 146 millions d’euros indispensables au financement de petits projets d’intérêt général", a dénoncé le président de la commission des Lois du Sénat Philippe Bas (LR). Les sénateurs socialistes ont déploré une "position de non-recevoir de la majorité de l'Assemblée".

Selon la rapporteure à l'Assemblée, Yaël Braun-Pivet (REM), la proposition du Sénat "revenait peu ou prou à maintenir ce qui existe, avec un système arbitraire et discrétionnaire", et "cela n'aurait pas été accepté par l'Assemblée".

- "Terminer le travail" -

Alors que les parlementaires s'attendaient à finir la navette fin septembre-début octobre, l'exécutif a finalement décidé que ce texte serait, après nouvelle lecture jeudi à l'Assemblée et vendredi au Sénat, définitivement adopté le 9 août par l'Assemblée, qui a le dernier mot.

Une surprise pour les députés, dont certains expriment leur fatigue après une campagne électorale et une session extraordinaire intenses. D'autant qu'ils avaient reçu comme message initial du secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement Christophe Castaner et du président de l'Assemblée François de Rugy qu'ils arrêteraient le 3 août.

"L'Assemblée nationale convoquée le 9 août ! Le renouveau politique En Marche : voter la nuit, se réunir en août", a tweeté le chef de file des Insoumis Jean-Luc Mélenchon.

"On bosse 70-80 heures par semaine (...) Quand on veut bien faire son boulot, il faut être en forme", a renchéri Philippe Gosselin (LR), et "on fait subir à sa famille pas mal de contrecoups".

C'est la première fois, depuis l'instauration de la session unique en 1995, que les députés siègent aussi tard l'été. "On termine le travail jusqu'au bout quand on est élu", a lancé Sacha Houlié, vice-président de l'Assemblée (REM).

Pour Boris Vallaud (Nouvelle Gauche), ce report "n'est pas un sujet" mais "le caractère expéditif interroge".

L'exécutif, qui avait visiblement pensé que le Sénat serait moins mobilisé sur la réserve, a privilégié une adoption rapide d'un des engagements phares de la campagne d'Emmanuel Macron, au coeur d'une alliance avec François Bayrou.

Le Sénat mi-juillet, l'Assemblée dans la nuit de vendredi à samedi après 50 heures de débats parfois chaotiques, avaient largement adopté les deux projets de loi, mais dans des versions différentes.

Sur le premier texte, la version commune est proche de celle adoptée par l'Assemblée, avec notamment le maintien du "verrou" de Bercy pour les poursuites sur la fraude fiscale et une peine complémentaire d'inéligibilité en cas notamment de manquements à la probité. Celle-ci sera inscrite au casier judiciaire.

Députés et sénateurs se sont mis également d'accord sur l'interdiction pour les collaborateurs des parlementaires, mais aussi des ministres et du président de la République, d'être rémunérés par des représentants d'intérêts.

Pour les ministres, un principe de déport en cas d'éventuel conflit d'intérêts a été inscrit, comme le souhaitait le Sénat, et un décret devra fixer modalités et limites de leurs frais de représentation.

Partager cet article

Dans la même thématique

Attal porte parole
9min

Politique

« Ce n’est pas la saison 3 du macronisme, ni un retour à l’UMP » : Gabriel Attal joue la carte des « nouveaux visages » pour marquer sa différence avec Edouard Philippe

Avec un mélange de « nouveaux visages » et de fidèles pour former son équipe, Gabriel Attal entend enclencher une « nouvelle phase » de sa campagne présidentielle. Il continue de marquer sa différence avec Edouard Philippe et compte créer la dynamique cet automne. « Les Français ne supporteraient pas d’élire un Président par défaut », soutient le candidat Renaissance.

Le

Paris : Présidentielle 2027 Bruno Retailleau
6min

Politique

Présidentielle 2027 : Bruno Retailleau veut « renverser la table » avec une profonde réforme constitutionnelle

S’il est élu président de la République en 2027, Bruno Retailleau veut faire de la réforme constitutionnelle sa première grande réforme. Le président des Républicains entend engager, dès le début de son mandat, une refonte des institutions destinée à renforcer le pouvoir des citoyens, réaffirmer la primauté du droit français et donner davantage de marges de manœuvre au Parlement, notamment sur l’immigration et la sécurité.

Le

Blois: Raphael Glucksmann at summer convention campusPS
10min

Politique

« Si Raphaël Glucksmann veut jouer la finale de la Ligue des champions, il ne peut pas avoir peur des barrages » : tensions autour de l’organisation des débats de la primaire PS

Alors que l’équipe de Raphaël Glucksmann prône l’organisation d’un seul débat, sur le service public, dans le cadre de la primaire PS/Place Publique, les autres candidats en veulent trois. « Les bras m’en tombent. Je ne comprends pas le raisonnement », pointe le sénateur Rémi Cardon, soutien d’Olivier Faure, lui aussi candidat. « Ça ne pose aucun problème à Raphaël Glucksmann qu’il y ait deux ou trois débats », assure pourtant le sénateur Place Publique Bernard Jomier, qui pointe des polémiques « pas à la hauteur », y compris de la part de soutiens socialistes de son candidat…

Le

Bourgoin-Jallieu  demonstation against sexual violence targeting women and children
6min

Politique

Loi intégrale contre les violences sexuelles : « Que le gouvernement aborde l'examen de ce texte avec humilité et en ayant en tête son bilan », enjoint Laurence Rossignol

Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a annoncé l'inscription de la proposition de loi « intégrale » contre les violences sexistes et sexuelles comme premier texte de l'ordre du jour de l'Assemblée nationale lors de la reprise de la session ordinaire, début octobre. Ce texte de 69 articles est inspiré des 140 propositions élaborées par une coalition d'associations féministes et de défense des droits des enfants. Le meurtre dramatique de la jeune Lyhanna avait mis la pression sur l'exécutif, poussé par l'opposition de gauche et le bloc central, à aborder les violences sexuelles et sexistes dans une approche systémique.

Le