En même temps candidats, mais pas sur la même liste: à Biarritz, deux membres du gouvernement vont s'affronter pour les municipales. Dans le...
Municipales: à Biarritz, l’affrontement fratricide de deux ministres
En même temps candidats, mais pas sur la même liste: à Biarritz, deux membres du gouvernement vont s'affronter pour les municipales. Dans le...
Par Paul AUBRIAT, Carole SUHAS
Temps de lecture :
4 min
Publié le
Mis à jour le
En même temps candidats, mais pas sur la même liste: à Biarritz, deux membres du gouvernement vont s'affronter pour les municipales. Dans le coin gauche, l'ancien socialiste Didier Guillaume. En face, l'ex-UMP Jean-Baptiste Lemoyne, allié du maire sortant MoDem.
"Je ne sais pas comment on a fait pour en arriver là", peste un collègue ministre face à une situation décrite comme "cocasse" par une autre secrétaire d'État, mais qui inquiète les plus hauts responsables de la majorité, tant l'image qu'elle renvoie est jugée "déplorable".
La cité balnéaire des Pyrénées-Atlantiques, qui compte à peine 25.000 habitants, n'avait jusqu'alors jamais véritablement été un enjeu de la carte électorale: solidement acquise au centre-droit depuis la Libération, Biarritz a toujours voté RPR, UMP puis LR à chaque scrutin national - François Fillon y était arrivé en tête au premier tour de la présidentielle de 2017 en recueillant plus de 32% des suffrages, près de cinq points de plus qu'Emmanuel Macron.
Le maire sortant, le MoDem Michel Veunac, 73 ans, se veut l'incarnation d'un centrisme municipal bon teint dans ces terres irriguées par l'influence de François Bayrou. Il soutient en outre à l'AFP être, lui, "le seul candidat issu de la majorité présidentielle", d'autant qu'il a enrôlé sur sa future liste le secrétaire d'État aux affaires étrangères Jean-Baptiste Lemoyne. Et qu'il jure avoir reçu "beaucoup d'encouragements" de la part d'Emmanuel Macron.
Jean-Baptiste Lemoyne le 16 décembre 2019
POOL/AFP/Archives
Mais la tempête souffle: Didier Guillaume, ministre de l'Agriculture, doit officialiser samedi sa candidature, fort du soutien de quelque 120 personnalités locales, dont le patron des commerçants des halles ou l'actuel premier adjoint de M. Veunac, Guy Lafite.
"Ça me paraît compliqué de repartir pour six ans quand on a bientôt 74 ans", attaque l'élu, qui loue au contraire les qualités de Didier Guillaume (60 ans), "une personnalité nationale avec de l'expérience qui veut sortir de ce marigot, de ce vase clos".
Michel Veunac n'est pas d'accord: "Didier Guillaume fond sur Biarritz dans une démarche étonnante, un peu prédatrice. Ses liens avec Biarritz sont assez ténus. Je pense que sa candidature étonne les Biarrots, il se parachute lui-même dans cette ville qui ne le connaît pas", grince-t-il.
- Précédent à Reims -
Du reste, M. Lemoyne est visé par la même accusation de parachutage: autrefois implanté dans l'Yonne, dont il a été sénateur et maire du village de Vallery, le secrétaire d'État fut également élu au début des années 2000 dans le quatrième arrondissement de Paris.
Le maire de Biarritz Michel Veunac le 30 mai 2016 lors d'un congrès dans sa ville
AFP/Archives
Les parcours de Didier Guillaume et Jean-Baptiste Lemoyne se sont par ailleurs déjà télescopés: en 2017, le nom du second était revenu avec insistance pour décrocher le portefeuille de l'Agriculture, qui avait finalement échu à Stéphane Travers, puis à son rival d'aujourd'hui.
Face au duel fratricide, La République en marche a officiellement décidé d'adopter une "position de prudence" en ne donnant d'investiture à personne, alors que la commune est devenue symbole du macronisme depuis que le chef de l'État y a organisé cet été le G7, considéré comme un succès.
"On a décidé de lever le crayon. C'est délicat", résume le numéro deux du parti, Pierre Person, alors que la doctrine du mouvement présidentiel voulait que tous les maires MoDem sortants soient soutenus par les marcheurs.
Dans les rangs de la majorité, on minimise - "C'est une bagarre purement locale" -, on se désole - "C'est sûr que si on avait pu l'éviter, ç'aurait été mieux" - , voire ironise: "Ça fait partie des externalités négatives des grands rassemblements", s'amuse un influent député.
Passée la raillerie, la configuration préoccupe, puisqu'une dizaine de listes se sont déjà déclarées à Biarritz. Surtout, un précédent en 2008 à Reims laisse craindre une mortelle division: à l'époque, les ministres Renaud Dutreil et Catherine Vautrin s'étaient âprement affrontés. Pour finalement laisser la victoire à la socialiste Adeline Hazan.
Dans quelques heures, Marine Le Pen sera fixée sur sa capacité à être une quatrième fois candidate à l’élection présidentielle. Comme en première instance, le parquet a requis, en appel, une peine de 5 ans d’inéligibilité dans l’affaire de détournement de fonds publics dans l’affaire des assistants parlementaires européens du FN. Dans ces conditions, y a-t-il toujours du suspense sur l’orientation de ce second jugement ?
Devant environ 5.000 personnes, Edouard Philippe a réussi son pari de mobiliser pour son premier grand meeting de campagne. Montrant un peu plus de sa personne, le candidat entend « baisser les dépenses » et promet « des efforts justes », tout en récusant l’idée du « sang et de larmes ». Il veut entièrement « repenser » l’école, en donnant plus de liberté aux établissements et en réduisant les grandes vacances.
Le candidat de Renaissance à l’élection présidentielle joue cartes sur tables en dévoilant de premières propositions pour mettre fin à la dérive des comptes publics, citant par exemple la suppression de 100 000 postes de fonctionnaires, ce qu’il avait refusé trois ans et demi plus tôt au Sénat.
Le Sénat a adopté le projet de loi d'urgence agricole, après l’avoir profondément durci sous l’impulsion de sa majorité de droite et du centre. Le texte multiplie les concessions au monde agricole, de la réintroduction dérogatoire de certains pesticides au doublement des capacités de stockage en eau, ce que la gauche n’a pas manqué de dénoncer. Tour d’horizon des principales dispositions du texte.